La querelle au sein de NidaaTounes s’invite au palais

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Démission du Chef de cabinet du Président Caïd Essebsi

Les rebondissements se poursuivent dans la lutte au sommet en Tunisie, entre les présidences du gouvernement et de la République, avec la déconfiture de NidaaTounes, qui n’est plus que l’ombre du parti fondé par le président Béji en 2012 et vainqueur des élections générales de 2014.

Le bloc parlementaire de Nidaa Tounes a rétrogradé à la 3e place à l’ARP avec une quarantaine de députés, alors qu’il avait 86 sièges à la sortie des urnes, le 26 octobre 2014.

C’est désormais Ennahdha qui possède le 1er bloc parlementaire avec 68 députés, secondé par le bloc nationaliste, avec plus de 50 députés. Ce dernier bloc est apparenté au chef du gouvernement, Youssef Chahed, selon les observateurs.

Les démissions se sont multipliées ces derniers jours au sein des députés du bloc parlementaire de Nidaa Tounes au profit du bloc nationaliste, sans pour autant démissionner du parti.

Ce bloc, conduit par le député Mustapha Ben Ahmed, a été formé en 2016 par des ex-dirigeants de Nidaa Tounes, qui ont même flirté un moment avec le parti Machrouaa Tounes de Mohsen Marzouk.

Le président du bloc nationaliste affirme soutenir la stabilité gouvernementale. «Nous ne sommes pas là pour soutenir le gouvernement. Nous avons notre mot à dire dans les problématiques posées», a-t-il affirmé.

Les observateurs disent que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, compte sur ce bloc et Ennahdha pour asseoir la majorité qui va voter la loi de finances 2019 et le prochain remaniement ministériel.

C’est finalement un nouvel échiquier politique qui s’installe aujourd’hui en Tunisie, avec ce bloc nationaliste qui se substitue à Nidaa Tounes comme allié d’Ennahdha au pouvoir. Ce bloc est formé d’ex-députés de Nidaa Tounes, de députés indépendants ou appartenant à Afek Tounes ou l’Union patriotique libre.

Un chambardement qui a fait dire à l’homme d’affaires, dirigeant de Nidaa Tounes, Faouzi Loumi : «La scène actuelle ne reflète plus le résultat des urnes de 2014.» Pourtant, c’est ce nouveau paysage politique qui mène le jeu actuellement en Tunisie.

Il dispose même du soutien de la communauté internationale, si l’on se réfère aux déclarations des responsables de l’Union européenne ou des institutions financières internationales.

Perspectives

L’horizon est clair pour cette année préélectorale. Youssef Chahed et le bloc nationaliste veulent faire voter le «budget» et faire avancer l’installation d’instances constitutionnelles, comme la Cour constitutionnelle, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), voire la révision de la loi électorale. La question d’organisation politique reste confuse pour ce bloc parlementaire.

La députée Leila Chettaoui dit que «le bloc nationaliste souhaite se transformer en mouvement politique dirigé par Youssef Chahed…». Mais ce dernier ne s’est pas encore prononcé. Dans sa dernière interview, qui remonte à trois mois sur la TAP, il préconise de «reconquérir Nidaa Tounes».

Depuis, beaucoup de choses ont changé.  Du côté de Nidaa Tounes, c’est le chaos. Le parti est désormais sur la touche, parce que son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, n’a pas accepté d’installer un véritable débat parmi ses élites pour sortir de la crise.

Il a juste décidé de geler l’adhésion de Youssef Chahed, provoquant des contestations parmi les rares structures actives, comme Monastir ou Kasserine. La direction du parti ne dispose même pas de structures et ne peut, pratiquement, pas aller vers un congrès électoral.

«La direction imposée du parti ne cesse de parler, depuis des années, de congrès électoral, sans avoir ni liste d’adhérents ni structure», insiste Me Lazhar Akermi, membre fondateur du parti, ex-ministre démissionnaire du gouvernement Habib Essid, en réponse à une question concernant le congrès et s’il compte se présenter. L’avenir politique tunisien est très flou. 

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