L’Émirat fier des performances de son économie malgré l’embargo : Le Qatar pour la restructuration de l’alliance régionale

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L’Émirat fier des performances de son économie malgré l’embargo : Le Qatar pour la restructuration de l’alliance régionale

Rejet de l’ingérence, appel à un dialogue juste. L’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, considère que le retour à une situation normale des relations avec les pays voisins se fera après un dialogue franc.

Rejetant les accusations de terrorisme, l’émir estime que seul le dialogue permettra de «réduire le fossé» avec ses voisins. «Aucune solution ne peut aboutir en dehors d’un ensemble de valeurs humaines, consacrées après la Seconde Guerre mondiale et les décolonisations», a-t-il estimé lors de son allocution prononcée, samedi, à l’ouverture du Forum de Doha, dont la thématique principale cette année est : «Concevoir la politique dans un monde interconnecté».

Son ministre des Affaires étrangères, cheikh Mohammed Ben Abderrahmane Al Thani, n’a pas eu des mots assez durs pour s’attaquer aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui imposent un boycott depuis plus d’une année à son pays. Selon lui, les allégations avancées par les détracteurs du Qatar sont basées sur des «mensonges et des crimes».

Le but final étant, selon lui, de «créer de la propagande et d’installer la peur chez les gens». Le ministre a plaidé carrément pour la «restructuration» d’une nouvelle alliance régionale, le CCG étant, tranche-t-il, «sans pouvoir réel». Pour Mohammed Ben Abderrahmane Al Thani, l’alliance régionale a été «minée par la crise».

De ce fait, pour assurer la stabilité et la sécurité de la région, une nouvelle alliance doit être mise en place.
Depuis juin 2017, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, accusé de financer le terrorisme et d’entretenir des liens avec l’Iran. Ces derniers jours, l’Arabie Saoudite semble vouloir revenir à de meilleurs sentiments. L’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad Al Thani, a été invité par Mohammed Ben Salmane (MBS) au 39e sommet du Conseil de coopération du Golfe. Mais il a décliné l’invitation.

Le Qatar tient le coup, malgré l’hostilité de ses voisins. Il a fait mieux, à entendre ses responsables.

Des performances malgré l’embargo

Intervenant lors de la deuxième journée du Forum, le ministre du Commerce qatari, Ali Ben Ahmed Al Kuwari, rappelle les «performances» de l’économie de son pays, «impulsées, malgré le boycott». «Ce que nous avons réussi en moins de deux ans n’aurait pu être fait en 20 ou 30 ans en temps normal», s’enorgueillit-il. PIB renforcé à plus de 200 milliards de dollars, volume commercial augmenté à 16%…

Le maître-mot de la stratégie de l’émirat : diversification de l’économie et des partenaires. «Nous avons fait preuve d’imagination, nous avons diversifié l’économie. Il y avait, par exemple, 7 plateformes au port Hamad, il y en a actuellement 27», précise-t-il, rappelant qu’avant la crise, 95% des besoins en médicaments et en nourriture de l’émirat transitaient par la frontière avec le grand voisin de l’ouest : l’Arabie Saoudite.

L’autre atout du Qatar, soutient-il, est sa «fiabilité» qui lui a ramené des investisseurs. D’ailleurs, le ministre précise que son pays s’ouvrira davantage à la coopération, en modifiant sa législation pour rendre encore plus attractif le centre financier qatari et en permettant l’entrée des IDE par l’accueil des étrangers. «18 pays n’auront plus de restriction de visa», annonce-t-il.

Interrogé sur la levée de l’embargo, le ministre qatari reprend la même rhétorique que les autres responsables : préalable du respect de la souveraineté des pays. «Nous sommes pour le dialogue, mais à condition que ce dialogue soit juste et qu’il respecte la souveraineté de tous les pays», tranche-t-il. Et si l’embargo est maintenu ? Le ministre du Commerce s’est montré rassurant, précisant que l’économie de son pays ne sera guère affectée grâce, surtout, à sa politique des alliances qu’elle a forgées depuis le début de sa crise et la diversification de son économie, dans le cadre de la stratégie 2030.

 

Une alliance des «petits états» ?

Les petits Etats doivent forger des alliances et faire entendre leurs voix. Telle est la conviction de Stéphane Garelli, professeur à l’International Institute for Management Development (IMD) et professeur à l’université de Lausanne (HEC), en Suisse. Intervenant lors du Forum de Doha, l’expert économique estime que des Etats comme la Suisse, le Qatar, petits certes par la taille, sont «très compétitifs, mais n’ont pas le bras long» pour peser face aux grandes puissances du monde, que sont les Etats-Unis, l’Europe, la Chine ou la Russie. Il propose, à cet effet, que ces pays, dont les économies sont florissantes, forgent des alliances pour «faire entendre leur voix». S’adressant au ministre du Commerce qatari, qui signale la résilience de son pays face à l’hostilité de ses voisins, il lui suggère d’organiser, l’année prochaine, un «forum Dotat des petits Etats», pour que ces derniers puissent s’exprimer ensemble.

El-Watan.com