Les cadres de Sider El Hadjar interpellent Yousfi

  • 1 mois il y a
  • 11 Vues
  • 0 0

Le complexe sidérurgique Sider El Hadjar est au cœur d’une affaire aux relents d’un scandale. Selon des cadres dirigeants de l’usine, la direction générale vient de conclure un contrat de location d’engins de travaux publics pour une durée d’une année.

Selon le bon de commande, cette transaction a été conclue avec l’EPE Tonic industrie contre plus de 1,06 milliard de dinars pour une durée d’un an, dont le montant est non révisable, selon l’article 11 du contrat.

La commande, dont El Watan détient une copie, a été signée de gré à gré le 13 juin 2018 par Chemseddine Maâtallah, le PDG de Sider El Hadjar. D’aucuns dans l’entreprise s’interrogent sur la particularité de ce marché pour qu’il soit passé de gré à gré. Pis, la facturation des engins est établie par jour et non par heures d’exploitation. Interpellant directement Youcef Yousfi, le ministre de l’Industrie et des Mines, ces cadres attirent son attention sur le mode de passation du marché en gré à gré, appliqué pour l’attribution de cet important marché avec une entreprise sans vocation sidérurgique.

«La présente commande a été conclue entre les deux parties de gré à gré conformément aux règles de commercialité en vigueur», lit-on dans l’art. 3 du bon de commande. Si le PDG de Sider El Hadjar se considère libre de conclure des marchés importants de gré à gré, pourquoi n’applique-t-il pas la même procédure avec la totalité des marchés, s’interrogent-ils.

Est-ce-que la loi n’autorise pas le recours au gré à gré lorsqu’il s’agit d’un contrat entre EPE ? Non, répond Me Nasreddine Lezzar, expert en arbitrage économique. Selon lui, «l’article 07 du code des marchés publics retire à son champ d’application les contrats passés par les institutions et les administrations publiques, et les établissements publics à caractère administratif entre eux. Les EPE ne sont pas des administrations ni des instituions publiques».

Contacté, Chemseddine Maâtallah s’explique : «Nous ne sommes pas soumis au code du marché public.» Cependant, la dénonciation des cadres de Sider El Hadjar de cette transaction est motivée, selon eux, par les faibles finances de leur usine, sachant qu’elle intervient au moment où le complexe passe par une période de turbulences sociales et une perturbation de production. «La qualité de la fonte est actuellement au plus bas de son niveau. Son taux en silicium est très élevé, ce qui ne permet pas son exploitation au niveau de l’aciérie.

Pis, les multiples arrêts du HF n°2 suite aux différentes pannes plaident pour un éventuel long arrêt. Avec cette situation, la direction générale a trouvé le moyen de conclure un marché de prestation de 1,06 milliard de dinars. A moins qu’on aille puiser dans l’enveloppe destinée à la deuxième phase du plan de redressement interne (PRI). Ce qui représente une atteinte flagrante au fragile avenir de notre complexe sidérurgique», dénoncent-ils.

Et pour étayer son constat, la même source affirme que Sider El Hadjar «compte acquérir auprès du complexe algéro-qatari AQS Bellara (Jijel) des milliers de tonnes de rond à béton pour en faire la revente. A défaut de le produire et le commercialiser, notre entreprise est passée à un stade inférieur pour devenir un revendeur d’une usine concurrente. Grandeur et décadence».

Qualifiée d’erreur de gestion, ce contrat de trop vient se greffer aux nombreux problèmes dans lesquels patauge l’entreprise Sider El Hadjar. Au conflit syndico-syndical qui a failli faire exploser la paix sociale dans le complexe, devenu une arène pour la récupération politique, il faut ajouter les multiples casquettes de responsabilité de Maâtallah Chemseddine.

En effet, ce dernier cumule à la fois les postes de président du conseil d’administration (PCA) de Sider El Hadjar et de Emirat Dzair Steel (EDS), une entreprise algéro-émiratie en phase de concrétisation au sein même du complexe El Hadjar.    

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

El-Watan.com