Les travailleurs du groupe Alrecc sans salaires depuis 4 mois : «On en a marre de la hogra !»

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Adossé à un mur en béton hier à Boumerdès, Mendrani Ahmed (49 ans) regrette le jour où il est venu travailler à Alrecc, l’Algérienne des réalisations et construction du Centre, un groupe qui englobe 16 filiales à l’échelle nationale.

Tenant un bout de pain entre les mains, ce père de quatre enfants, dont une fille handicapée à 100%, habite à Ksar El Boukhari, dans la wilaya de Médéa. «Je travaille, je dors et je mange à l’intérieur du chantier. Je pars une fois par mois à la maison. Je travaille à la filiale EBA (entreprise du bâtiment d’Alger) depuis 1989. Mais je suis toujours contractuel. Mon salaire de base ne dépasse pas 17 000 DA.

Avec les primes, j’atteins 23 000 DA. Malgré cela, on n’a pas été payés depuis 4 mois. Je n’ai même pas de quoi acheter une baguette de pain», fulmine-t-il. Son collègue d’infortune, Boukouia Mohamed (52 ans), lui, est originaire de Mohammadia, dans la wilaya de Mascara. «Je vis à crédit. Cela fait six semaines que je n’ai pas vu ma famille. Moi aussi j’ai 20 ans d’expérience à EBA, mais je ne suis pas encore permanisé», lance-t-il.

Vieillis avant l’heure, ces deux pères de famille ne sont pas les seuls à être sous-payés pour le travail pénible qu’ils assurent depuis des années sur les chantiers. Hier, ils étaient plus d’une centaine à avoir observé une grève illimitée pour exiger le versement des salaires des quatre derniers mois ainsi que trois mois de congé.
«Ils n’y a pas que nous qui sommes dans cette situation.

Tous les travailleurs du groupe Alerecc n’ont pas été payés depuis plusieurs mois. On est plus de 3500 à l’échelle nationale. Il n’y a que nos responsables qui perçoivent leurs salaires à tempset nos collègues de la filiale de Ain El Beida», dira un employé.

Et d’ajouter : «Nous sommes considérés comme des esclaves. Barakat, on en a marre de la hogra.» Selon lui, 80% des effectifs du groupe sont des contractuels. «On n’a ni convention collective, ni le droit aux œuvres sociales. Le syndicat du groupe est vendu, alors que celui de la filiale a été créé en novembre dernier.

Ils n’ont jamais défendu nos droits alors que notre paie ne peut même pas couvrir les frais du pain et du lait. La prime de panier est fixée à 250 DA et celle du transport à 100 DA. On a droit au repos que le vendredi. C’est de l’exploitation déguisée. Même les tenues de travail, ce sont nous qui les achetons», s’emporte un autre ouvrier.

Apostrophé sur place, le secrétaire général du syndicat pointe la mauvaise gestion de l’entreprise, précisant que des milliards de créances détenues auprès de l’OPGI et autres organismes ne sont pas encore honorées par nos responsables. «Même Citim de Boumerdès pour le compte duquel nous sommes en train de réaliser deux blocs administratifs tarde à nous paye », ajoute-t-il. Arrivé en milieu de journée pour parler avec les protestataires, le directeur d’EBA, Lokmane Oulounis, a refusé de répondre à nos questions.

Bien qu’il leur ait promis le versement incessamment de deux mois de salaire, les grévistes ont refusé de reprendre le travail.

El-Watan.com