Ils médiatisent le «5e mandat» et ignorent les autres candidats : Flagrante partialité des médias lourds publics

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Ils médiatisent le «5e mandat» et ignorent les autres candidats : Flagrante partialité des médias lourds publics

Les médias publics ne dérogent pas à la règle… «non écrite». Fermées aux acteurs politiques de l’opposition, toutes tendances confondues, depuis des années, les chaînes de télévision et radio nationales restent visiblement sur la même ligne. Alors que la période préélectorale vient d’être lancée et que des prétendants au rendez-vous présidentiel du 18 avril prochain commencent à s’afficher, les médias lourds publics sont branchés seulement sur les groupes soutenant le 5e mandat du chef de l’Etat.

En effet, les déclarations d’intention de candidature à la prochaine élection sont tout simplement zappées. Les journaux télévisés des différentes chaînes publiques ne font référence à aucun candidat, alors que le ministère de l’Intérieur a donné des chiffres sur le nombre de personnalités et de chefs de parti ayant accompli la procédure de retrait des formulaires de souscription individuelle.

Pis encore, les mêmes médias sont à l’affût de la moindre déclaration d’acteurs appelant le chef de l’Etat à briguer un nouveau mandat. A titre d’exemple, dimanche dernier, le journal de 20h de l’ENTV a consacré plusieurs minutes à un groupe d’organisations, conduit par le président de l’ONPA, Mohamed Alioui, qui exhorte «le président Bouteflika à poursuivre sa mission à la tête de l’Etat».

Le même décor et les mêmes appels provenant d’autres responsables de parti au pouvoir et ses organisations satellites occupent, depuis déjà plusieurs mois, les une des journaux télévisés des chaînes publiques. Ce procédé, qui n’est pas nouveau, est dénoncé par les responsables de partis de l’opposition et des observateurs qui crient à «une prise de position flagrante de la part des médias publics, censés donner l’exemple en matière de service public».

Ce processus n’est pas une priorité des responsables de l’audiovisuel public. Pourtant, l’élection présidentielle est un moment fort dans la vie d’un pays. Pour permettre à l’opinion nationale et aux électeurs de connaître les programmes des candidats, des émissions et des débats s’imposent. Comme l’audiovisuel étatique a divorcé de la notion du service public, depuis la parenthèse du début des années 1990, le seul débat permis est celui portant sur «les réalisations du chef de l’Etat».

Abdelwahab Derbal interpellé

Le black-out imposé sur le discours de l’opposition et la surmédiatisation des partisans du 5e mandat du chef de l’Etat sont aussi de mise au niveau de la presse écrite publique et même de l’agence officielle APS. Ces organes suivent tous l’exemple de l’Entreprise publique de télévision (EPTV).

Les articles et les dépêches reprenant fidèlement les messages des acteurs de l’opposition sont très rares, voire inexistants. Plus grave encore, certains responsables de l’opposition sont même frappés d’interdiction, on ne sait par quelle autorité.
Qui fera respecter le droit de tous les Algériens, auditeurs, téléspectateurs, lecteurs et acteurs, à un service public de qualité ? L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) ne peut-elle pas agir pour faire respecter les temps de passage sur les médias publics ?

A la veille du scrutin, le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal, est interpellé. Le processus électoral ne se limite pas à la campagne officielle et au jour de l’élection. Il doit veiller au respect de l’égalité des chances entre tous les candidats…

El-Watan.com