«Il existe un climat de méfiance entre nous et les autorités locales»

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«Il existe un climat de méfiance entre nous et les autorités locales»

– Comment s’organise le mouvement citoyen de Ouargla et quels sont sa nature et ses objectifs ?

Les organisateurs du mouvement sont des jeunes mais aussi des citoyens de toutes les franges sociales et catégories d’âge, des cadres, des compétences et des activistes qui constituent la conscience active de Ouargla et qui œuvrent à promouvoir la wilaya en tant que capitale économique de l’Algérie.

Ceci est notre objectif. La raison de la protestation est la piètre performance de l’exécutif et des instances élues, sans parler du silence injustifié des hautes autorités du pays sur ce qui se passe à Ouargla, malgré le malaise social continu et la transmission par nos soins de plusieurs rapports circonstanciés sur la menace qui plane sur la wilaya et le climat social y prévalant, notamment en matière d’emploi, ce qui a poussé les jeunes à se déplacer à maintes reprises pour organiser des sit-in en pleine capitale devant le ministère du Travail et l’Agence nationale de l’emploi (ANEM).

– Comment expliquez-vous l’absence de dialogue entre votre mouvement et les autorités ?

Il existe un climat de méfiance entre nous et les autorités locales, dirigées par l’actuel wali, et la situation risque d’empirer, si les hautes autorités du pays continuent à passer sous silence nos doléances légitimes. L’appel au renouvellement des protestations et sit-in se poursuivra et ira crescendo. Il dépendra de la réponse des décideurs à nos demandes et surtout à la reconnaissance de notre légitimité, car nous n’acceptons aucune représentation qui voudra surfer sur les vagues et s’emparer de notre combat.

– Comment expliquez-vous l’appel à une «milyounia» le 3 novembre alors que vous souligniez le franc succès de celle du 15 septembre dernier ?

Le rassemblement du 15 septembre 2018 a démontré notre capacité de mobilisation et d’organisation et surtout le fait d’avoir réussi à convaincre la société civile de tous bords et obédiences de manifester pacifiquement contre la marginalisation de Ouargla.

Nous avons démontré notre maîtrise et capacité à contrôler le mouvement, malgré le dérapage de dernière minute, mais aussi orienter l’opinion publique vers les vrais sujets qui la préoccupent afin de faire pression sur les autorités centrales pour qu’elles respectent le droit des citoyens de Ouargla à un développement durable digne d’une capitale économique.

Quant à l’appel à la mobilisation du 3 novembre 2018, il intervient au bout d’un mois et demi environ du premier mouvement et indique clairement aux autorités que nous attendons une réponse concrète sur le terrain aux revendications de la plateforme. Notre objectif à présent est de tripler le nombre de manifestants.

– Quelles sont vos principales revendications ?

D’abord se faire écouter et respecter, faire admettre la révision des programmes de développement local selon la demande sociale et révolutionner le dossier des infrastructures et opérations de l’Etat en dirigeant la vision centralisée vers les vrais besoins de la population.

Nous revendiquons le droit de demander des comptes à tous les fonctionnaires responsables de la faillite actuelle de notre wilaya ainsi que la maffia agissante.

Sur le plan des urgences, nous demandons 3000 emplois dans les entreprises nationales et étrangères qui travaillent sans contrôle et nous demandons au gouvernement d’œuvrer à divulguer les listes des noms de personnes qui ont été employées ces dernières années pour plus de transparence.

Evidemment la levée du gel du CHU et l’extension de la ligne de tramway, mais aussi réfléchir à une wilaya prospère et durable par la création d’une nouvelle ville en dehors des murs du vieux Ouargla.

– Quels sont les résultats que vous escomptez et quelles sont les perspectives liées à votre mouvement ?

La manifestation pacifique est notre credo, des rassemblements populaires dans les quartiers, au plus près du peuple, et nous sommes prêts à nous déplacer à Alger pour nous faire entendre du gouvernement.

L’escalade que nous visons dans le cas où la situation ne change pas est de nous mobiliser de plus en plus et multiplier le nombre de manifestants à chaque rassemblement. Nous voulons créer une conscience populaire positive pour atteindre la démocratie participative. Houria Alioua

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