Il y a soixante ans, le gaullisme a engendré le GPRA : L’accouchement douloureux de la Ve république

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Le titre est un brin provocateur et pose beaucoup de questions. Cependant, l’énoncé du livre, La guerre civile en France, 1958-1962, publié à La Fabrique édition, apporte un éclairage bienvenu sur une page d’histoire qui n’a pas encore livré tous ses secrets, malgré la littérature spécialisée assez conséquente sur cette période finale de la Guerre d’Algérie.

Ecrit par l’universitaire américain, Grey Anderson, ce livre porte en manchette : «L’origine refoulée de la Ve République.» Il dévoile les mécanismes du refoulement de cette réalité douloureuse qui a façonné durablement l’Etat français et ses institutions.

Selon l’éditeur, qui publie généralement des ouvrages militants, «mai 1958 est le début d’une séquence insurrectionnelle, où le sort de la France s’est joué à Alger, c’est la fin de la IVe République et le retour au pouvoir de de Gaulle, savamment orchestré par le cercle des fidèles, c’est l’arrivée aux commandes d’une nouvelle équipe qui va construire et faire accepter une Constitution encore en vigueur après un demi-siècle. Bref, mai 1958 est un moment fondamental au sens fort du terme».

UNE AVALANCHE MéDIATIQUE SUR MAI 1968

Pourtant, en cette année du 60e anniversaire de cet événement qui va conditionner la vie politique et sociale de la France pour longtemps, aucune commémoration, ni célébration majeure, n’a été mise au calendrier pour magnifier le Gaullisme. Que ce soit par les admirateurs du Général, ou par ses contempteurs. Ainsi, l’éditeur pose la question : «D’où vient donc que (…) ce moment est éclipsé par rapport à mai 1968, toujours célébré, toujours commenté y compris par ses adversaires ?» La question paraît légitime après l’avalanche de colloques, de livres, d’articles, de numéros spéciaux consacrés au mouvement social de Mai 1968. Pourtant, ce qui s’est passé dix ans après le chaud mois de mai d’Alger en 1958 a une relation clairement établie par le bouleversement du «coup d’Etat» en douceur de mai 1958.

Il faudrait cependant ajouter que l’autre date du gaullisme, la date de l’Appel du 18 juin, lancé depuis Londres par de Gaulle pour résister à l’Allemagne nazie, est chaque année commémoré dans le moindre des villages.

L’éditeur de La Fabrique explique : «Les chapitres de ce livre donnent la réponse. Si mai 1968 est un moment joyeux et solaire, les quatre années de guerre civile qui s’écoulent entre la prise du gouvernement général à Alger, le 13 mai 1958, et la fin de l’OAS, au printemps 1962, n’ont rien que l’on aime se rappeler : une haine et une violence extrêmes, l’usage généralisé de la torture, les exactions policières contre les Algériens révoltés et ceux qui les soutiennent, le mensonge officiel qui présente le retrait d’Algérie comme une victoire et le complot initial comme le triomphe de la démocratie…»

Pour ce qui concerne l’Algérie, l’année 1958 apporta une réponse claire et nette des révolutionnaires algériens à l’entrée en lice du Général, avec la création du Gouvernement provisoire de la République algérienne. C’était il y a exactement 60 ans, le 18 septembre 1958.

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