Impact de la pollution de l’air sur la santé : Les maladies allergiques en nette progression

  • 3 mois il y a
  • 30 Vues
  • 0 0
Impact de la pollution de l’air sur la santé : Les maladies allergiques en nette progression

Les maladies allergiques touchent de plus en plus de personnes en Algérie. Une fréquence qui inquiète les spécialistes, car l’évolution de ces maladies, en l’absence d’une prise en charge, risque d’être fatale pour certains patients. La prévalence de l’asthme allergique a atteint les 4%, alors que la rhinite allergique avoisine les 12%.

«Ces maladies occupent le quatrième rang des maladies les plus prévalentes. Le coût de la prise en charge de l’asthme dépasse ceux de la tuberculose et du sida associés.

Il s’agit d’un sérieux problème de santé publique», a déclaré le Pr Réda Djidjik, président par intérim de l’Académie algérienne d’allergologie, à l’ouverture, vendredi à Alger, des travaux de son troisième congrès placé sous le thème «Allergie et environnement».

Un des facteurs dont l’impact est l’altération de l’appareil respiratoire, en particulier, et de la santé en général. «L’asthme et les maladies allergiques sont devenus des épidémies du XXIe siècle, où la part de l’environnement est prépondérante.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui n’est plus sain, la pollution atmosphérique fait un ravage dans notre quotidien et impacte énormément notre santé», a-t-il averti. Il revient ainsi sur les deux grands facteurs à l’origine de ces allergies, à savoir l’asthme et la rhinite allergique, qui est l’interaction entre l’hérédité et l’environnement. «L’environnement intérieur avec la prolifération des acariens, de la moisissure font le lit des allergies.

Il en est de même pour l’environnement extérieur, avec les polluants tels que le diesel et les particules. L’amélioration de la qualité de l’air de l’intérieur représente une mesure importante pour la prévention des conséquences néfastes sur la santé des enfants et des adultes», a-t-il indiqué, avant de signaler que ces maladies altèrent sérieusement la qualité de vie des patients, d’où le fort absentéisme scolaire et au travail.

Une stratégie de prévention est indispensable, a-t-il encore insisté, notamment sur la réduction des polluants tels que «le diesel qui doit être taxé et lutter pour un carburant propre», a ajouté le Pr Djidjik. De son côté, le vice-président de l’Académie algérienne d’allergologie, Dr Abdelkrim Houbi, pédiatre allergologue, a appelé à la multiplication des centres de prise en charge de ces maladies qui sont en forte progression. «Ce ne sont pas tous les hôpitaux qui disposent de services spécialisés pour un suivi rigoureux de ces allergies, notamment l’asthme par rapport au secteur libéral», a-t-il indiqué, et d’insister sur les actions de prévention, notamment sur l’importance d’aérer les habitations et d’éviter l’utilisation des produits de nettoyage à l’intérieur des maisons en présence des enfants.

Le Pr Abderzak Gharnaout, ex-président de l’Académie algérienne d’allergologie, actuellement chef de cabinet au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a rappelé au nom du ministre de la Santé, le Pr Hesbellaoui, que «les pathologies allergiques représentent une lourde charge pour le système national de santé», et de signaler l’existence d’une stratégie de prise en charge de ces maladies.

«Cependant, cela ne doit pas nous empêcher de poursuivre les efforts, ensemble, en vue d’améliorer cette importante discipline, et en même temps à sensibiliser les autres secteurs pour jouer un rôle positif afin de diminuer l’étendue de ces maladies», a-t-il recommandé.

Il a indiqué que le département qu’il représente «s’appuiera», dans son plan d’action de lutte contre les allergies sur les recommandations qui découleront de cette rencontre.

 

 

Jean-Paul Grangaud, récipiendaire du 1er prix Tedjeni Haddam

Lors de cette rencontre, de deux jours, deux noms de la médecine algérienne ont été symboliquement honorés pour leurs apports distincts au secteur de la santé, à savoir le Pr Jean-Paul Grangaud, récipiendaire du 1er prix Tedjini Haddam (1921-2000) et le Pr Merzak Gharnaout, titulaire du 2 prix Mohamed Seghir Belarbai (1850-1950).

El-Watan.com