Les entreprises de production mises à mal : Les effets néfastes de la chute du dinar

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Les entreprises de production mises à mal : Les effets néfastes  de la chute du dinar

Source de renchérissement généralisé des coûts à l’importation, mais aussi des prix domestiques à la consommation, la dépréciation du dinar algérien par rapport aux principales devises fortes pénalise grandement la production locale et compromet, dès lors, les perspectives de diversification de l’économie nationale.

Cotée à 1 dollar pour un peu plus de 80,5 DA il y a à peine quatre ans, la monnaie nationale, érodée par l’impact de la crise pétrolière et financière, a connu une chute drastique ces quelques dernières années, s’échangeant désormais à 118, 5 DA pour un dollar lors de sa dernière cotation au marché officiel des changes.

Vis-à vis de la monnaie européenne unique, le dinar s’est également déprécié très considérablement, l’euro valant actuellement plus de 134,9 DA, contre une parité de près de 107 DA en 2014. Selon les évaluations officielles de la Banque centrale, le dinar algérien de 2017 en moyenne annuelle vaut ainsi 27,4% en moins que celui de 2014 par rapport au dollar, et 14,7% en moins par rapport à la monnaie européenne unique.

Rapporté à la moyenne des taux de change des neuf premiers mois de l’année en cours, comparativement à 2014, le niveau d’érosion du pouvoir d’achat de la monnaie nationale vis-vis du billet vert atteint même plus de 30%, selon les mêmes évaluations. Ceci, alors que certains experts et observateurs, à l’instar de l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, Badreddine Nouioua, n’hésitent pas à évoquer une chute globale de la valeur de la monnaie nationale, pouvant atteindre jusqu’à 40%, depuis les premiers signes de la crise pétrolière de 2014 et l’effondrement des fondamentaux de l’économie nationale qui s’en est suivi.

Dans ce contexte à tous points défavorable, la sphère productive nationale déjà si peu compétitive se voit sérieusement mise à mal, tant par les surcoûts induits par le renchérissement à l’importation des intrants indispensables à la production que par l’impossibilité d’ajuster en conséquence les marges et les prix de vente, sous peine de perdre encore davantage en compétitivité. La dépréciation du dinar, résume en ce sens Badreddine Nouioua, impacte très négativement «et la consommation et la production nationales».

Pour produire et diversifier l’économie, explique-t-il, «il faut importer des équipements et des intrants pour pouvoir investir…» Or, dans la conjoncture actuelle, tranche notre interlocuteur, «l’érosion de la valeur du dinar décourage complètement l’investissement par l’effet de renchérissement qu’elle engendre sur les coûts de production».

De nombreux opérateurs économiques locaux, relève l’ancien gouverneur de la Banque centrale, «sont aujourd’hui en grande difficulté et certains sont même poussés à abandonner leurs activités de production face aux surcoûts qu’ils doivent supporter, en raison de la forte dépréciation du dinar». Aussi, ajoute-t-il, la chute du taux de change de la monnaie nationale n’induit que des effets négatifs, la facture du pays à l’importation ne baissant que très légèrement, tandis que les produits locaux deviennent encore moins compétitifs et les exportations en hors hydrocarbures demeurent toujours des plus marginales.

En définitive, souligne notre interlocuteur, la forte érosion de la parité du dinar provoque non seulement un renchérissement des coûts et charges à la production, mais aussi une contagion visible aux prix des produits locaux, dès lors que la plupart des intrants sont importés et payés en devises fortes. De plus, conclut-il, la forte dépréciation observée ces dernières années a grandement favorisé les pratiques très dommageables de fuites de capitaux vers l’étranger.

El-Watan.com