L’insupportable humiliation

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En déposant son dossier de candidature par le biais de son nouveau directeur de campagne, Abdelaziz Bouteflika a affiché son mépris à la face des Algériennes et des Algériens. Ils sont des centaines de milliers à exprimer leur rejet de cette 5e candidature, car elle constitue une entorse évidente à la Constitution, compte tenu de l’état de santé très dégradé de Bouteflika et elle est ressentie comme un affront par la majorité des Algériens.

Une humiliation insupportable, notamment pour les jeunes qui représentent près de 70% de la population. Ils ne sont pas près de céder sur leur revendication de mettre fin à ce système corrompu et corrupteur avec le départ définitif de Bouteflika et de la caste au pouvoir. On s’achemine vers une situation sociale et politique explosive.

D’aucuns se sont interrogés pour savoir pourquoi l’«establishment» s’entête à imposer la candidature d’un homme pratiquement en fin de vie ? Pourquoi il n’a pas désigné un candidat issu du sérail, sain de corps et d’esprit ? Ce questionnement taraude l’esprit de nombreux citoyens. Sauf que la logique des gens au pouvoir échappe souvent au bon sens.

La raison est pourtant simple. La caste au pouvoir a peur de devenir vulnérable, si jamais elle venait à «rendre les clés». Elle a bien profité de la manne financière au début des années 2000, jusqu’à assécher pratiquement les caisses de l’Etat.

La surfacturation des produits importés et surtout celle des «grands projets» a coûté plus de 200 milliards de dollars à l’Etat qui se sont retrouvés dans des comptes à l’étranger. Le dernier «grand projet» en cours de Bouteflika est la construction de la Grande Mosquée qui ne devait pas dépasser un milliard de dollars.

L’Etat a déjà débourser 3,4 milliards de dollars et les travaux ne sont pas achevés. De nombreux scandales ont éclaté au grand jour avec l’affaire de Chakib Khalil et Sonatrach, l’affaire de l’autoroute Est-Ouest, celle de la compagnie pétrolière italienne ENI, etc. La justice s’est vue confier ces dossiers de corruption sans donner suite. De nombreux nouveaux riches sont apparus sur la scène politique, y compris au sein de l’APN.

Donc, tout le monde trouve son compte avec Bouteflika et pourvu que son règne perdure. C’est également la position du chef d’état-major, le général de corps d’armée, Gaïd Salah, qui a scellé son sort à la tête de l’institution militaire avec celui de Bouteflika. Il lui aurait promis que personne ne le fera bouger de son «trône», tant qu’il sera là. Il est en train de tenir parole. Gaïd Salah pèse de tout son poids pour faire valider et maintenir la candidature du Président sortant. Son obstination et celle des responsables du FLN et du RND font peur.

Pourtant, les tenants du pouvoir ont tout intérêt à trouver les compromis nécessaire pour une sortie de crise qui éviterait au pays de plonger dans une situation incertaine. Ils sont en principe dans l’obligation d’être à l’écoute des citoyens qui se sont exprimés et qui s’exprimeront encore contre «la candidature de la honte».

El-Watan.com