Le peuple remet le flambeau au GPRA

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Une question a toujours accompagné notre enfance : pourquoi l’histoire de la Révolution algérienne n’a pas été écrite ? On voyait nos aînés s’emprunter secrètement les livres de Mohamed Harbi et d’Yves Courrière, et on ne comprenait pas pourquoi la lecture des seuls livres qui, à l’époque abordaient l’histoire de la Révolution, était interdite.

Les mieux informés parmi nous évoquaient le clan d’Oujda et l’armée des frontières et on n’arrivait pas à faire le lien entre ces deux entités et les martyrs de la Révolution. On ne comprenait pas pourquoi ceux qui avaient des choses à dire sur les survivants des fils de la Toussaint regardaient toujours derrière eux pour les évoquer. On ne comprenait même plus pourquoi on ressentait de la fierté quand on entendait épeler le GPRA. Sans l’expliquer, on sentait que ce mot portait des hommes uniques dans leur grandeur et que le seul fait de prononcer leur nom inspirait de la grandeur. Pourtant, ces mêmes hommes furent un jour soumis à deux seules alternatives pour l’Algérie : la guerre civile ou une paix sous la gouvernance d’une armée qui eut largement les moyens et le temps pour se construire à Oujda.

Le choix fut très sage mais fatal pour l’avenir de notre pays qui s’était construit autour de ce même choix. Le destin est étrange par la résonance de ses lettres et par son aptitude à s’imposer tout en s’innocentant des choix faits par les hommes. Il vient, un 1er mars 2019, ôter la vie à Hassan Benkhedda, fils du président du GPRA, lors d’une marche qu’il faisait fièrement et émotionnellement, criant avec ses compatriotes qu’il refusait d’être soumis aux seules alternatives, un 5e mandat pour un président dans l’incapacité de gouverner ou la guerre civile. Il est mort pour dire qu’il y avait une autre alternative, celle d’un Etat de droit, d’un projet de société auquel tous les Algériens prendront part et où l’ambition deviendra dérisoire devant l’honnêteté et la compétence. Ironie du sort, celui qui fut le fin négociateur de ceux qui imposèrent au GPRA le pénible choix revient 56 ans après pour soumettre les algériens à un choix plus douloureux.

Continuer à les gouverner dans un état de maladie extrême ou la guerre civile. Mais le GPRA d’aujourd’hui est représenté par le peuple algérien qui a mûri et qui a pris conscience que son destin est entre ses mains et entre les mains de son armée qui est une armée nationale et populaire et non une armée des frontières. Deux entités unies par le sang et par histoire et dont le rêve est commun et légitime. Un Etat de droit duquel le génie algérien s’inspirera à sa guise pour construire le pays dont ont rêvé nos martyrs. Le peuple a dit son mot, donnant la légitimité nationale et internationale à son armée pour s’exprimer et agir en son nom et avec lui pour que soient désignées les personnes qui pourraient mettre en place le socle de la République dont ont rêvé les différentes générations de notre pays. Le peuple veut des hommes à la hauteur de ceux qu’il a portés pendant des décennies dans sa mémoire. Des hommes à l’image de ceux qui ont formé le GPRA.

 

Par Mohamed Souai , Médecin. Auteur

El-Watan.com