L’ «ingérence étrangère» mise à l’index : Les manifestants dénoncent le «soutien» de Macron au régime

  • 7 jours il y a
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Les Algériens étaient unanimes, hier, à dénoncer, à travers les différentes villes du pays, toute tentative d’ingérence étrangère, mais surtout ce qu’ils considèrent être le «soutien» de la France au régime.

Ainsi, le nom du président français, Emmanuel Macron, figurait sur beaucoup d’affiches brandies par les manifestants qui sont sortis en masse pour rejeter la feuille de route de Abdelaziz Bouteflika. «Macron, réfléchis bien. 7 millions d’Algériens chez vous», «Macron, occupe-toi de ta maman.

L’Algérie est plus grande que toi», «Macron occupe-toi de tes oignons» ou bien «M. Macron, si la démocratie est bonne pour vous alors pourquoi vous la refusez ici», ont été, entre autres, les slogans scandés par les manifestants. D’autres ont tenu, par contre, à fustiger l’ingérence étrangère d’une manière générale. «Ni Washington ni Paris. C’est nous qui désignons notre Président» ou «Le peuple refuse l’intervention étrangère. Le peuple refuse le projet américain». L’Arabie Saoudite et les Emirats ont également été mis à l’index par d’autres manifestants. Il faut rappeler que les Algériens avaient été nombreux, vendredi dernier déjà, à dénoncer ces «ingérences étrangères».

Ils avaient réagit ce jour-là à la déclaration du porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Palladino, qui avait affirmé trois jours plus tôt que «les Etats-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement». Mais ce qui a irrité apparemment encore plus les uns et les autres, c’est la position de la France vis-à-vis de la feuille de route de Abdelaziz Bouteflika rendue publique lundi dernier, dans laquelle il avait annoncé son renoncement à un 5e mandat et le report de l’élection présidentielle.

Le gouvernement français a été le premier à réagir. Moins d’une heure après l’annonce de cette proposition, le secrétaire d’Etat français auprès du ministre de l’Education, Gabriel Attal, affirmait que «la France prend acte du renoncement du président Bouteflika». Quelques minutes plus tard, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, «salue la décision de Bouteflika de ne pas briguer un 5e mandat et de prendre des mesures pour rénover le système politique algérien».

Le lendemain, c’est le président français, Emmanuel Macron, lui-même, qui, depuis Djibouti où il était en visite, exprimait son «soutien» à la démarche du chef de l’Etat algérien. «Je salue la décision du président Bouteflika qui signe une nouvelle page dans le développement de la démocratie algérienne», avait-il déclaré, avant d’ajouter que «la France fera tout pour accompagner l’Algérie dans cette transition avec amitié et avec respect». L’empressement des responsables français à «saluer» la démarche de Bouteflika, finalement rejetée par la population, a été perçu comme une marque de soutien au régime algérien.

D’où tous les slogans de dénonciation exprimés hier. Des mots d’ordre qui vont certainement être repris lors de la manifestation qui devrait être organisée demain
à Paris.

El-Watan.com