Issenadjene (Iflissen) : Les veuves de chouhada à l’honneur

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Issenadjene (Iflissen) : Les veuves de chouhada à l’honneur

Cette année, la célébration du 64e anniversaire du déclenchement de la lutte de Libération nationale, le 1er Novembre 1954, a été un peu particulière à Issenadjene, un des grands villages de la commune d’Iflissen, daïra de Tigzirt, à près de 60 km au nord de Tizi Ouzou.

En effet, cette fête à Issenadjene a été consacrée, principalement, jeudi 31 octobre 2018, aux 15 veuves de chouhada encore en vie dans le village. La fête a été organisée par l’Association locale des fils et filles de chouhada, en collaboration avec l’ONM, les autorités locales, en plus des services de sécurité, qui ont entamé la célébration par la levée des couleurs nationales pendant que l’hymne national était entonné face à la stèle commémorative du village.

Ces veuves de chouhada, dont certaines se meuvent difficilement, ont exprimé, en cette journée d’évocation et de gloire à la mémoire de leurs conjoints, disparus à la fleur d’âge, leurs sentiments de recueillement et aussi de joie en se retrouvant dans l’enceinte de l’école primaire, baptisée du nom du chahid Megdoul Ahmed dit «Bouzine».

Ainsi, elles y ont été honorées par des remises de tableaux d’honneur et d’un emblème national à chacune d’elles, avant de partager les saveurs d’une collation en compagnie de leurs fils et filles dans une agréable communion, avec de nombreux anciens maquisards, compagnons d’armes de leurs époux tombés au Champ d’honneur.

Parmi ces veuves de martyrs figurent celles qui ont connu le veuvage dès leur jeune âge. D’émouvants moments de retrouvailles ont été remarqués après l’intervention du moudjahid Arezki Moh Ou-Hand, qui rappellera qu’après 1957-1958, «les moudjahidine recevaient, grâce à toutes ces femmes, à la bravoure sans limite, le ravitaillement qu’elles dégageaient de leurs propres bons d’approvisionnement, limité par les SAS juste à leurs familles…

C’était elles qui servaient de vigilantes surveillantes et protectrices de leurs frères combattants. C’était elles qui nous faisaient rentrer et sortir du village pour nous éviter des imprévus, après l’enfermement de tout Issenadjene, à l’intérieur d’une clôture en fil barbelé, le tout conforté par l’installation d’un camp militaire colonial.

C’était elles qui nous aidaient à faire des brèches dans les clôtures en coupant les fils barbelés… C’était avec elles et grâce à leur farouche résistance, notamment durant la criminelle opération Jumelles, que la lutte armée s’est poursuivie jusqu’à l’indépendance…». Dans la soirée, les villageois ont été conviés à visionner, dans une salle de cinéma à Tigzirt, chef-lieu de la daïra, non loin d’Issenadjene, un film documentaire sur le parcours de Moh Saïd Kasmi, un des premiers nationalistes algériens, ancien chef de l’OS (Organisation spéciale) dans cette région (Makouda).

Dans ce film, le réalisateur, Youcef Limani, gérant de «Tizi Production», a recueilli de précieux témoignages sur ce vaillant maquisard qui avait fait partie du groupe ayant pris part au déclenchement de la lutte armée, le 1er Novembre 1954 à Boufarik (Blida). Il est tombé au Champ d’honneur les armes à la main, à la fin de l’année 1957 à Tablat, dans la Wilaya IV historique. La commune d’Iflissen, rappelle-t-on, a payé un tribut de 344 martyrs et autant de veuves.

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