Ils mettent en garde le régime contre le recours à la violence : Des personnalités appellent à participer à la marche du 1er mars

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Ils mettent en garde le régime contre le recours à la violence : Des personnalités appellent à participer à la marche du 1er mars

Vendredi de mobilisation dans le pays : Le pouvoir de la rue

Plusieurs personnalités nationales ont signé une «Déclaration au peuple algérien» dans laquelle elles appellent à participer aux manifestations de demain.

Les signataires, parmi lesquels le Commandant de la Wilaya IV, Lakhdar Bouregaâ, l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour et l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi, saluent le soulèvement populaire pacifique qu’ont connu les villes du pays vendredi 22 février, et appellent les autorités à cesser «de sous-estimer» et «d’insulter» le peuple algérien en soutenant la candidature de Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat.

Tout en reconnaissant ne pas revendiquer l’initiative de l’appel au soulèvement pacifique qui exige des changements politiques devant accélérer la rupture avec le système politique en place, les personnalités déclarent leur soutien à la «dynamique» en cours.

La quinzaine de signataires, dont l’historien Mohamed Arezki Ferrad, le sociologue Nacer Djabi, l’universitaire Abdelali Rezagui, affirment tenir le pouvoir politique pour «responsable» de la situation actuelle en raison de «son investissement dans le délitement de la pratique politique et la destruction de tous les corps intermédiaires qui auraient pu encadrer la société et exprimer véritablement leurs aspirations».

L’autorité politique, poursuivent les signataires, a fait perdre à l’Etat son autorité et a consacré «des comportements et des valeurs qui sont à l’origine de la corruption et la marginalisation des compétences nationales». Les personnalités se félicitent «de la grande conscience et de la grande maturité des jeunes Algériens et de toute la population face aux exigences de la délicate situation politique, économique et sociale du pays».

Les rédacteurs de l’appel appellent tous les courants de pensée, politiques et partisans du pays à soutenir le mouvement de soulèvement et à s’éloigner de toute tentative de «confinement et d’exploitation afin de préserver son caractère populaire et rassembleur». Ils mettent en garde l’autorité politique contre le recours à l’exploitation inconstitutionnelle des organes de l’Etat pour «réprimer ou sortir l’intifadha» de son cours pacifique.

Connues pour leur soutien à toutes les actions politiques pour un changement pacifique dans le pays, les personnalités exhortent les jeunes à poursuivre leur soulèvement et à s’engager dans l’action politique collective, «seule capable de contraindre le système politique à modifier ses pratiques contraires aux intérêts suprêmes de l’Etat».

Multiplication des initiatives

Les personnalités qui apportent leur soutien au mouvement populaire insistent sur «le maintien de la nature pacifique du mouvement et ne pas réagir à toute provocation ou pression».

A la fin de leur déclaration, les personnalités mettent en garde contre l’exercice d’une «légitimité du fait accompli» basée sur la logique du «changement dans la continuité» et sur «la manœuvre politicienne afin de se maintenir au pouvoir en s’accordant le droit d’octroyer progressivement des droits et libertés». «Participons tous au vendredi 1er mars 2019 et continuons à nous mobiliser et à nous engager», concluent les personnalités leur déclaration.

Certains activistes annoncent d’ailleurs la participation à la marche de la moudjahida Djamila Bouhired. Des personnalités politiques, des intellectuels, des universitaires et des journalistes se sont manifestés, ces derniers jours, pour apporter leur soutien au soulèvement du 22 février.

Des universitaires, dont Redouane Boudjemaa, Louisa Dris-Aït Hamadouche, Fatma Oussedik, Saïd Djaafer, Nacer Djabi, Cherif Dris ont déclaré leur adhésion, dans une déclaration rendue publique le dimanche 24 février, au mouvement de contestation.

Les signataires appellent tous leurs collègues «libres et dignes» à adhérer au processus de changement et ne pas être à la marge.

Les signataires affirment devoir s’engager à «fournir les moyens politiques qui empêcheront que s’installe le vide qui permettra la reproduction d’un système politique usé». Une autre déclaration d’intellectuels, universitaires et journalistes a été aussi rendue publique samedi, à l’initiative de Smail Yabrir, lauréat du Prix Mohammed Dib et journaliste.

Mettant en avant le caractère foncièrement autoritaire du pouvoir algérien et ses accointances avec des puissances étrangères, les rédacteurs réclament une période de transition, au cours de laquelle sera élue une Constituante dont l’objectif sera l’adoption par référendum d’une Constitution démocratique.

El-Watan.com