Les institutions mobilisées pour le 5e Mandat : Bouteflika candidat du FLN ou de l’État ?

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Les institutions mobilisées pour le 5e Mandat : Bouteflika candidat du FLN ou de l’État ?

Lourdement affaibli par un accident vasculaire cérébral qui a affecté, en 2013, sa locomotion et ses cordes vocales, le président Bouteflika a fait savoir hier, par écrit, son intention de se succéder à lui-même.

La décision n’a pas surpris. La veille, le FLN avait fait le plein à la Coupole du 5 Juillet, à Alger, pour appeler Bouteflika, représenté par des posters géants, à un 5e mandat. Le rassemblement a drainé une foule nombreuse, ramenée par bus des quatre coins du pays, pour plaider «la continuité» d’une ère marquée par une montrée en puissance de la rapine et de la corruption.

Et avant même que l’annonce écrite de Bouteflika ne soit largement médiatisée par l’agence officielle (APS), l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, s’est montré avec le costume de directeur de campagne. Il apparaît comme chef d’orchestre de ce show médiatique au milieu de nombreux ministres en fonction et de personnalités du FLN, entre les exclues de cette formation et celles ayant rejoint ses rangs, sous l’ère de Abdelaziz Belkhadem et Amar Saâdani.

Les images des membres de l’Exécutif en train de hisser les portraits de Bouteflika, déclarant qu’il est «le candidat» du FLN, pour un 5e mandat ont plus choqué qu’étonné, d’autant que des appels ont été lancés pour la collecte de signatures et le démarrage de la campagne électorale au profit d’un candidat invisible.

Comment peut-on demander à une assistance nombreuse de se lancer dans la collecte des signatures avant même le retrait des formulaires auprès du ministère de l’Intérieur, une fois la lettre d’intention de candidature déposée auprès de ce département ? Hier, l’agence officielle a traité l’annonce de candidature du Président à un 5e mandat, comme un communiqué de la présidence de la République, lui consacrant de longues et nombreuses dépêches. Aucun des autres candidats, même les plus potentiels, appuyés par des partis politiques, n’ont bénéficié d’une telle couverture.

Certains ont été totalement occultés et d’autres à peine cités. D’autres questions se posent également sur les capacités physiques du Président à briguer un autre mandat avec une santé lourdement affectée qui ne lui permet plus, depuis 2013, d’aller à la rencontre des citoyens ou encore à gérer le pays. Tout comme en 2014, Abdelmalek Sellal, sorti par la petite porte, il y a quelques années, va vendre, aux Algériens, cette image affligeante d’un candidat attaché sur une chaise roulante et incapable de prononcer un mot ou de bouger sa main. Il trouvera un médecin qui signera une attestation de bonne santé, que le fraîchement désigné, président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, longtemps son conseiller (après avoir demandé son départ de la même institution pour des raisons de santé) va valider sans hésitation.

El-Watan.com