L’impasse politique éclipse la panne économique

  • 2 mois il y a
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Sur fond de cafouillage autour du prochain rendez-vous de l’élection présidentielle, l’impasse politique a éclipsé d’autres sujets qui devraient pourtant être au centre des préoccupations des Algériens les plus vulnérables. A l’incapacité structurelle de fonder un modèle économique performant et durable, s’est greffée une crise financière qui s’explique notamment par la division par deux des exportations depuis 2014, sous l’effet de la chute des prix du pétrole.

Certes, le pays n’est pas endetté. Mais tous les autres clignotants sont au rouge ou presque. Le Fonds de régulation des recettes (FRR) a été épuisé en février dernier. Les réserves de change ont été divisées par deux en trois ans. Les travailleurs sont touchés de plein fouet par une paupérisation grandissante et assistent, impuissants, à de fortes inégalités. Pour tenter de financer la dette publique et éviter la cessation du versement des salaires et pensions, le gouvernement a eu recours à la planche à billets, une solution de facilité aux conséquences désastreuses, entraînant l’inflation et la dégradation du pouvoir d’achat des Algériens. Une manœuvre ponctuelle qui ne suffit évidemment pas à remplir les caisses de l’Etat. Pendant ce temps, d’interminables processions de harraga fuient leur pays. L’Algérie n’a pas su diversifier son économie, les hydrocarbures constituent encore la quasi-totalité des exportations. L’agriculture et le tourisme pèsent peu, alors que le pays regorge d’atouts.

L’Algérie est le 5e pays qui exporte le moins sa production agricole et peine aussi à attirer les IDE en dehors du secteur de l’énergie.
A ce tableau inquiétant, le ministre de l’Energie n’a pas trouvé mieux que de jeter un autre pavé dans la mare. Répondant, jeudi dernier, aux questions des députés, Mustapha Guitouni a affirmé : «Si nous ne trouvons pas rapidement d’autres solutions pour couvrir la demande nationale en gaz, en hausse constante, nous ne serons plus en mesure, dans deux ou trois ans, d’exporter.» Une déclaration pour le moins surprenante ! Pourtant, les réserves prouvées de gaz naturel de l’Algérie sont estimées à 54 années de production au rythme actuel. Ces réserves classent l’Algérie au 5e rang mondial. Le discours alarmant du ministre ne tient pas la route. M. Guitouni suggérerait-il que la solution est le gaz de schiste ?

Les experts sont pourtant formels : cette énergie non conventionnelle est dangereuse pour l’environnement et ne pourra pas prendre le relais vu sa très faible rentabilité. Et puis, dire aux Algériens qui n’ont pas eu encore la chance d’accéder au gaz naturel que l’Etat n’est plus en mesure d’alimenter leurs foyers en cette énergie est tout simplement injuste. La solution est sans doute le développement des énergies renouvelables. En la matière, le gouvernement a certes annoncé un ambitieux programme. Mais six ans après cette annonce, en dehors de la réalisation de quelques projets pilotes et d’études sur le potentiel national, les réalisations se font attendre. En témoigne le surprenant abandon de l’ambitieux projet Desertec.

El-Watan.com