La prix Nobel de la paix, Nadia Murad, pour des procès contre Daech : La communauté internationale n’a pas empêché le «génocide» des yézidis

  • 2 mois il y a
  • 24 Vues
  • 0 0

Nadia Murad, nouvelle lauréate du prix Nobel de la Paix, est désespérée face à la situation de sa communauté yézidie à Sindjar, région au nord de l’Irak. Intervenant, hier, lors d’une conférence au Forum de Doha, Nadia Murad considère qu’il n’y a pas d’initiative pour sauver les habitants de cette région ciblée par l’organisation de l’Etat islamique, connue sous le nom de Daech.

Constatant le manque d’implication du gouvernement et du Parlement irakiens, la militante kurde estime que la communauté internationale n’a pas empêché le «génocide» des Yézidis. A Sinjar, il y a 69 fosses communes, affirme-t-elle. «La situation à Sindjar reste très difficile. Des 400 000 habitants, il n’en reste que 65 000. Il y a une destruction générale», soutient la frêle jeune fille, précisant que pas moins de 6500 femmes et enfants de sa communauté ont été réduits à l’état d’esclaves sexuels, parmi lesquels 3000 ont pu s’enfuir et autant sont retenus à ce jour par l’organisation terroriste.

Victime de viol avant de pouvoir s’enfuir, la militante, qui a pu bénéficier du statut de réfugiée politique, signale qu’elle n’a plus de nouvelles des membres de sa famille restée en Irak. «La femme de mon frère et son fils sont introuvables. Il y a deux ans, on nous a signalé qu’ils étaient en Syrie», relate-t-elle, rappelant la situation de son neveu, qui a été enrôlé comme combattant de Daech et qui a menacé de s’en prendre à sa propre famille s’il la retrouve.

Aidé dans sa démarche par l’avocate Amel Clooney, l’épouse du célèbre acteur, et le gouvernement britannique, la militante kurde plaide pour des poursuites en justice à l’encontre des criminels de Daech «pour rendre leur dignité bafouée» aux femmes yézidies.
La militante yézidie souhaite reprendre une vie normale : retourner dans son village, vivre une vie paisible et «ouvrir un institut de beauté pour maquiller les femmes».

Née en 1993 à Kocho, un village près de Sinjar en Irak, Nadia Murad est devenue, le 16 septembre 2016, ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations unies pour la dignité des victimes de la traite des êtres humains. Elle a reçu dernièrement le prix Nobel de la Paix avec Denis Mukwege, pour leurs efforts pour mettre fin à l’emploi des violences sexuelles comme arme de guerre.

El-Watan.com