J’étais très jaloux que les oiseaux d’un grand pays comme l’Algérie ne soient pas couverts par des ouvrages didactiques sur les statuts des espèces de l’avifaune algérienne

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Aïssa Moali. Professeur en écologie

– Votre ouvrage Oiseaux d’Algérie, écrit en collaboration avec Paul Isenmann, paru en 2000, est en fait une mise à jour de l’avifaune algérienne. C’est la seconde de toute l’histoire de l’ornithologie algérienne. 406 espèces y sont superbement et remarquablement décrites. Comment est venue l’idée de ce livre qui est une référence aujourd’hui ?

L’idée d’actualiser la mise à jour de Ledant et al. (1981) a germé avec l’intensification des travaux relatés dans des rencontres entre les collègues ornithologues algériens dans les stages organisés essentiellement à El Kala, Tikjda et Tala Guilef, mais aussi lors des différents ateliers organisés par la DGF en appui aux projets de formation sur la gestion des zones humides entre 1980 et 1990. En 1993, alors thésard encadré par Paul Isenmann du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, j’ai assisté à la sortie de son ouvrage sur les oiseaux de Camargue.

Sincèrement, j’étais très jaloux que les oiseaux d’un grand pays comme l’Algérie ne soient pas couverts par des ouvrages didactiques sur les statuts des espèces de l’avifaune algérienne. J’ai alors demandé à Paul s’il était intéressé par la préparation d’une avifaune d’Algérie. Il m’a répondu simplement : «Demain tu ouvres un fichier, tu y portes la liste des oiseaux en tenant compte du référentiel taxonomique mondial.» Ce fichier sera complété au fur et mesure de l’avancée de nos investigations.

Paul Insemann s’est chargé de la synthèse bibliographique dont les sources étaient plus disponibles en Europe et c’était à moi d’organiser les sorties sur le terrain nécessaires pour confirmer, infirmer, conforter ou compléter les observations déjà connues. Ce n’était pas du tout facile en raison des insuffisances des moyens financiers pour couvrir le territoire et l’absence manifeste d’un réseau d’observateurs qui pouvait répondre à la quête d’informations.

– Avec nos articles (El Watan du 23 octobre), de nombreuses personnes se sont manifestées pour savoir comment l’obtenir. Que pouvez-vous leur dire ?

L’ouvrage a été édité par la Société ornithologique de France, avec l’appui financier de la Tour du Valat (Centre de recherche sur les zones humides méditerranéennes. Camargue. France) avec la gentillesse de Luc Hoffmann, alors président de la Fondation Tour du Valat.

Le livre est encore disponible auprès de la Revue Alauda au Muséum d’histoire naturelle de Paris. Je tiens à souligner que dès sa parution, des exemplaires ont été offerts à la Direction générale des forêts, au ministère de l’Environnement et à la bibliothèque de l’université de Béjaïa. Des démarches ont été faites en direction des importateurs de livres de l’époque dans l’espoir d’une diffusion nationale, mais sans résultat.

– Aissa Moali : est Pr. en écologie à la retraite. Après avoir longtemps enseigné à l’université de Bejaïa, il actuellement impliqué dans la préparation du 6eme rapport national pour la biodiversité qu’il réalise pour le compte du ministère de l’environnement et des énergies renouvelables (MEER/GIZ) dans le programme GENBI pour les référentiels oiseaux d’Algérie.

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