Lettre adressée par un civil aux généraux de l’Armée nationale populaire

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Un certain regard citoyen

Dans mon village de Youks-les-Bains, au début des grandes vacances d’été, lorsque j’étais enfant, j’attendais avec des camarades le retour de nos cadets de la Révolution, de nos jeunes militaires et des appelés lors de leurs permissions, sans parler aussi, par excellence, de la rentrée de nos immigrés, une fois sur deux, car les billets du voyage étaient trop chers.

Les militaires nous apportaient du rêve, du civisme, de l’assurance, de la fierté, car le patriotisme ne manquait pas. Quelques années après, mon grand frère a choisi l’armée, et moi, en écoutant les anecdotes de nos travailleurs à l’étranger, j’ai continué au lycée.

Avec l’argent du maigre salaire de nos jeunes militaires, les parents paysans complétaient le bout du mois difficilement, car la sécheresse ravageait notre région depuis une décennie. Les nôtres subvenaient à leurs besoins vitaux et se séparaient des toits en plastique pour les remplacer avec des matériaux solides, dalles et balcons. Enfin, les familles s’abritaient du froid, du vent, de la pluie et de la neige.

Ces bâtisses nous ont apporté de la stabilité pour nous projeter dans l’avenir. Et, Aujourd’hui, grâce à nos militaires et à nos diplômes, toutes les habitations de notre village sont dallées !

Avec leurs bourses, les frères et les sœurs savouraient les petits cadeaux. En l’absence de la TV et de la presse, les engagés nous informaient des nouvelles du reste de l’Algérie et du monde.

Par la suite, lors de mon passage à l’université d’Alger, durant la guerre froide et les conflits géo-stratigraphiques, j’ai découvert l’importance d’une armée forte, avec l’espoir que la nôtre le sera .

C’est à ce stade et au début de ma jeunesse que j’ai saisi le rôle de cette institution dans la stabilité du pays, à conquérir et à défendre l’Algérie.

Dans mon patelin, à chaque fois que nos militaires montaient d’un grade, nos parents ajoutaient des escaliers et des étages pour le reste de la famille. Ils envoyaient les enfants aux grandes écoles, ils soignaient nos mères et nos filles s’habillaient à la mode. Après des années, mon jeune frère intégrait l’université, et moi je sortais avec quatre diplômes d’une grande faculté à Paris.

Grâce à l’homogénéité et à l’évolution de l’armée, beaucoup d’Algériens de toutes les régions fréquentaient les écoles, les instituts et les universités. Actuellement, nous, société civile, en notre possession, le stylo, le cahier, le livre, le micro, la science, la connaissance, les recherches, les arts, mais malheureusement pas la politique. Les militaires tiennent, à eux, les armes, la technologie et le savoir-faire en termes de défense. Ensemble, nous formons une seule Algérie. Et dans ce but, avec ce changement demandé : non au cinquième mandat, nous nous tenons la main fraternellement.

Nous bâtissons l’Algérie de demain. Seulement les règles démocratiques doivent définir les responsabilités des uns envers les autres. Les militaires ont pour mission de protéger les frontières, les biens et les individus et de détruire toute agression. Et nous, en harmonie et en parallèle, nous apportons le développement, la paix, le savoir, le progrès et la participation politique.

Avec l’âge et l’ouverture de l’esprit, les militaires de ma génération sont devenus des gradés, des hauts responsables, des généraux diplômé(es)s des hautes académies internationales et parlant jusqu’à 4 langues. Aussi, ils sont devenus de grands écrivains, des professeurs et des grands stratèges, des intervenants et des visionneurs omniprésents dans des secteurs porteurs.

Cette armée est une principale composante de ce peuple, et au grand jamais, elle ne se dissociera et ne se solidarisera de son âme et de son rêve. Et certainement elle s’aligne sur ses aspirations à son épanouissement et à son avenir. Aussi, à ses changements tant attendus, l’armée algérienne est une base arrière pour son bien et son existence. Que tout le monde sache, l’arme que tient notre militaire, elle est orientée vers l’extérieur, un outil pour stopper l’ennemi et refuser toute ingérence. En aucune manière, rien ne justifie que cette arme soit dirigée vers le peuple algérien !

Nos généraux sont conscients et responsables devant l’histoire s’ils empêchent la volonté du peuple ou tentent de détourner les revendications de la jeunesse dans la paix et la sérénité.

Ce peuple exige le départ de ce régime, ne souhaite pas sa reconduite, refuse et rejette ce cinquième mandat. Nous, société civile, sommes convaincus que nos militaires entendent ce message avec analyse et éventuellement avec prudence et sagesse. Vu l’image de notre armée d’aujourd’hui, moderne et exemplaire, les militaires ne sortiront pas pour assiéger les citoyens qui militent pour un droit légitime. Ils refuseront d’être une matière de chantage d’un parti politique, d’un clan, d’une mafia, d’une force obscure ou des gens de l’ombre, sans oublier d’autres absents de notre territoire.

Dans ces moments difficiles, vu la maturité et l’expérience dans la gestion du pays, ils feront le bon choix. D’accepter l’exigence du changement pacifique et d’adhérer aux réclamations et à la demande de la rue, et par conséquent, ils seront des héros et des protecteurs. Seulement par cet attitude, ils éviteront le versement du sang des Algériens comme par le passé. Malgré des erreurs de compromis, l’institution militaire a assumé ses responsabilités par rapport aux politiques.

Dans son principal fondement, elle est populaire., elle n’était ni Chadliste ni Khalidiste ni Lamariste et elle ne sera jamais Gaidiste ni Bouteflikiste. Les grades tombent, les hommes partent, l’institution reste.

Nos jeunes cadres militaires ne soyez à la merci de personne, ni au discours des opportunistes, les militaires ne seront pas aveugles pour opprimer, saccager, détruire, saboter, de casser les acquis de ce peuple. Dans le passé, au nom de la patrie, des malintentionnés ont utilisé l’armée dans l’intérêt d’un clan contre un autre et pour remplir des comptes bancaires de quelques uns de la hiérarchie. Les historiens n’oublieront pas de mettre noir sur blanc que de bons et loyaux militaires ont été manipulés pour que certains incompétents arrivent à tenir le pouvoir.

Aujourd’hui, Malgré son évolution et ses jeunes cadres, les partis politiques du pouvoir et des hommes d’affaires s’enrichissent avec l’argent du peuple. Des individus qui s’emparent par des moyens illégitimes des richesses du pays veulent à tout prix salir et utiliser l’institution, afin qu’elle fasse sortir les chars et les forces militaires pour opprimer le peuple. Et le comble, la mettre à genou par défaut , la pointer du doigt et traduire les donneurs d’ordres en justice.

Les fantasmes et l’imagination ne gouvernement pas notre peuple et ne commandent pas nos généraux. A chaque fois, nos hauts gradés ont tenu le cap en rappelant nos dirigeants à l’ordre, au devoir, à la loi, à la ligne et à la mise des points sur les i… Et pour ne pas commettre les erreurs d’un passé révolu, ils ne manqueront pas cette fois-ci d’être à l’écoute par prise de conscience et par devoir.

A titre de rappel, les jeunes de ce peuple forment la colonne vertébrale de l’armée, de ses forces et de ses atouts. Nos militaires ne sortent pas pour tuer les frères, humilier les sœurs, battre les mères et rouler dans la boue les patriotes. Au nom de quoi ? Pour quel intérêt se comporter de la sorte ? Ils ne s’opposeront pas à la majorité qui désigne actuellement l’ensemble des mouvements qui contestent les décisions de ce pouvoir et de ses détenteurs depuis 20 ans.

L’existence de l’armée comme institution solide est ancré au cœur de la société civile, revendicatrice, existante et contemporaine. Pour assainir son équilibre, cette armée a besoin d’un vis-à-vis, d’institutions démocratiques, de politiques loyaux et d’interlocuteurs intègres. Il est temps !

Le militaire algérien est protecteur, et en aucun cas il ne sera l’ennemi du peuple, il ne se mettra au service ni d’un clan ni d’une mafia. L’armée ne devrait pas recevoir d’ordres des ignorants et ne devrait pas être ni devant ni derrière une caste. Dans l’intérêt collectif, elle s’opposera à ces pillards qui profitent des biens de ce pays et accaparent le pouvoir financier et politique.

Les militaires algériens, dont les généraux ne feront l’objet d’aucune manipulation. Ils sont aussi pour le changement dans le calme et la paix, écoutent la voix du peuple et les cris des enfants, dont les siens. Non à un cinquième mandat, c’est un mandat de trop, même pour eux et pour leurs familles…

Durant les années à venir et avec nos militaires, non seulement nous construirons des maisons avec dalles, terrasses, façades, étages et jardins à nos familles. Nous assurerons une meilleure vie, nous mettrons en œuvre de grands projets dans le but de répondre aux besoins de nos enfants.

Notre armée est une force structurée, formée d’individus diplômés, complémentaires dans la construction du pays. Elle ne sera jamais fusionnelle, ni avec un pouvoir fantôme, ni avec une dictature militaire, ni à l’origine d’une guerre civile. A toutes les sensibilités, dont les militaires, coupez l’herbe sous les pieds de gens qui feront de cette fin celle de l’Algérie, et anticipez le changement.

Des scientifiques, des artistes, des idéologues et des politiques parfois opposés, avec ce refus, ont le même combat sur le plan juridique et politique que les militaires. Le rejet de ce mandat est un objet plus strictement civil. La rue, par son expression, par son opposition à ce pouvoir et quels que soient les courants politiques, les idéologies, les tendances, l’armée doit garantir cette revendication et barrer la route aux oppresseurs et éviter tout ordre informel. Elle peut être un pilier fédérateur à cette société civile qui véhicule une dynamique institutionnelle non violente.

L’armée algérienne doit estimer que ce totalitarisme supprime les libertés fondamentales. Dans cette période d’une grande importance, elle ne devrait pas cautionner l’encrassement de la société civile pour endurer à la tête de l’Etat un Président faible et invisible. Les affinités sociétales pour les civils comme pour les militaires sont communes à travers ce soulèvement populaire. Loin de toute étiquette, marchandage ou opportunisme. 

El-Watan.com