Les 25 milliards de dinars correspondent à la construction de plus de 8334 logements

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Les dégâts de ces intempéries se sont chiffrés à plus de 25 milliards de dinars, selon le ministère de l’Intérieur. Comment expliquez- vous ce chiffre ?

Sans prétendre contester, on approuve le montant de 25 milliards de dinars de dégât pour les 24 wilayas (à raison de 1,041 milliard de dinars par wilaya), il est important de souligner qu’il revient normalement à chaque commune d’évaluer financièrement les dégâts occasionnés au niveau de ces communes.

Ce travail routinier entre dans le cadre de la préparation ordinaire des budgets communaux. Malheureusement, la tendance est à une estimation des dégâts sans une comptabilité rigoureuse. L’analyse des causes profondes des conséquences des catastrophes naturelles est primordiale. A titre indicatif, le choix des terrains qui abritent les constructions est très sensible aussi bien lors d’intempéries que de séismes.

Tout cela pour noter l’importance d’une étude pluridisciplinaire pour les développements des communes à laquelle les professionnels devront pleinement être responsabilisés. On ne peut pas cacher que les communes sont gérées par des administratifs qui sont profanes en la matière. Ainsi, les directeurs techniques des communes doivent répondre à un profil technique bien établi et désigné par le ministère de l’Habitat, auquel il doit rendre compte.

– L’Algérie a-t-elle réellement un plan Orsec ?

Sur le plan juridique, le pays est étoffé d’un arsenal juridique parfait. Suite aux multiples catastrophes naturelles enregistrées ces dernières années, ces organismes compétents ont été créés et chaque commune dispose impérativement d’un plan Orsec pour parer a toute éventualité. Malheureusement dans la pratique, des lacunes et des imperfections sont régulièrement enregistrées.

– De nombreuses constructions sont érigées sur des terres agricoles, des ravins, sujets à des éboulements et inondations. Toutes ces anomalies montrent l’affligeante image de l’environnement dans lequel est bâti le patrimoine immobilier national…Un commentaire…

Cette importante question du béton qui ronge les terres agricoles et les constructions anarchiques qui sont érigées sur les lits d’oued et posée régulièrement sans trouver de réponse. Bien que les lois sont très explicites en la matière, les lacunes proviennent de leur non-application et l’absence de formation des cadres des collectivités locales. La main lourde de l’Etat doit être actionnée au départ et non pas jusqu’à ce que le mal soit fait.

– Mais nous avons l’impression que les architectes ont les mains liées et il n’y a presque plus de contrôle…

Contrairement à ce que pensent injustement de nombreux citoyens, le marasme que connaît notre pays en matière de construction et d’habitat n’est nullement imputable aux architectes, urbanistes, ingénieurs et professionnels (nous sommes en 2018). Bien au contraire, la faute réside dans leur non-responsabilisation par l’administration.

La mission de suivi et contrôle des travaux de réalisation et partie intégrante de la maîtrise d’œuvre est malheureusement négligée. Tout comme les politiques qui sont menées actuellement favorisent l’aspect quantitatif au détriment de la qualité et de la rigueur dans la construction.

– Le délégué national aux risques majeurs sous tutelle du ministère de l’Intérieur déclare que les autorités locales «font ce qu’elles peuvent par rapport aux moyens dont elles disposent». Il ne responsabilise donc presque personne…

La preuve en est qu’à chaque événement de ce genre, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales lui-même, qui met en place une commission d’enquête pour statuer sur le projet, ce qui confirme que les APC ne sont pas étoffées. Nous notons que les résultats des commissions ne sont pas portés à la connaissance du public et des experts.

– Mais vous, en votre qualité d’expert que proposez-vous ?

Tous les pays du monde, sans exception, sont concernés par les catastrophes naturelles, mais les conséquences sont moindres(le cas de GENES). La prévention revêt un caractère majeur de part l’implication directe des spécialistes. Sans la responsabilisation et la participation effective des experts, nous enregistrons éternellement de fâcheuses surprises, par ailleurs les citoyens et même l’administration n’ont pas encore la culture de l’assurance.

Comment expliquer qu’un véhicule est impérativement assuré alors que des bâtisses de grande dimension ne le sont pas (Catnat n° 03-12 du 26 Août 2003 relative à l’obligation d’assurance des catastrophes naturelles et l’indemnisation des victimes.) D’une manière générale, l’amélioration du secteur de la construction et du bâtiment doit reposer sur une stratégie rigoureuse et à long terme dans le cadre des développements de plans minutieusement préparés par des spécialistes. En plus des conséquences financières lourdes qui sont enregistrées en période de crise, un manque à gagner important en résulte.

Les 25 milliards de dinars correspondent à la construction de plus de 8334 logements. Ainsi, le gouvernement doit se pencher sérieusement sur les raisons de ces désastres, leur cause précise pour les endiguer au maximum. Dire qu’une pluviomètre de 80 mm, qui constitue de 3 mois, est à l’origine de ces dégâts, est à nos yeux faux, puisque ça correspond en réalité à 1 mm par jour.

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