Il érige des passerelles sur une rivière à Tizi n’Berber : La louable initiative d’un citoyen

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Il érige des passerelles sur une rivière à Tizi n’Berber : La louable initiative d’un citoyen

Assif imaraten» est devenu la rivière des passerelles grâce à l’initiative d’un seul homme. Il s’agit de Salah Mamache qui a mis la main à la poche ainsi qu’à la besogne pour ériger plusieurs passerelles au village Iguer Oulmou à Aït Bouaïssi dans la commune de Tizi n’Berber.

Il a mené tout son projet sous le slogan «Se promener loin du danger et prés de la nature». Pour permettre à ses enfants et aux enfants de la région de se baigner sans danger au niveau des deux bassins formés par la rivière, Salah Mamache, propriétaire d’une auto-école à Aokas, n’a pas lésiné sur les moyens ni sur les efforts. Le projet, qui n’est pas encore achevé à 100%, lui a coûté la somme de 35 millions de centimes. Il a passé ses deux mois de congé de 2017 et 2018 à travailler en pleine nature en compagnie de son frère, soudeur, et de plusieurs autres volontaires à bâtir son projet. «Un jour, et par nostalgie, je suis retourné sur le terrain de jeu de mon enfance.

Moi-même, dans ma jeunesse, je me rendais là-bas pour me baigner car l’eau qui coulait de la source de Tinzert était claire, propre et même potable. Sur place, j’ai aperçu des gamins qui tentaient de traverser bravant tous les dangers pour aller se baigner à leur tour, alors j’ai eu l’idée de sécuriser leur traversée et leur permettre de s’adonner à leurs activités ludiques sans encombres», nous a-t-il dit. Pour passer d’une rive à une autre il fallait s’agripper aux parois et sauter parfois, et au moindre ratage la chute peut être mortelle, car six mètres plus bas, au fond du précipice, des pierres attendent patiemment.

Tous les matériaux ayant servi à l’élaboration des deux passerelles ont été transportés manuellement, car le lieu d’implantation du projet se trouve à une centaine de mètres de la route, et pour s’y rendre, il fallait emprunter un sentier très escarpé. Ce fut un travail de fourmi qui a duré deux longs mois. Un générateur électrique, un poste à souder, du sable, du ciment, de l’acier, des poutres et des madriers ont été déplacés difficilement. Pour se rapprocher plus du chantier, un camping a été même improvisé sur place. «Nous avons installé deux tentes pour être près du chantier et éviter les va-et-vient. Nous avons passé plusieurs nuits sur place, une occasion de profiter du calme et du charme de l’endroit surtout en pleine nuit», a-t-il encore ajouté.

Beaucoup de fierté

Concernant la solidité de l’ouvrage, ce citoyen nous a assuré que tout est sûr. «Ce projet, je l’ai conçu tout seul et nous avons réalisé un travail sérieux comme si c’était nos propres maisons qu’on érigeait», a-t-il encore assuré.

Pour rejoindre Tamda n’Tfalout, une  première passerelle d’une longueur de 12 m a été réalisée en 2017 alors que pour rejoindre Tamda n’Rha n’Slimane, un autre bassin orné d’une chute d’eau d’une hauteur approximative de six mètres, une deuxième passerelle d’une longueur de 15 m a été réalisée durant l’été 2018. Cette dernière est agrémentée d’un escalier. Chacune des deux passerelles mesure 80 centimètres de largeur.

Beaucoup de curieux se sont déjà rendus sur place pour s’enquérir de cette réalisation et aussi pour profiter de cet espace rempli de quiétude et de beauté. «Durant la dernière semaine de travail, l’endroit a été envahi par des visiteurs venus de partout. Certains d’entre eux nous ont même aidés et d’autres nous ont remis de petites sommes d’argent. Il y a eu même des gens de la région qui nous ont envoyé un peu d’argent de l’étranger. Nous avons reçu à peu prés 30 000 DA», a encore déclaré Salah Mamache.

Pour ce dernier, il reste du travail pour encore mieux sécuriser l’endroit et permettre même aux personnes âgées de s’y rendre aisément. «Pour l’année prochaine, je prévois l’aménagement du sentier qui mène à cet endroit. Un entrepreneur a même promis de mettre à notre disposition des éclairages fonctionnant à l’énergie solaire.

Cela permettra aux gens de visiter l’endroit même durant la nuit et d’y camper aussi dans de meilleures conditions», annonce notre interlocuteur. En nous racontant son aventure, on sent beaucoup de fierté chez Salah Mamache. Il est  ravi d’avoir réalisé, d’une façon désintéressée, cet ouvrage ; un contentement qui lui fait oublier toutes les fatigues ainsi que tout l’argent dépensé. Un exemple à suivre pour d’autres, car dans notre pays, particulièrement en Kabylie, beaucoup d’endroits aux paysages idylliques restent inaccessibles et inexplorés à cause du relief et de l’éloignement.

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