«Il y a sûrement de l’espoir de voir nos jeunes se tourner à nouveau vers le livre»

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«Il y a sûrement de l’espoir de voir nos jeunes se tourner à nouveau vers le livre»

Nacera Khiat. directrice de société d’édition et de diffusion internationale algérienne

Si les nouvelles technologies ne cessent de capter l’intérêt des jeunes et des enfants d’une manière générale, le retour à la lecture est tout de même constaté lors des grands rendez-vous avec le livre, tels que le SILA.

 

Au-delà des livres parascolaires, qui s’imposent comme support d’appui pour  la plupart  des élèves. Donc, l’achat de ces livres est inévitable. Quels sont les autres domaines d’intérêt pour les jeunes ?

Effectivement, lors du SILA, on constate, à notre grand plaisir, un engouement hors du commun pour le livre de la part de différentes catégories de personnes, jeunes, moins jeunes, enfants…

Ces derniers, accompagnés de leurs parents ou leurs enseignants, portent un grand intérêt au livre pendant cette grande manifestation culturelle. Leur intérêt ? ça dépend de leur âge, les tout-petits sont attirés évidemment par les albums (des histoires pour enfants), surtout lorsque les couvertures sont bien illustrées, mais aussi par les livres préscolaires qu’ils reconnaissent parfois parce qu’ils les utilisent en classe, ils veulent alors prendre les albums et les CD de comptines qui les accompagnent.

Les plus âgés se dirigent généralement vers les rayons du parascolaire, ce qui se comprend, c’est l’occasion d’avoir à sa portée les différents livres proposés dans toutes les matières et pour tous les niveaux. Heureusement qu’il n’y a pas que cela qui les intéresse, car ils sont demandeurs de bande dessinée et de romans de jeunesse.

En termes de ventes, que représentent les livres destinés aux jeunes et aux enfants (littérature, parascolaires, ludiques…) par rapport à d’autres domaines de publication ?

Il y a deux manières de calculer : avec ou sans parascolaire.  Car en termes de ventes, c’est le livre parascolaire qui prime. Les enfants-élèves et aussi leurs parents, ont comme souci majeur leur réussite à l’école, ils sont tout le temps à la recherche de méthodes qui les aident à aboutir à des résultats satisfaisants ou à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent à telle ou telle matière, surtout quand ils sont en classe d’examen, c’est pourquoi ils s’orientent vers le livre parascolaire, qui reste un outil pédagogique important et accessible aussi.

Si on inclut cette catégorie aux livres destinés aux enfants, on dira facilement que les livres pour enfants se vendent mieux que les autres genres. Mais si on doit parler de la littérature uniquement, c’est-à-dire les livres pour enfants et livres de jeunesse (contes, albums, BD, romans pour adolescents), les choses seront différentes, et à ce moment-là on ne parlera pas de grandes ventes, car, si je me permets de le dire, il n’y a pas une grande production à la base dans ce sens, hormis les contes pour enfants- qui ne sont pas toujours aussi attrayants pour les enfants que ceux qu’on voit chez les éditeurs étrangers- et quelques titres d’histoire ou de vulgarisation scientifique, la littérature de jeunesse est presque inexistante et je parle surtout des livres pour adolescents ou jeunes lecteurs.

On ne trouve pas non plus de livres pour bébés, par exemple.

Y a-t-il réellement de l’engouement pour le livre tout au long de l’année, tel que celui constaté durant le Salon du livre ?

Malheureusement, cet engouement constaté lors du SILA est quasiment absent tout au long de l’année et pas uniquement chez les jeunes. On est donc loin encore de la réconciliation de la nouvelle génération avec le livre, sauf que lorsqu’on les voit à cette période-là (SILA), on se dit quand même que tout n’est pas perdu et qu’il y a sûrement espoir de voir ces jeunes (et les moins jeunes aussi) se retourner à nouveau vers le livre et pas seulement durant la tenue du SILA, il faudra par contre unir les efforts des uns et des autres pour le faire.

Comment expliquer cet afflux durant le SILA ?

A mon avis il y a plusieurs facteurs pour expliquer cet afflux. La première des choses est l’absence de librairies et d’espaces de lecture (bibliothèques communales, espaces de lecture dans les centres culturels, maisons de jeunes, ateliers de lecture…), le SILA se présente comme une grande librairie où sont présents des éditeurs nationaux et étrangers, l’occasion pour le lecteur d’avoir un large choix de titres et d’auteurs au même endroit. La grande campagne médiatique qui accompagne le SILA, le fait d’entendre parler du Salon partout, même ceux qui lisent peu ou pas sont curieux de le visiter à force d’en entendre parler.

Ce qui nous pousse à dire qu’il est important de parler de livres et de lecture dans les différentes médias et à longueur d’année pour susciter l’intérêt et rapprocher le livre du lecteur.

La présence d’écrivains qui incitent les lecteurs à faire le déplacement pour une dédicace, un échange et/ ou un débat lors des différentes rencontres.

Le prix «spécial Salon», grâce à la remise pratiquée par les éditeurs pour le livre local ou l’exonération des taxes douanières pour le livre importé. L’organisation de visites par des écoles ou des associations au profit des élèves et des enfants en général.

Il y a aussi cette réalité qu’on constate et qui fait du SILA une occasion de sortie familiale pour beaucoup d’Algériens et tant mieux, du moment que cette sortie est bénéfique pour toutes les parties puisqu’elle permet l’achat de livres et du coup la promotion de la lecture.

 

El-Watan.com