La profession salue avec émotion la mémoire de Youcef Bettache

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La profession salue avec émotion la mémoire de Youcef Bettache

Les témoignages étaient unanimes pour saluer avec ferveur l’engagement et le professionnalisme de Youcef qui signait ses papiers Abder Bettache (diminutif de Abderrahmane).

Vive émotion hier à la maison de la presse Tahar Djaout, où un vibrant hommage a été rendu à notre frère, feu Youcef Bettache, qui nous a été brutalement ravi ce vendredi 28 septembre, emporté par une crise cardiaque. Youcef avait à peine 53 ans.

Plusieurs consœurs et confrères ont spontanément répondu présent à l’appel lancé sur les réseaux sociaux pour la tenue de ce rassemblement symbolique, qui a eu lieu à la mi-journée et a duré environ une heure. Les témoignages étaient unanimes pour saluer avec ferveur l’engagement et le professionnalisme de Youcef qui signait ses papiers Abder Bettache (diminutif de Abderrahmane).

Ils ont loué également sa personnalité attachante, sa disponibilité, sa générosité, son humilité, son humour, sa force de caractère, sa pugnacité et son courage en embrassant ce métier dès le commencement de ce qu’on appelle «l’aventure intellectuelle», au début des années 1990, et traverser les folles années du terrorisme de bout en bout sans jamais céder.

Youcef a fait ses premières classes comme journaliste sportif à Algérie Sports avant de rallier L’Opinion. A partir de 1996, il a rejoint la rédaction du Soir d’Algérie où il s’est brillamment spécialisé dans les affaires de justice, les mouvements sociaux et le monde syndical.

Il a fait en outre un passage très remarqué sur la chaîne Ennahar TV où il animait un talk-show politique très regardé ; il s’est vite distingué dans cet exercice par la qualité de ses entretiens qu’il menait avec talent et sans complaisance. Youcef Bettache était en outre sur le point de lancer un site électronique dédié au tourisme.

Kamel Amarni, secrétaire général du Syndicat national des journalistes, a pris la parole en premier pour rappeler les innombrables qualités du défunt. Il a tenu à souligner combien notre ami Youyou, comme on le surnomme affectueusement, était aimé et estimé de tous. Il en veut pour preuve la foule compacte qui l’a accompagné ce samedi lors de son inhumation au cimetière de M’douha, à Tizi Ouzou.

Il y avait la famille de la presse, des figures de la classe politique, des ministres, des membres de la société civile mais aussi beaucoup de simples citoyens, relève Kamel Amarni, preuve de l’ancrage populaire de ce journaliste hors pair.

Kamel a fait une révélation importante en indiquant que Youcef Bettache œuvrait auprès de l’UGTA et des instances concernées pour faire reconnaître par les pouvoirs publics la pénibilité liée au métier de journaliste. Mohamed Kebci, journaliste au Soir d’Algérie, qui était très proche de Youcef, a insisté justement sur le niveau de mortalité anormal qui frappe la corporation à un âge relativement précoce.

Et de marteler : «Le journaliste défend toutes les causes sauf la sienne !» Il a relevé dans la foulée le nombre de confrères foudroyés comme Youcef par une crise cardiaque ou un AVC, et a alerté sur l’urgence de protéger la profession. Kebci a ensuite invité solennellement l’assistance à observer une minute de silence à la mémoire de Youcef Bettache.

Naïla Benrahal, notre consœur du journal Horizon qui a été à l’origine de cette initiative, a enchaîné en appelant les confrères à dépasser leurs clivages et à unir leurs rangs pour défendre une profession touchée de plein fouet par la précarité.

«Quand j’ai appris la nouvelle, je l’ai aussitôt annoncée à ma voisine et elle a tout de suite lancé : ‘‘Il est mort d’une crise cardiaque ?’’» Preuve, selon elle, que le stress excessif que l’on prête au travail de journaliste n’est pas une fiction.

«Tout le cumul des années du terrorisme nous ronge de l’intérieur», a-t-elle appuyé. Naïla fera remarquer que c’est grâce à Youcef que nous étions ainsi réunis et elle a exhorté la corporation à rester soudée et à multiplier ce type d’initiatives et les ériger en tradition.

Noureddine Laradji, rédacteur en chef du quotidien Echaâb, a témoigné de son côté aussi de la pénibilité du métier et comment il en est venu à prendre des médicaments pour réguler son rythme cardiaque et sa tension artérielle depuis qu’il a commencé ce job, en appelant lui aussi la profession à faire front ensemble.

Notre collègue Zine Cherfaoui a abondé dans le même sens en lançant : «Notre génération est bientôt retraitable, mais je vois qu’il y a de jeunes journalistes qui prennent le relais.

Ils sont brillants et talentueux. Si je peux me permettre un petit conseil, ce n’est pas pour vous apprendre le métier mais simplement pour vous dire : organisez-vous.»

Il était terriblement difficile de se remettre à la tâche pour faire le journal que vous tenez entre les mains. Mais c’est précisément ce que Youcef aurait voulu que nous fassions : continuer à nous battre comme de vulnérables mais increvables Don Quichotte. Repose en paix Youyou mon frère, ton souvenir restera gravé à jamais dans nos cœurs.

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