Malgré la stratégie de diversification entreprise par l’Algérie : Les importations de blé français toujours dominantes

  • 3 jours il y a
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Malgré sa volonté affichée de diversifier ses sources d’exportation de céréales en prospectant du côté de l’origine russe – dont un lot d’essai devait être expédié en ce début d’année – et argentine notamment, l’Algérie reste fortement dépendante des cargaisons de blé en provenance de la France qui fournit annuellement environ 7 millions de tonnes de blé à notre pays.

N’étant autosuffisante en blé tendre qu’à hauteur de 10% en raison notamment de conditions climatiques défavorables, l’Algérie est dépendante à 90% des importations, dont une majorité écrasante de cargaisons acheminées depuis la France.

Selon le dernier bilan ayant trait aux exportations françaises vers les pays tiers, établi par FranceAgriMer, repris par le site www.meretmarine.com, il s’avère que l’Algérie prend toujours la première place des clients du fournisseur français avec une augmentation de 49% de ses importations de blés à 3,7 millions de tonnes, sur les sept premiers mois de l’année 2018 en comparaison avec 2016-2017.

Les pays d’Afrique subsaharienne viennent en seconde position, avec 645 604 tonnes, mais affichent, contrairement à l’Algérie, un nouveau recul de 28%. «Les pays africains ont ainsi, selon la même source, privilégié les blés d’origine russe. Si, auparavant, les décideurs africains donnaient une préférence aux blés français en dehors de toute considération de prix, la situation s’est inversée aujourd’hui», note le site d’information spécialisé indiquant que «le facteur prix est devenu déterminant pour ces pays».

Pour sa part, le site du cabinet Agritel relève que la compétitivité des blés français se traduit par des exportations affichées à 882 000 tonnes en décembre hors zone euro, «l’Algérie reste bien entendu notre premier client», note le site.

En négociant depuis quelques mois avec des fournisseurs russes, l’Algérie poursuit certes une démarche de diversification de ses fournisseurs, mais s’attache à un critère de qualité qui n’est pas toujours garanti par d’autres origines que celles du fournisseur «traditionnel» du pays. Un critère qui a été à l’origine d’un refus de cargaison de blé tendre importé d’Argentine au mois de janvier dernier du fait de la présence de quantités avariées.

L’Algérie avait refoulé, en effet, début janvier, une cargaison de blé en provenance d’Argentine pour un défaut de qualité, rapportait le 5 janvier 2019 l’agence Reuters. Le blé expédié vers l’Algérie était «en dessous des standards de qualité contractuels», selon ArgenTrigo, Chambre argentine de l’industrie du blé citée par Reuters. La partie argentine a expliqué que ce rejet et un «cas isolé», affirmant que «le blé argentin est généralement en bon état».

Le blé a été expédié par l’entreprise chinoise Cofco spécialisée dans le transport de céréales. «C’était une expédition de Cofco et le problème est que le blé n’était pas dans un excellent état. Il était déjà à moitié germé lorsque la cargaison a été chargée», a reconnu David Hughes, président d’ArgenTrigo, cité par Reuters.

L’Algérie est le deuxième plus grand client pour le blé argentin. En 2018, 900 000 tonnes de blé ont été importées de ce pays, pour une valeur de 160 millions de dollars.

La Russie tente une percée plus significative en 2019

Pour ce qui est de l’origine russe, il est attendu que l’année en cours soit une année test pour la Russie qui devrait livrer à l’Algérie son premier lot d’essai de blé, selon le ministère russe de l’Agriculture. «En Algérie, des limitations sur les grains punaisés des céréales sont en vigueur.

On discute actuellement de l’envoi d’un lot d’essai légèrement punaisé, ils pourront vérifier que cela n’influencera pas les caractéristiques des céréales», avait-t-il déclaré il y a quelques mois. «Nous avons un accord, le lot est prêt. Il s’agit de deux containeurs de 40 tonnes de céréales au total», a-t-il expliqué.

Les producteurs et exportateurs français de blé s’inquiètent, comme le relèvent plusieurs sources de la possible entrée de la Russie sur le marché algérien. La Russie et la France ont toutes deux augmenté leurs semis de blé pour la récolte 2019, ce qui augure d’une augmentation de la production.

Les fournisseurs français craignent que la Russie n’augmente les importations de blé au cours de la première moitié de la campagne 2019/20 et que l’Argentine en fasse de même au cours de la seconde moitié. Un scénario envisage un remaniement important du marché du blé en France pour faire face à la concurrence.

Pour le moment, le critère qualité est mis en avant en France pour faire émerger la production française – ayant pu décrocher dernièrement un appel d’offres de l’Egypte habituellement tournée vers la Russie –, mais les concurrents, notamment russes, affûtent leur stratégie en vue de répondre aux exigences précises des cahiers de charges du marché algérien.

La suite dépendra des résultats des expertises en cours pour le blé russe. Une expertise qui pourrait peut-être faire pencher la balance et permettre à la Russie de concurrencer à l’avenir la France sur les parts importantes à l’export hors zone euro, que représente le marché algérien pour les céréaliers européens.

El-Watan.com