La présidentielle de toutes les incertitudes : Des scénarios à haut risque politique

  • 2 mois il y a
  • 14 Vues
  • 0 0
La présidentielle de toutes les incertitudes : Des scénarios à haut risque politique

La situation à laquelle fait face le pouvoir politique est aussi inédite qu’imprévisible. Sans commune mesure. Elle n’a rien de comparable à celle d’avant le 4e mandat obtenu dans des consistions extrêmement difficiles ; elle est davantage inextricable.

A la difficulté de terminer le quinquennat actuel sans trop de dégâts, s’ajoute la grande incertitude pour aborder la prochaine mandature. La phase actuelle est chargée de toutes les inquiétudes. Et plus le rendez-vous présidentiel d’avril 2019 approche, plus le pays s’enfonce dans l’inconnu.

Au terme de 20 années de règne, Abdelaziz Bouteflika n’a pu préparer les conditions nécessaires pouvant permettre de passer le relais dans la sérénité politique. Bon gré mal gré, il a œuvré pendant longtemps à mettre en place un système dans lequel il est le seul maître du jeu et qui rend de ce fait laborieuse sa propre succession sans courir le risque de provoquer l’effondrement de ce même système.

«Tout comme les systèmes de présidence à vie par le refus d’accepter que son cycle est arrivé à sa fin, on  n’organise pas sa propre succession et on étouffe toute velléité de succession, on se retrouve face à un acteur que personne n’a encore domestiqué, le temps», commente l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi. Il semble ainsi que toute possibilité de sortie par le haut est improbable, pour ne pas dire impossible à réussir.

A telle enseigne que la question de la tenue de l’élection présidentielle dans les délais impartis par la Constitution est fortement remise en cause par les partisans du chef de l’Etat dans une tentative de prolonger la fin de règne.

Les partis politiques de la coalition gouvernementale n’émettent pas avec «harmonie». Leurs messages parasitent plus qu’ils n’indiquent une voie claire à suivre. «Le bloc au pouvoir ne joue plus la même partition et les chasseurs de sons sont à l’affût de la moindre fausse note.

Les différents segments du sérail s’abandonnent à leurs vils instincts et se livrent à un spectacle d’une violence sans précédent», soutient l’opposant Djamel Zenati en parlant de «la malédiction algérienne». Il est évident que les discours émis par des partis représentant la base politique du gouvernement de Bouteflika brouillent les cartes. Est-ce une manœuvre tactique ou une réelle divergence sur la marche à suivre et sur l’homme devant incarner la future étape politique ?

De l’avis du politologue Mohamed Hennad, «ce sont les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes (…)».

Depuis un certain temps, les éléments de langage ont changé. On ne parle plus «ni du 5e mandat ni de report de la présidentielle», mais de la continuité à laquelle il faudra trouver un habillage juridique.

Les multiples appels des soutiens de Bouteflika à «l’entente nationale» cherchent-ils alors à amadouer l’opposition politique pour l’amener à accepter ce fait accompli, ou du moins à ne pas gêner et perturber un tel scénario ? «Toute cette agitation est destinée à mettre en place les conditions les plus invraisemblables pour disqualifier l’agenda électoral qui reste la seule garantie de la pérennité de l’Etat. Je pense qu’elle est destinée à faire douter de tout pour mieux nous faire accepter le statu quo», analyse encore Abdelaziz Rahabi.

L’ancien diplomate n’hésite pas à qualifier ce qui se trame dans l’ombre de «tentative de putsch non déclaré contre l’ordre institutionnel par ceux-là mêmes qui l’ont imposé.  L’objectif n’est pas tant de maintenir un Président absent que de perpétuer l’hégémonie du clan.

Il s’agit tout simplement de la résistance de groupes  d’intérêts  essentiellement non institutionnels qui ont gouverné sans partage et sans contrôle et adoptent la politique de la terre brûlée», accuse l’ancien ministre.

D’évidence, la mise en route des scénarios aussi improbables que problématiques révèle son incapacité à organiser le passage d’une étape à une autre, et ce, depuis l’indépendance. C’est devenu une règle dans l’administration du pays depuis le putsch de l’été 1962. Cependant, la crise de l’hiver 2018 montre que les tenants du pouvoir ont érigé Abdelaziz Bouteflika comme horizon indépassable. Mais jusqu’à quand ?

El-Watan.com