La «rue» répond à Ouyahia

  • 6 jours il y a
  • 28 Vues
  • 0 0

Jamais depuis l’indépendance une élection n’a été aussi controversée que celle qui doit se dérouler au mois d’avril prochain. Contrairement à ses devancières, celle-ci laisse perplexe devant la complexité d’une échéance qui fait craindre bien des dérapages. Beaucoup d’incertitudes planent sur le scrutin, à telle enseigne que chaque acteur, chaque intervenant, qu’ils soient dans l’opposition ou parmi les prétendants à la candidature, sont désorientés par ce que l’on peut appeler une navigation à vue et en manque flagrant de visibilité.

Alors que les partisans du Président sortant ont mis d’ores et déjà en branle leur machine de guerre, s’appuyant, bien entendu, sur les moyens de l’administration et de l’Etat, un passage en force est déjà à craindre. L’aspect financier de cette candidature semble être clairement réglé.

Les oligarques et autres «bienfaiteurs intéressés» y pourvoiront infailliblement sur leurs propres deniers. L’enjeu est important pour eux, puisque il s’agit à tout prix de maintenir en place un homme et un système qui servent merveilleusement leurs appétits féroces. Un soutien actif est aussi à attendre du côté des médias publics (c’est une évidence) et privés (quasi-instigateurs du folklore des candidatures amusantes observées aux alentours du palais du gouvernement) pour mettre en valeur les «grandes réalisations» boutéflikiennes et donc l’utilité de sa pérennité.

La vérité est que le postulant soutenu pour un 5e mandat, dont les cercles nationaux et les chancelleries se posent la question de savoir s’il jouit de toutes ses capacités physiques et intellectuelles, ne sait pas qu’il mène le pays à l’impasse. Dans leur désir de tout aplatir sur leur passage, certains de ses soutiens font carrément dans l’intimidation envers tout ce qui peut se mettre en travers de leur dessein.

Ouyahia a menacé «la rue» et Gaïd Salah a mis en garde «l’ennemi intérieur». L’un et l’autre ont omis de citer cet antagoniste par son nom : le peuple. En ces temps de récession et face aux grands périls, les populations semblent marquer le pas devant l’arrogance officielle par une sorte de fatalisme qui anesthésie en eux toute velléité de contestation bruyante.

Dans cette Algérie que quatre mandats présidentiels successifs ont fini par en faire un étouffoir et où l’expression populaire dans sa dimension politique revendicatrice n’existe plus (voyez ce que sont devenus les assemblées élues, des institutions sans représentativité), l’opinion publique citoyenne a été gagnée par le scepticisme des lendemains qui déchantent.

Mais les tenants du pouvoir, de 1962 à nos jours, oublient souvent que cette nation jouit d’une conscience nationale qui remet cycliquement en cause l’ordre établi, lorsque la conviction est faite de sa malhonnêteté et de sa décadence. Depuis quelques jours, les réseaux sociaux se font l’écho de quelques manifestations de colère.

A Bordj Bou Arréridj, Chlef, Tizi Ouzou et Oran, des groupes de jeunes ont investi «la rue» par défiance envers un pouvoir méprisant qui ne s’émeut pas de voir certains d’entre eux se noyer en Méditerranée en voulant le fuir lui, ses promesses sans lendemain, ses ruses démoniaques, la gabegie et la corruption qu’il entretient. La nouvelle génération d’Algériens a soif de liberté et de justice. C’est par elle que viendra peut-être le salut…

El-Watan.com