Les Belles du Rocher récidivent

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Exposition «Bassamat Niswiya» au Musée Cirta

C’est une célébration collective, mais empreinte de singularité. Fruit de parcours et d’itinéraires en perpétuels mouvements. De l’ombre, de la lumière, de la sensibilité et de l’engagement.

Et comment en serait-il autrement puisque ce sont les «Belles du Rocher» qui récidivent avec une nouvelle exposition artistique, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme. Ces déclinaisons de couleurs, de formes et surtout d’appartenances artistiques sont présentées telles «une expression qui veut mettre en évidence les valeurs des touches féminines dans un paysage fait de souffrance, d’espoir, d’amour et de chagrin, résumant ainsi les détails peints de la vie quotidienne… des artistes qui ont su transmettre leur message, elles ne sont pas avares, ni en sentiments ni en formes et couleurs. Ces couleurs chatoyantes, formes généreuses et imaginations fécondes, un savoir-faire qui attire les âmes sensibles à l’art et à ses déclinaisons».

Amel Soltani, conservatrice du musée public national Cirta, qui a abrité cette exposition «Bassamat Niswiya» jusqu’au 14 mars, revient sur une démarche artistique, qui n’est pas la première, à l’effet de consacrer la femme et sa créativité : «Regrouper ces femmes artistes pour la Journée des droits de la femme, en mettant en avant quelques-unes de leurs créations est une manière de les honorer et de rendre hommage à leur talent.

Ces toiles attestent d’une variété de techniques et d’écoles, dont celles de l’abstrait et de l’impressionnisme.» Est-il simple de sélectionner une douzaine d’exposantes parmi l’ensemble des plasticiennes à Constantine et à l’est du pays ? «L’année dernière, pour la même célébration, nous avons organisé une exposition intitulée “Les Belles du Rocher” avec la participation d’une trentaine d’artistes. Aujourd’hui, nous avons opté pour quelques-unes seulement, des artistes confirmées.

Je tiens à rappeler que le musée n’est pas une galerie, il choisit avec minutie les exposants», explique notre interlocutrice. Avec une présentation de trois tableaux en moyenne, ces artistes-peintres, lors du vernissage de dimanche dernier, ont dévoilé leur passion, leur quête personnelle, mystique parfois. «Je puise en moi cette lumière intérieure pour lui donner forme. Je transporte mes états d’âme sur les toiles, mes couleurs sont instinctives», nous confie Farida Benmahmoud. L’artiste n’est pas diplômée des beaux-arts.

C’est une autodidacte qui, à un moment de sa vie, s’est intéressée à la peinture. «J’ai commencé sur le tard en m’initiant au figuratif et au semi-figuratif. J’ai pu percer dans le milieu grâce à un petit don et à énormément de patience». Et ça lui a fortement réussi. Les regards étaient rivés sur ces toiles aux différents tons de bleu et d’indigo. Une superposition de nuances qui captive, fascine. Elle magnifie l’inspiration qui jalonne son trajet. «Une démarche qui s’oriente vers la découverte d’autres techniques, d’autres supports, pour faire évoluer son travail au fil du temps et donner plus d’impact à sa créativité. Chercher et comprendre l’histoire de l’humanité, c’est aussi s’ouvrir sur l’universalité afin d’atteindre sa propre liberté intérieure.»

Plurielles et individuelles

Chacune de ces artistes a dessiné son cheminement ou sa trajectoire. Chafika Bendali-Hacine a exposé quatre tableaux. «Derrière chaque toile, chaque couleur, il y a une histoire. Je traduis des situations, des faits, je les immortalise», explique-t-elle. A l’exemple de deux peintures représentant des ombres aux couleurs chatoyantes qu’elle a réalisées en 2011, lors du printemps tunisien. Une autre facette de l’art, celle de la mosaïque, a été incarnée par Farida Aberkane. Elle donne un cachet esthétique à des supports en verre ou en bois.

Une passion qui l’a prise tardivement, mais pour laquelle elle s’arme de beaucoup de patience. D’autres peintres connus à Constantine, Annaba et Sétif ont été aussi de la partie, dont Zahia Hachache, Latifa Boulfoul, Mimia Lichani et Nedjoua Seraâ. Celle-là et toutes les autres n’ont pas démérité. Avec toute la sensibilité qui les caractérise, elles ont sublimé à travers «Bassamat Niswiya» leur journée, leur combat et leur particularité.

El-Watan.com