Innovation disruptive

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La nature du travail va changer, et des millions de personnes auront besoin de nouvelles compétences. Il n’est pas étonnant qu’une nouvelle technologie rende certaines formes de travail humain inutile ou non-compétitif.

Du latin disruptus, participe passé du verbe disrumpere ou dirumpere, briser en morceaux, faire éclater, rompre, détruire.  C’est aussi un anglicisme (de disruptive, même étymologie, signifiant perturbateur, perturbant), qui marque une perturbation, un bouleversement.

Une disruption est un terme didactique, pour désigner une rupture, une fracture, une brisure. Elle suppose donc de rompre avec les anciens modèles pour en créer de nouveaux. Pour être disruptif, il faut avoir une vision de l’avenir, trouver des idées innovantes et les réaliser tout en réussissant à en faire un produit ou service qui deviendra vite incontournable.
Une technologie de rupture (dite aussi innovation de rupture ou rupture technologique) est une innovation technologique qui porte sur un produit ou un service et qui finit par remplacer une technologie dominante sur un marché.

Les technologies «disruptives» transforment la façon dont les données sont générées ou utilisées, mais les principes de gestion des données sous-jacents restent axés sur la manière dont les entreprises en dégagent de la valeur.

Elles offrent un nouveau service, elles créent de nouveaux usages, elles transforment le marché en profondeur en proposant un modèle économique différent… Ce qui les rend irrésistibles pour les opérateurs, c’est qu’elles sont souvent synonymes d’un coût largement inférieur pour des bénéfices beaucoup plus élevés.
Les changements, aux abords anodins, témoignent de la réalité de l’innovation disruptive qui est en train de reconfigurer nos sociétés à un rythme sans précédent. Dans un futur proche, les entreprises qui ne réussiront pas à s’adapter seront condamnées à disparaître au profit de nouveaux leaders.

Or 50% des dirigeants d’entreprise admettent ne pas avoir implémenté de réponse adéquate au risque de disruption. Il s’agit d’un choix compréhensible dans la mesure où aucune entreprise n’a intérêt à investir dans son futur si cela se fait au détriment de son présent. Ce paradoxe, connu sous le nom de «dilemme de l’innovateur», est crucial dans le contexte actuel.
Ces derniers, à la source de la destruction créatrice moderne, investissent massivement aussi bien en R&D qu’en acquisition de start-up spécialisées.
Par conséquent, leurs activités confèrent à ces quelques géants les clés d’un quasi-monopole disruptif.

Innovation classique vs innovation disruptive

Mise en opposition avec l’innovation dite «classique», l’innovation disruptive rompt totalement avec les anciens schémas et arrive là où personne ne l’attend, tout en créant un phénomène de masse.
Il s’agit de trouver de nouvelles idées ou de nouveaux modes de communication et de les concrétiser en empruntant une voie encore jamais explorée. Il faut sortir des sentiers battus, créer un nouvel espace stratégique où la concurrence n’est pas encore présente et créer une nouvelle demande.
Par opposition aux technologies de rupture, les technologies de continuité ou d’amélioration continue ne créent pas de nouveaux marchés : elles procèdent par améliorations et incréments graduels successifs des performances de la technologie actuelle.

Les douze innovations majeures

L’institut de conseil McKinsey a publié un rapport récent intitulé Technologies de rupture : des avancées qui changeront la vie, le commerce et l’économie mondiale. Dans ce document de 180 pages, douze innovations sont listées, toutes capables de modifier le monde à l’horizon 2025.
La liste dressée par les experts de McKinsey n’est pas exhaustive mais s’articule autour de deux critères : l’importance de l’impact économique et sociétal de ces innovations et leur capacité à rompre réellement avec le marché existant. Les douze innovations sont les suivantes :

– internet mobile : accroissement et baisse du coût de la connectivité entre internet et terminaux mobiles ;
– automatisation du travail intellectuel : création de logiciels et systèmes intelligents aux capacités de jugement et de traitement de la connaissance affinées ;
– internet des objets communicants/connectés : création de réseaux de capteurs à bas prix collectant des données, les analysant et agissant en fonction ;
– l’informatique en nuage (Cloud) : système d’hébergement des fichiers et services sur des serveurs distants ;
– robotique avancée : des robots aux sens, à la dextérité et l’intelligence améliorés, utilisés pour automatiser davantage de tâches, voire «augmenter» les humains eux-mêmes ;
– véhicules autonomes : véhicules capables de se déplacer avec peu ou sans intervention humaine ;
– génomique nouvelle-génération : séquençage du génome amélioré, plus rapide et à moindre coût grâce aux innovations dans l’analyse des données et la biologie synthétique ;
– stockage de l’énergie : systèmes et terminaux capables de stocker l’énergie en plus grande quantité et plus longtemps (essentiellement des batteries) ;
– impression 3D : technique de fabrication additive qui consiste à créer des objets depuis un modèle numérique en superposant de fines couches de matériaux ;
– matériaux avancés : matériaux aux caractéristiques et fonctionnalités supérieures (dureté, résistance, durabilité, élasticité, conductivité…) ;
– exploration et forage avancés : techniques permettant l’exploitation de ressources pétrolifères et gazières jusqu’alors inaccessibles ;
– énergies renouvelables.

Sur le plan sanitaire

Au cours des 20 dernières années, la quantité de données scientifiques et cliniques a progressé de manière exponentielle, permettant des avancées notoires et laissant espérer des progrès fantastiques dans le traitement de nombreuses maladies, des plus communes aux plus rares.

Le concept One Health(*), pour lequel l’intégration des questions de santé implique les pouvoirs politiques, les sciences, l’économie et les citoyens eux-mêmes, amène à un double challenge pour l’avenir proche : l’amélioration du diagnostic des maladies et la prévention de celles-ci. Ceci notamment à travers des approches de médecine dites intégrative et personnalisée permettant une évaluation individuelle des prédispositions ainsi que du potentiel de réponse efficace à certains traitements thérapeutiques ou préventifs. A cet égard, cette nouvelle approche multidisciplinaire intègre désormais une dimension nutritionnelle majeure et implique le patient de manière centrale dans la gestion de sa propre santé et de son bien-être.

L’intégration de technologies de biologie moléculaire pour le diagnostic des affections virales, bactériennes et parasitaires, l’utilisation de données de génétique et d’épigénétique, la caractérisation des interactions entre le microbiote intestinal et le métabolisme, la recherche de particularités génétiques individuelles, la détection de nouveaux biomarqueurs amènent les chercheurs à intégrer et développer des outils analytiques très pointus, tels que le séquençage d’ADN à haut débit (NGS), la spectrométrie de masse couplée à de nombreuses variantes de technologie chromatographique pour la séparation fine de molécules, les techniques d’analyse d’image de microscopie optique ou à fluorescence, des technologies immunochimiques, etc.

Les laboratoires les plus en pointe sont également très impliqués dans la constitution d’outils d’interprétation et d’aide à la décision médicale à partir de bases de données de connaissances, d’algorithmes de «machine-learning», d’analyse biostatistique, de «Big Data», de bio-informatique, de modélisation, etc.

Création de richesse

Selon le rapport, le gain pour l’économie mondiale sera considérable : entre 10 000 milliards et 25 000 milliards d’euros par an en 2025. L’essentiel venant de l’internet mobile (entre 3000 et 8000 milliards d’euros), suivi de l’automatisation du travail intellectuel, les objets connectés et le Cloud.
Le coût des traitements des maladies chroniques pourrait être réduit grâce à des capteurs sanitaires connectés, l’électricité et l’eau seraient gérées plus efficacement, des exosquelettes aideront des personnes handicapées à retrouver leur motricité.

Le rapport exhorte donc gouvernements et employeurs à prendre le temps de réfléchir au meilleur moyen d’appréhender ces technologies dont l’essor ne peut de toute manière être stoppé.

Classement des technologies

Les consultants de Forrester ont identifié et classé les technologies émergentes en trois niveaux : celles qui apportent un avantage, celles qui vont changer l’industrie et celles qui vont changer le monde. Elles définissent l’axe des ordonnées du schéma développé. Tandis que l’échelle du temps, de moins d’un an à 5 ans, définit l’axe des abscisses.
Le résultat est une représentation graphique qui permet de clairement positionner les technologies émergentes en termes d’accessibilité et de disruption, ainsi que de les projeter dans le temps, et ce, jusqu’en 2021.

Voici quelques technologies de rupture qui ont un impact sur les services financiers. Examinons leurs utilités et leurs champs d’application potentiels.

1. Les applications mobiles déterminent désormais la façon dont les clients interagissent avec leurs fournisseurs. Pour que l’utilisateur continue à utiliser une application, les informations fournies par l’application doivent être précises, à jour et pertinentes pour l’individu à tout moment.

2. Les réseaux sociaux permettent d’obtenir l’avis des clients sur les produits et services, et constituent un canal de communication entrant et sortant grâce à une nouvelle plateforme d’écoute de la «voix du client» qui facilite le développement de nouveaux produits et offre une vue des influenceurs et prescripteurs, ainsi que des détracteurs.

3. L’IoT (Internet des objets) est déjà présent dans le secteur de l’assurance, plus particulièrement l’assurance automobile, avec les données collectées à distance depuis les véhicules ou les données relatives à la santé pour l’assurance-vie. Les terminaux qui collectent facilement des données utilisables par les fournisseurs peuvent être très précieux en termes de développement de nouveaux produits et d’opportunité de croissance.

4. L’engagement omnicanal dans le secteur des services financiers va se poursuivre car les modèles d’interaction traditionnels perdent du terrain. Les clients recherchent des interactions personnalisées de meilleure qualité, quelle que soit la plateforme, la technologie ou la méthode de contact. Ils cherchent également des fournisseurs qui leur apportent les bonnes informations pour qu’ils puissent prendre des décisions plus complexes sans aide ni intervention. Pour ce faire, ils ont besoin de données fiables, à jour, précises et pertinentes.
5. Le Cloud computing a transformé les activités commerciales de nombreuses entreprises et doit atteindre le même niveau d’adoption dans le secteur des services financiers. Les réglementations peuvent constituer des obstacles, mais les différents types de modèles de Cloud computing alignés sur différentes méthodes de tarification peuvent faciliter la réalisation de nouveaux projets ou la mise à disposition de nouvelles solutions.

Ces technologies de rupture ont un point commun : elles génèrent des données ou en exploitent de manière innovante. Pour être pertinentes dans ce nouveau domaine, les sociétés de services financiers doivent adopter de nouvelles techniques reposant sur ces technologies, notamment l’analyse de texte pour les données non structurées. Elles doivent, de plus, combiner les meilleures méthodes de traitement des données dont elles disposent grâce aux solutions traditionnelles.
De nombreux secteurs d’activité tirent déjà parti des avantages de ces technologies de rupture, mais les sociétés de services financiers n’ont pas évolué au même rythme en ce qui concerne la valeur ajoutée potentielle qu’elles apportent.

La BRVM met le cap sur la Blockchain, le Big Data et l’intelligence artificielle

La Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) basée à Abidjan compte s’appuyer «fortement» sur les technologies disruptives, notamment la Blockchain, le Big Data et l’intelligence artificielle, dans les toutes prochaines années.

Avec ces technologies révolutionnaires, la Bourse entend se transformer «profondément» pour offrir un meilleur service aux émetteurs, intermédiaires et renforcer le financement des économies de l’UEMOA (l’Union économique et monétaire ouest-africaine), conformément à sa vision 2020.

Dans cet élan, plusieurs projets sont en phase d’étude, notamment la mise en place d’une carte de paiement DC/BR pour assurer une meilleure sécurité et transparence du dénouement des transactions et des opérations. Dans le même souffle, l’institution basée dans la capitale ivoirienne met le cap sur le déploiement d’une plateforme automatisée de gestion des appels publics à l’épargne et d’une plateforme de gestion des OPCVM (Organisme de placements collectif en valeurs mobilières).

Aussi, la BRVM prévoit-elle d’implémenter un dispositif de surveillance des transactions boursières totalement automatisé, conforme aux meilleurs standards internationaux. A cette série d’innovations viendra se greffer une gestion plus efficace des prêts-emprunts de titres ainsi que la réduction des délais de règlement livraison (Fiacre E. Kakpo).

Technologie blockchain

Les données sont aujourd’hui un actif de valeur de l’économie mondiale. A l’ère de l’économie numérique, elles sont avidement rassemblées et analysées : les entreprises et les organisations les utilisent pour personnaliser des services, optimiser les processus de prise de décisions, prévoir des tendances futures et plus encore. De grandes quantités d’informations personnelles parfois sensibles sont stockées sur les serveurs de grands groupes. Des chercheurs ont développé récemment des techniques diverses visant à sécuriser la vie privée et les données personnelles. L’arrivée du Bitcoin en 2009 et de la blockchain sous-jacente a permis l’accès à une plateforme naturellement orientée vers la protection des données.
La technologie blockchain a le potentiel de créer des organisations décentralisées et transparentes. Chacun est ainsi en mesure d’y consulter l’ensemble des échanges, présents et passés, du fait qu’ils sont recensés, documentés et horodatés.

Imaginez un instant «un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement, gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, qui est impossible à effacer et indestructible» (Jean-Paul Delahaye, mathématicien).
Imaginez que ce très grand cahier soit conçu à l’image d’une gigantesque base de données munie d’une technologie de stockage et de transmission d’informations et d’un protocole de gestion de données numériques.

Imaginez que cette base soit transparente (chacun peut consulter librement l’ensemble des échanges, présents et passés), sans organe de contrôle ni tiers de confiance (fondée sur des échanges de pair-à-pair) et infalsifiable et sécurisée («distribuée», c’est-à-dire que différents exemplaires existent simultanément sur différents ordinateurs baptisés «nœuds» du réseau).
Selon une récente étude de Goldman Sachs Investment Research, six milliards d’euros d’économie par an dans le monde sont envisageables si l’usage de cette base révolutionnaire s’étend au seul secteur bancaire et aux seules transactions de titres en espèces. Je vous laisse imaginer l’ampleur des économies réalisées si cette technologie s’immisçait dans les secteurs de l’économie collaborative, de l’énergie, de l’assurance…

Mais qu’est-ce qu’une blockchain ?

Une chaîne de blocs (en anglais blockchain) est une base de données distribuée qui gère une liste d’enregistrements protégés contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage. Une blockchain est donc une chronologie décentralisée et sécurisée de toutes les transactions effectuées depuis le démarrage du système réparti.

Manager chez CSC et spécialiste des moyens de paiement, Michel Khazzaka en donne une autre définition où chaque mot est pesé : «La blockchain est un registre actif, chronologique, distribué, vérifiable et protégé contre la falsification par un système de confiance répartie.»

Présentée comme ayant le même potentiel de disruption que le web, la blockchain est décrite comme «la technologie de suppression du tiers de confiance». Des parallèles existent donc avec l’internet (TCP-IP) car il s’agit dans les deux cas de protocoles informatiques permettant la création d’une infrastructure décentralisée. Internet transfère des paquets de données d’un point A à un point B, alors que la blockchain permet à «la confiance» de s’établir entre des parties distinctes du système.

Fonctionnement

La transparence de cette technologie repose sur le fait que chaque échange effectué entre ses utilisateurs depuis la création même de la blockchain y est inscrit. Ces échanges successifs y sont enregistrés sous forme de «blocs de transactions» qui, mis bout à bout, forme une «chaîne». D’où la notion de chaîne de blocs.

Comme son nom l’indique, la blockchain repose sur le chaînage. Une fois un bloc validé, on ajoute le bloc précédent. Le bloc faisant référence au bloc n°1, modifier un bloc modifie par conséquent la chaîne. C’est le principe d’une base de données distribuée (BDD) : toute erreur est ainsi rapidement corrigée en ayant recours à l’autorégulation.
Fonctionnellement, la blockchain combine un certain nombre de briques technologiques qui sont pour la plupart connues mais dont la combinaison assure sa performance. Il s’agit d’une application en peer-to-peer «P2P» reposant sur une BDD.

Toute blockchain publique fonctionne nécessairement avec une monnaie ou un token (jeton) programmable. Les transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par blocs. En effet, elle reprend les principes du traitement par blocs et de l’auto-exécution (event driven) qui donne vie au registre actif. Chaque bloc est validé par les nœuds du réseau appelés «mineurs», selon des techniques qui dépendent du type de blockchain. Dans le cas de la blockchain du Bitcoin, cette technique est appelée «Proof-of-Work» (preuve de travail) et constitue en la résolution de problèmes algorithmiques. Une fois le bloc validé, il est horodaté et ajouté à la chaîne de blocs. La transaction est alors visible pour le récepteur ainsi que pour l’ensemble du réseau.
Selon la blockchain envisagée, ce processus prend un certain temps (environ une dizaine de minutes pour Bitcoin, 15 secondes pour Ethereum).

Impacts dans le secteur bancaire 

La décentralisation de cette technologie remet en cause le rôle habituel des tiers de confiance. Y compris bien entendu les banques ! Elle peut assurer le passage d’ordres de façon plus sûre, plus rapide et moins coûteuse. Si aujourd’hui un virement prend 48 heures en moyenne, il pourrait devenir demain instantané grâce à la blockchain.
La technologie blockchain peut aussi mettre un terme définitif aux commissions des intermédiaires, qui s’élèvent en moyenne à au moins 2% du montant de chaque transaction, et parvenir enfin à «désintermédier» un certain nombre de prestataires de service de paiement (PSP) et d’acteurs entre les fournisseurs de cartes bancaires (Visa, MasterCard…), mais aussi les établissements émetteur et acquéreur, les banques centrales et les chambres de compensation (clearing houses).

Côté sécurité, «la transaction ne dépend plus de la fiabilité du système d’information d’un établissement bancaire central, la sécurité est autoportante dès lors que les moyens cryptographiques adaptés sont utilisés», avance Pascal Agosti, avocat associé au cabinet Caprioli & Associés.

Potentiel de la blockchain

«Au-delà du secteur bancaire, toutes les opérations nécessitant une confiance absolue dans l’information fournie sont potentiellement concernées. Que l’on parle de contrôle d’identité, de certification, de traçabilité agroalimentaire, de transactions immobilières, ou de protection de la propriété intellectuelle», affirme Michel Khazzaka.

Le caractère décentralisé de la blockchain, couplé à sa sécurité et sa transparence, promet donc des applications bien plus larges qu’on peut classer en trois catégories :
– les applications pour le transfert d’actifs (utilisation monétaire, mais aussi : titres, votes, actions, obligations…) ;
– les applications de la blockchain en tant que registre (assurant une meilleure traçabilité des produits et des actifs) ;
– les smart contracts, «contrats intelligents» (programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés).

De façon générale, des blockchains pourraient remplacer la plupart des «tiers de confiance» centralisés (métiers de banque, notaires, cadastre,…) par des systèmes informatiques distribués. Bien évidemment, ces promesses ne sont pas exemptes de défis et de limites, qu’elles soient économiques, juridiques, de gouvernance, ou encore écologiques.
Quoi qu’il en soit, la technologie blockchain «pourrait changer le monde» à telle enseigne que, demain, nous parlerons peut-être de «blockchainisation» de l’économie.
Intelligence artificielle

Différentes tâches (jouer aux échecs, identifier un visage, traduire un discours) demandent des opérations différentes, qui font l’objet de recherches depuis des décennies. C’est l’ensemble de ces techniques, leur étude, leur conception, leur mise en œuvre, qui forme le domaine de l’intelligence artificielle (IA).

Une intelligence artificielle peut aider à l’exécution de certaines tâches. Aujourd’hui, les applications de l’IA utilisables par tout un chacun concernent l’aide à la décision. La machine observe un certain contexte (une image, un message, une vidéosurveillance, un relevé bancaire, une analyse médicale) et en ressort une prédiction (est-ce un oiseau ? Quel est le sujet du message ? Combien de personnes sont présentes ? Y a-t-il une fraude ? Y a-t-il un risque de pathologie ?).

Le but de la machine est d’arriver aux mêmes conclusions qu’un humain ordinaire, voire même un expert, mais plus rapidement, plus précisément, avec plus de pertinence et d’exhaustivité.

Destruction créatrice

Représentant des dépenses mondiales estimées à plus de 3,7 trillions de dollars pour cette année, le secteur technologique est plus que jamais au cœur de l’innovation. Les objets connectés, la robotisation, la réalité virtuelle ou encore l’intelligence artificielle, dont les applications vont des véhicules autonomes à la reconnaissance vocale, proposent des déclinaisons de métiers presque illimitées.

Les experts semblent pourtant minimiser l’impact des technologies de l’information et de la connectivité sur l’emploi. Or si de plus en plus d’emplois sont menacés, les métiers, quant à eux, seront préservés. La solution généralement proposée est celle de la destruction créatrice, qui annonce que le surplus d’activité humaine laissé par le manque d’emplois, ainsi que les horizons ouverts par la technologie, va créer de nouveaux services, gadgets, métiers, afin de permettre aux gens désœuvrés de participer à l’économie.
Dans un rapport publié lundi 17 septembre 2018, le WEF (World Economic Forum) estime que, d’ici 2022, les nouvelles technologies vont créer plus d’emplois qu’en détruire : 75 millions d’emplois risquent, en effet, d’être supprimés, mais cette automatisation devrait également entraîner la création de près de 133 millions d’emplois nouveaux. Et en 2025, «plus de la moitié (52%) de toutes les tâches actuelles réalisées sur le lieu de travail seront effectuées par des machines, contre 29% aujourd’hui».

Une bonne nouvelle donc mais une nouvelle très contrastée, voire en trompe-l’œil, car les postes créés par l’automatisation ne conviendront sans doute pas aux employés dont les postes auront été supprimés. C’est là tout le défi de cette révolution : la formation. D’ici 2022, «pas moins de 54% des employés auront besoin d’une requalification de leur compétence», précise le rapport.
Il est opportun de noter que la disparition des emplois ne se fait pas seulement par l’automatisation (même partielle) d’une fonction donnée, mais aussi par l’apparition de nouvelles méthodes qui contournent entièrement ces fonctions. Ce mécanisme est complètement indépendant de la création de nouvelles activités.

Automatisation et formation

Le remplacement de certains salariés par des robots peut susciter de légitimes critiques, voire de franches oppositions.
«Ne sachant pas avec certitude les métiers sur lesquels les employeurs prévoient le plus d’embaucher demain ni les compétences qui seront alors recherchées, il faut dans ce cas ouvrir aux actifs l’accès à une palette large de nouvelles compétences leur permettant de devenir employables», explique Erwan Tison, directeur des études de l’Institut Sapiens, soulignant que «la véritable assurance contre le chômage sera la compétence.»

Dès lors, l’automatisation est à la fois un enjeu majeur pour les entreprises qui doivent s’adapter et mieux former leurs salariés, mais aussi pour les Etats qui doivent «trouver les moyens de partager plus équitablement les bénéfices de l’automatisation», selon la recommandation de l’économiste américain Carl Frey.

Toutefois, il reste à trouver le juste équilibre pour accompagner et non freiner l’innovation et faire en sorte que les aspects positifs (retombées économiques) profitent au plus grand nombre.

Transformation de l’économie et interrogations

A l’échelle d’un métier, il est tentant d’annoncer «la machine vous libère des tâches faciles, pour que vous puissiez vous concentrer sur les tâches à forte valeur». Ceci n’est valable que si vous avez l’assurance que la machine s’occupe uniquement de tâches faciles.

A l’échelle d’une industrie, la valeur du travail humain s’éloigne de l’exécution des tâches, pour se concentrer sur leur supervision. L’expertise métier. Le bon sens. La qualité du jugement. La capacité à identifier les compétences requises pour telle ou telle décision ou action. Des compétences de management, essentiellement, que chacun devra acquérir, même si l’on ne gère pas une machine de la même façon qu’un humain… Par extension, les humains devront avoir d’autant plus confiance entre eux, s’ils ont la charge d’un outil puissant et les responsabilités qui vont avec.
Si les machines en viennent à créer plus de valeur économique que les humains, comment ces derniers vont-ils «gagner leur vie» ? La course à la rentabilité ne favorise pas les humains, et la nécessité pour chacun d’avoir un emploi devient de plus en plus absurde alors que la technologie progresse.

La transformation de l’économie par l’IA annonce moult interrogations. Ceci, sans même que la machine ne dépasse l’humain, qui reste encore maître de l’intuition, du bon sens, de la polyvalence et des émotions. L’acuité du problème rend compte de la multiplicité des questions auxquelles il faudra répondre lors d’un débat contradictoire sur l’impact de l’IA sur le travail qui doit s’ouvrir au plus tôt. Les questions les plus pertinentes qui se rapporteront à cette thématique seront les suivantes : allons-nous pouvoir déléguer nos efforts aux machines, afin que le travail soit un choix et non plus une nécessité économique ? Va-t-on dégager l’humain de sa fonction, et lui rendre sa liberté de créer, de découvrir, de vivre enfin ? L’émergence de monopoles de l’IA est-elle un danger ou une chance ? Quelle doit être la réaction du gouvernement face à cette transformation ?

Conclusion

Plateformes de Cloud, automatisation de la sécurité, gestion des identités, temps réel, analytiques, Internet des objets, intelligence artificielle, réalité virtuelle, réalité augmentée, réalité mixte, agents intelligents, 5G, digital 3D, robotique, photosynthèse suralimentée, drones capables de planter 100 000 arbres en 24 h… les innovations disruptives créées par les nouvelles technologies auront bientôt un impact considérable sur l’économie mondiale et enrichiront nos modèles IT.

Dans un monde où l’innovation conditionne l’évolution des marchés, le plus grand risque pourrait être celui de n’en prendre aucun.  En effet, la transformation de notre écosystème, imperceptible pour l’investisseur court terme, dépasse les cycles des marchés. Le secteur technologique, moteur de l’innovation, ne représentait que 10% de l’indice mondial (MSCI All Country World) il y a 10 ans, il en représente aujourd’hui 15% et affiche une croissance bénéficiaire estimée pour les 12 prochains mois à +29,9%. Le ralentissement de cette progression reste donc peu probable et nous portons une vue constructive sur le secteur qui, à nos yeux, pourrait être le plus grand bénéficiaire de la transformation de l’économie mondiale.

Enfin, derrière l’émergence de l’automatisation se cache une âpre bataille de la compétence et de la formation, l’une des clés pour que cette quatrième révolution industrielle soit socialement acceptable.

Par Mourad Hamdan , Consultant en management

(*) Chaque composante de l’environnement et de la société influence l’état de santé et de bien-être des populations.

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