L’impact sur le milieu marin et les produits halieutiques est à surveiller et à évaluer périodiquement

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L’impact sur le milieu marin et les produits halieutiques est à surveiller et à évaluer périodiquement

TAHA Hamouche. DG de la pêche et des ressources halieutiques

– On sait que les océans sont envahis par le plastique qui met, dans certains cas, un millénaire pour se dégrader. Aujourd’hui, il se retrouve dans l’organisme du poisson que nous consommons sous forme de microparticules ou de nanoparticules. En a-t-on conscience au niveau ministériel et qu’est-il envisagé sur ce plan ?

La surveillance environnementale permet au secteur de mieux gérer l’effort de pêche et de classer les zones de pêche et d’aquaculture suivant les normes de sécurité sanitaire nationale et internationale. L’environnement marin et le littoral subit une charge polluante urbaine et industrielle dont l’impact sur le milieu marin et les produits halieutiques est à surveiller et évaluer périodiquement.

En collaboration avec plusieurs institutions d’analyse et de recherche intersectorielles, la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture (ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche) a mis en place un dispositif de suivi et d’évaluation de l’état de la salubrité des milieux et des produits de la pêche.

En 2015 et 2017, deux campagnes effectuées par le bateau scientifique du Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture Grine Belkacem, pour une évaluation de la pollution marine dans les colonnes d’eau, le sédiment et dans les produits de la pêche.

Dans les régions est et ouest du pays, des équipes intersectorielles régionales couvrent les opérations d’échantillonnage et d’analyse des milieux et des produits marins avec la contribution d’universitaires, de professionnels et associations.

– La création d’aires protégées marines — une bonne dizaine en attente de classement — a suscité des remous autant chez les professionnels comme à Jijel que chez les protecteurs de la nature comme à Bejaïa. A El Kala, des cages flottantes pour l’aquaculture ont été implantées dans l’aire marine du Parc national dont l’étude est finalisée depuis plusieurs mois. Y a-t-il eu une consultation mutuelle entre les départements ministériels pour ces activités en zones protégées ?

Aujourd’hui, à travers l’approche participative dans la mise en œuvre de la stratégie du secteur de la pêche et de l’aquaculture, notamment en ce qui concerne les mesures de gestion inscrites au titre de l’exploitation durable des ressources halieutiques — qui enregistre une diminution à l’échelle mondiale et dans l’espace méditerranéen auquel nous appartenons — nous constatons un réel engagement des différents départements ministériels concernés et une prise de conscience de la part de la société civile des avantages socioéconomiques et environnementaux des mesures de gestion et, entre autres, les récifs artificiels et les aires marines protégées.

Dans ce cadre de concertation et de mise en œuvre de la loi nº11-02 du 17 février 2011 (relative aux aires protégées dans le cadre du développement durable) et de la loi n°01-11 du 11 juillet 2001, modifiée et complétée (relative à la pêche et à l’aquaculture) deux décrets exécutifs, à savoir celui du 10 octobre 2016 fixant la composition, les modalités d’organisation et de fonctionnement de la commission nationale et des commissions de wilaya des aires protégées et le décret exécutif n°17-363 du 25 décembre 2017 relatif aux récifs artificiels, initiés respectivement par le ministère de l’Environnement et celui chargé de la Pêche, sont venus conforter et dynamiser la mise en pratique de ces outils de gestion, de protection, de conservation et de restauration des ressources biologiques marines, qui sont en totale harmonie avec la stratégie du secteur et soutenues par les professionnels de la pêche et les associations œuvrant pour la protection de l’environnement.

A cet effet, en notre qualité de membre de la commission nationale des aires protégées installée le 5 avril 2017 par arrêté du ministre de l’Environnement, nous avons déjà participé à l’étude de classement de l’aire protégée de Cap Lindles (wilaya d’Oran) ; après plusieurs séances de travail consacrés à l’examen de ce projet en tenant compte des différentes activités existants sur la zone d’étude, celle-ci a été classée, le 18 avril 2018, en réserve naturelle avec les prescriptions de préservation, de protection et de développement de l’aire protégée fixées d’un commun accord avec les différents département ministériels et les associations membres de cette commission.

Dans cette démarche de concertation, qui a mené à classer ce site en réserve naturelle comprenant une partie terrestre de 16,28 km2 avec une extension marine de 43 km2 qui offre une diversité faunistique et floristique remarquable qui contribuera certainement, par effet de réserve, à l’amélioration des rendements de la pêche au niveau des zones voisines fréquentées par nos pêcheurs, je vous informe qu’il n’y a aucune cage flottante réservée à l’aquaculture installée au niveau des aires marines protégées.

Par contre, l’île Paloma, dans la wilaya d’Oran, a été classée en «réserve de gestion des habitats et des espèces» le 17 septembre 2018. Des études de classement des aires marines protégées de Taza et de Gouraya, dans la wilaya de Jijel — que vous avez citées — et le lac de Réghaïa dans la wilaya d’Alger, sont en phase d’étude au niveau des commissions installées à cet effet.

Dans l’acte de classement, ces commissions fixeront d’un commun accord les prescriptions de préservation, de protection et de développement de l’aire protégée en fonction des sept catégories de classement, à savoir «parc national», «parc naturel», «réserve naturelle intégrale», «réserve naturelle», «réserve de gestion des habitats et des espèces», «site naturel» ou «corridor biologique». Les mécanismes mis en place sont fonctionnels.

Les dossiers en attente de classement sont donc pris en charge. Cette dynamique conforte notre approche de gestion intégrée des activités maritimes qui vise un développement économique durable qui s’inscrit dans les principes de l’«économie bleue».

– L’atelier de Aïn Benian, qui s’est distingué par la forte participation des acteurs concernés par la pollution et les AMP, a retenu le projet de constitution d’une commission interministérielle de lutte contre les microplastiques et les plastique en mer. Quel engagement peut prendre le DGPA pour concrétiser ce projet ?

L’atelier national sur la pollution plastique et les aires marines protégées (AMP) qui s’est tenu à la DPRH d’Alger, à Aïn Benian, le 4 octobre 2018, en coordination avec le réseau Probiom, a eu pour objectif d’encourager la concertation entre les différents acteurs en vue de mieux coordonner les efforts pour répondre aux enjeux et aux défis relatifs à la promotion des aires marines protégées et la lutte contre la pollution plastique en Algérie au vu d’une gestion durable des ressources aquatiques.

A travers cette démarche, nous avons créé un groupe intersectoriel et interdisciplinaire composé d’institutions activant dans le domaine de l’analyse des microplastiques, de la surveillance et du traitement de ces déchets toxiques, pour présenter un état des lieux de ces polluants tout le long du littoral algérien et étudier leur impact sur l’environnement main et la ressource halieutique, conformément à la stratégie de surveillance mise en place par le secteur de la pêche.

Un premier atelier pour la présentation des résultats collectés par les institutions membres du groupe sera organisé, fin octobre 2018, au niveau de l’Institut national de la santé publique sous tutelle du ministère de la Santé publique et de la Réforme hospitalière, conformément aux recommandations de la rencontre de Aïn Benian.

 

– Taha Hammouche né en 1975 à Alger, titulaire d’un diplôme  de l’Ecole supérieure de commerce en 1997,  Taha Hammouche a pris ses fonctions dans le secteur de l’agriculture et du développement rural en 1999 ; il a occupé plusieurs postes :  directeur d’étude, puis directeur des finances et de la comptabilité à la Direction générale des concessions agricoles, un organisme public chargé de la mise en valeur des terres par la concession ; il est nommé ensuite haut commissaire au développement de la steppe, une agence chargée de la politique de développement des zones steppiques et de la lutte contre la désertification et ce jusqu’en 2009, année où il intègre le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Il y est nommé  sous-directeur des statistiques, puis directeur d’étude auprès du secrétaire général et enfin inspecteur central. En 2016, suite à la fusion du ministère de l’Agriculture et celui de la Pêche, Taha Hammouche est désigné pour piloter le secteur de la pêche en prenant la tête de la direction générale de la pêche et de l’aquaculture. Il a également travaillé au Programme alimentaire mondial et comme conférencier à l’université de la formation continue d’Alger, dans le domaine du droit des affaires.

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