Les deux maisons historiques oubliées

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En ces derniers jours du mois d’octobre 1954, le village d’Ighil Imoula, dans la commune de Tizi Ntléta, au sud de la wilaya de Tizi Ouzou, allait entrer dans l’histoire de l’Algérie. Au café du village, des coups sur les tables, des cris de victoire et autres s’entendaient à plusieurs mètres à la ronde.

Les joueurs de dominos ont bien assuré leur mission. On ne pouvait rien entendre de ce qui se faisait et se disait à quelques mètres de là. On ne pouvait pas entendre le bruit de la machine à écrire, ni celle de la ronéo qui imprimait la Proclamation de Novembre du FLN. Le vacarme dans le café était voulu. Dans la maison au-dessus qui appartenait à Idir Ramdane, les premiers militants tiraient la Proclamation de Novembre après qu’elle fut dactylographiée dans une maison un peu plus loin qui appartenait à un autre chahid, Benramdani Omar.

Aujourd’hui, après  64 ans, Ighil Imoula a bien changé, mais ces deux maisons historiques, reconnues comme patrimoine national et culturel depuis 2015, n’ont bénéficié d’aucune attention particulière de la part de l’Etat. La première appartenant à Iddir Rabah, ayant abrité la naissance de la Proclamation de Novembre, est presque en ruine.

Elle n’a été ni réhabilitée ni restaurée. «Bien que ce haut lieu de la Révolution ait été reconnu patrimoine national et culturel, son entretien et sa restauration ne sont pas encore à l’ordre du jour. A ce rythme et en cas de saison hivernale rigoureuse, son effondrement est probable. Il faut faire vite si on veut préserver ces hauts lieux de l’histoire de la Révolution algérienne» a appelé Laïche Yazid, guide du village. Un peu plus loin, se trouve la deuxième maison appartenant à Benramdani Omar, lieu où le journaliste Laichaoui Mohamed avait dactylographié ce texte historique.

Aujourd’hui, c’est son propriétaire, Benramdani Bachir, qui a procédé par ses propres moyens à sa réhabilitation tout en gardant sa forme initiale. «Quand j’avais besoin d’aide, personne ne s’est manifesté. Maintenant, je n’ai besoin d’aucune assistance. Cette maison est certes patrimoine national et culturel mais c’est aussi mon bien», rappellera Benramdani Bachir.

Un autre jeune du village notera : «Bien que notre village ait été le berceau de la naissance de la Révolution algérienne et qu’il ait aussi donné les meilleurs de ses hommes et de ses femmes à la guerre de Libération, nous n’avons bénéficié d’aucune récompense, ni reconnaissance. En entrant à Ighil Imoula rien n’indique que l’on est dans un village révolutionnaire qui a vu naître la Proclamation de Novembre.

En fait, notre village est semblable à tous les villages de la wilaya.» Dans ce village, de nouvelles bâtisses côtoient les anciennes maisons de pierre et de terre qui sont toujours là, debout, fières et résistantes et témoins de notre histoire, mais Ighil Imoula reste dans l’oubli, depuis plus de 56 ans. 

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