Mouvement de protestation contre le 5e mandat : Les universités en état d’alerte…

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Mouvement de protestation contre le 5e mandat : Les universités en état d’alerte…

Le mouvement de protestation contre le 5e mandat se poursuit. Après les marches populaires, c’est au tour des étudiants universitaires d’exprimer pacifiquement, aujourd’hui, leur colère contre la candidature de Bouteflika à sa propre succession pour un 5e mandat.

Largement diffusés sur les réseaux sociaux, les nombreux appels se rejoignent pour exhorter les étudiants à se rassembler, dès 10h, à l’intérieur des universités de l’ensemble du pays. «Vous, élite de la société algérienne, il faut que vous vous exprimiez contre le 5e mandat à travers votre droit constitutionnel à manifester pacifiquement à l’intérieur des universités le 26 février dès 10h (…) Rassemblez-vous sur les lieux avec des pancartes exprimant votre position.

Préservez le caractère spontané et pacifique du rassemblement. M. le Président, merci pour ce que vous avez fait, mais votre mission est finie», lit-on sur les premiers appels ayant été diffusés dès dimanche dernier. Très vite, les étudiants de plusieurs universités ont pris le relais. «Ils veulent nous faire partir, mais nous restons ici, parmi notre peuple.

Nous devons être nombreux sur les lieux de nos universités pour leur répondre (…) Nous voulons que notre voix contre le 5e mandat soit entendue en nous rassemblant tous dans l’enceinte de l’université (…) Vous devez être nombreux à vous exprimer à l’intérieur de l’université contre le 5e mandat, et surtout ne pas laisser les autres parler en votre nom», lit-on dans l’appel des étudiants de l’université d’Alger 1.

Avec un immense «NON au 5e mandat» décoré aux couleurs nationales, les étudiants de l’université de Bab Ezzouar interpellent leurs camarades avec un texte court mais très émouvant : «En tant qu’élite de la nation, il faut que le changement commence à notre niveau, de manière pacifique et exemplaire (…) Nous sommes l’avenir de ce pays, donnons une leçon d’éducation et de progrès (…) Il est temps de l’écrire avec l’union, le militantisme et la patience (…) Ils veulent que nous partions d’ici.

Non, nous restons (…) Soyez nombreux au rassemblement, faites-nous honneur, répondez massivement présents (…) Notre action contre le 5e mandat portera le nom de Taleb Abderrahmane…».

Abondant dans le même sens, les étudiants de l’université de Bouzaréah, à Alger, ont eux aussi lancé un appel à tous leurs camarades en leur disant : «Venez faire entendre vos voix en ce 26 février pour une manifestation pacifique contre le 5e mandat à l’intérieur de l’enceinte universitaire.»

Avec le même ton et la même insistance pour un rassemblement pacifique, de nombreux autres appels ont été diffusés sur la Toile bleue, dont ceux des étudiants de l’université de Ben Aknoun, des facultés de médecine et de droit d’Alger, ainsi que des Ecoles supérieures, comme l’Enp, l’Ensa et l’Epau qui se trouvent dans la capitale. Pour leur part, les étudiants en médecine de Constantine ont exhorté leurs camarades à être «nombreux à manifester à l’intérieur de l’enceinte universitaire contre le 5e mandat», en précisant que l’appel «concerne tous les étudiants de l’université Salah Boubnider».

Le même message a été diffusé par les étudiants de l’université de Larbi Ben M’hidi, d’Oum El Bouaghi, Saad Dahleb de Blida.

A Béjaïa, les étudiants ont préféré appeler leurs camarades à marcher du portail de Targa Ouzemour jusqu’à la place Saïd Mekbel, alors que d’autres universités à l’est du pays ont opté majoritairement pour des rassemblements de protestation dans l’enceinte universitaire.

Pendant que les étudiants se préparent à exprimer pacifiquement leur colère, des appels anonymes incitent les lycéens à marcher dans la rue en cette journée du 26 février, qui coïncide avec le début de la grève de deux jours à laquelle ont appelé les syndicats autonomes du secteur de l’éducation, après l’échec des négociations avec la tutelle, suscitant des craintes de dérapages.

En tout état de cause, ce mouvement de protestation contre le 5e mandat prend de l’ampleur et risque de faire boule de neige dans les jours à venir.

Les rassemblements de dimanche dernier à Alger, ceux d’aujourd’hui dans les universités et les marches populaires prévues vendredi prochain ne sont en réalité que l’expression d’une indignation et d’une révolte contre ce système de la continuité, qui veut imposer le Président sortant, aphone, lourdement affaibli par la maladie qui l’a cloué, depuis six ans, sur une chaise roulante.

El-Watan.com