Marché du travail : Plus de 5 millions d’emplois précaires

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Ils sont plus de 5 millions de travailleurs à être employés dans des conditions de précarité. Ce chiffre qui concerne l’année en cours a été révélé, hier, par la Confédération syndicale des forces productives (Cosyfop) à l’occasion de la Journée internationale du travail décent, célébrée le 7 octobre de chaque année.

La confédération confirme, dans un communiqué, que 60% des entreprises tous types confondus optent pour les contrats à durée déterminée (CDD). Selon Mellal Raouf, président de ce syndicat, ce type de contrat réglementé par la loi, qui le permet dans des conditions bien précises, est une porte ouverte à toutes les dérives qui contribuent dans la propagation de cette précarité : «Un contrat CDD est un moyen de harcèlements et un motif pour les salaires bas.

Le malheur est que ce type de contrat qui, selon la loi, est en relation avec la nature de l’emploi, qui doit être limité dans le temps, est le recours préféré des entreprises privées qui en profitent pour ne pas déclarer leurs employés mais aussi des entreprises publiques. Ces dernières emploient plus d’un million de travailleurs sous CDD. En plus, près de 4 millions d’employés sont privés de leur droit syndical. Et ceux qui activent dans ce sens  font face à une pression monstre, des poursuites en justice et des sanctions abusives

Selon Rachid Malaoui, président du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap), il y a plusieurs «indices» de précarité de l’ emploi en Algérie. Il s’agit de contrats CDD, de travail informel non déclaré à la Sécurité sociale et d’emplois sous-payés même sous CDI. «Nous figurons parmi les pays où les employés perçoivent les salaires les plus bas.

Un salaire tourne autour de 150 à 200 euros. Avec la dévaluation du dinar, ces salaires ne peuvent en aucun cas suffire. Notre dernière étude toujours en cours dévoile déjà la somme de 90 000 DA obligatoire pour faire survivre une famille de 5 personnes, loisirs non compris. Dans la conjoncture actuelle, la Fonction publique n’ouvre plus de postes budgétaires, favorisant ainsi la persistance des contrats temporaires et la précarité pour les employés vacataires, qui sont, d’ailleurs, de plus en plus nombreux», détaille Malaoui.

Pour ce syndicaliste, il est aujourd’hui important d’appliquer la loi, notamment pour l’informel. «L’ Etat doit changer de cible et aller vers les entreprises qui favorisent cette précarité et non les syndicalistes. Il faut également revoir, voire carrément enlever l’impôt sur le revenu global (IRG) qui fait diminuer les salaires.

Ces derniers doivent absolument être révisés afin qu’ils correspondent avec la nouvelle valeur du dinar. Il est aujourd’hui nécessaire d’avoir une entité indépendante et sérieuse qui puisse mener des études annuelles fiables sur le marché du travail et sur les augmentations annuelles des salaires afin qu’ils correspondent avec la valeur de la monnaie.» Selon une source au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, il n’existe pas encore d’«étude fiable» sur le marché du travail.

Cette dernière, qui doit provenir des entités connues pour leur «sérieux et crédibilité», comme le CNES ou l’ONS, doit fournir plusieurs éléments, dont essentiellement la définition exacte, selon les normes internationales, de l’emploi précaire. Selon notre source, un CDD n’est pas forcément un critère automatique de précarité. Toutefois, il est précisé qu’un nouveau système est en voie d’élaboration par le département de Mourad Zemali, qui permettra de paramétrer les conditions de travail en Algérie. 

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