«Nous allons rendre hommage à Rachid Taha et Djamel Allam»

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«Nous allons rendre hommage  à Rachid Taha et Djamel Allam»

Abdelkader Bouazara, le commissaire du Festival international culturel de musique symphonique, se déroulant du 13 au 19 octobre à l’Opéra d’Alger, à la veille de cet événement, présente une 10e édition, celle de la maturité, rendant hommage aux regrettés Rachid Taha et Djamel Allam.

 

Le Festival international culturel de musique symphonique, se déroulant du 13 au 19 octobre à l’Opéra d’Alger, célèbre ses dix ans. L’édition 2018 est celle de la maturité…

Absolument !

Cette édition porte le numéro dix. Nous passons à une édition à deux chiffres. Ce qui veut dire que le Festival international culturel de musique symphonique grandit, prend de l’âge et évolue. Pour emprunter un peu le jargon du football, le n°10, c’est le capitaine, le maestro…

C’est la maturité, comme vous dites. J’insiste sur cela, notre slogan est le professionnalisme au service de la culture. Au service de l’art musical par excellence, la musique symphonique. La musique dite savante, académique…

Vous voulez dire offrir de la qualité, du professionnalisme collectivement…

C’est pour cela, lors de cette 10e édition du Festival international culturel de musique symphonique, nous devons rendre hommage à tous ces musiciens de talent qui se sont investis corps et âme pour cette musique symphonique depuis le début, dans les années 1990. Un labeur de longues années, de longue haleine. Ces musiciens ont sillonné les quatre coins du pays.

Même lors des années de braise, celles de la décennie noire, ils étaient là, avec nous, disponibles, motivés à partager cette belle musique symphonique au public de Relizane, Batna, Annaba, Tlemcen, Djanet…

Ils donnaient de l’importance à cette musique. Ce travail collectif, c’était comme de la résistance, je dirais même presque du militantisme. Puisque pendant ces années sombres, il n’était pas bon de révéler que l’on était musicien, chanteur, professeur d’université… Ce n’était pas facile à cette époque dramatique. C’est pour cela que je dois rendre hommage à toutes ces personnes-là, ces musiciens et autres professions y afférentes.

Il s’agissait de vulgariser, partager et «démocratiser» la musique symphonique à l’intérieur du pays…

L’Orchestre symphonique national, cette grande entité artistique sous l’égide du ministère de la Culture, avec le concours agissant des musiciens, a sillonné le pays pour sensibiliser d’une manière musicale et pédagogique les mélomanes de Khenchela, Oum El Bouaghi, Tiaret, Mascara, Batna, Laghouat, Tébessa, Tlemcen…

On a donné le meilleur de nous-mêmes pour que la musique règne dans notre grand pays, malgré les nombreuses difficulté financières, sécuritaires à l’époque. C’est pour cela qu’on doit rendre hommage à tous ces musiciens. Saluer le bien qu’il ont procuré à cet Etat, à la culture de ce pays. C’est l’un des rares orchestres au monde qui a attiré toutes les classes de la société. Toutes les classes sociales de notre pays.

De la première édition du Festival international culturel de musique symphonique, vous avez fidélisé un public de mélomanes…

Pour vous dire, nous avons un public jeune. Et cela, c’est formidable. C’est devenu une tradition. Le public ne cesse de s’agrandir. C’est un rendez-vous international incontournable. Je m’adresse à ces nombreux pays qui se sont manifestés pour y participer, en leur disant que je suis vraiment navré de ne pas les programmer. Cela est dû aux moyens du bord.

C’est difficile financièrement…

C’est une résistance. Cela n’est pas aisé pour nous. Nous nous sommes retroussés les manches.

Qui soutient ce festival ?

C’est le ministère de la Culture qui nous soutient et qui est à nos côtés. Je rends hommage à toutes les ambassades des pays participant au Festival international culturel de musique symphonique et qui ont toujours cru en cet événement musical. Ainsi que le soutien agissant et surtout capital de l’ONDA, l’Office national des droits d’auteur, à leur tête son DG, Sami Bencheikh, qui nous encourage. Grâce à l’ONDA, c’est son idée, en marge du festival à l’Opéra d’Alger, des concerts (des orchestres d’Ukraine et Syrie) seront donnés les 15 et 16 octobre au centre-ville d’Alger à la salle Afrique. C’est une première.

Quels sont les pays participants  ?

L’ensemble des pays participant au 10e Festival international culturel de musique symphonique sont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Autriche, la Chine, la République de Corée, l’Espagne, la France, l’Italie, le Japon, la Syrie, la République tchèque, la Tunisie, l’Ukraine… Cela fait 15 pays avec l’Algérie, bien sûr.
Et le pays d’honneur…

C’est l’un des pays qui a toujours été là, depuis la création de ce festival, en 2009. Il s’agit de ce grand pays, de cette grande musique qui est la fédération de Russie. Une grande nation de la musique universelle. Avec Tchaikovsky, Rachmaninov, Rimski-Korsakov, Chostakovitch…

Un hommage à Rachid Taha et Djamel Allam, disparus récemment, s’impose…

Il s’agit de deux frères Rachid Taha et Djamel Allam. L’un des derniers concerts de Djamel Allam était avec l’Orchestre symphonique national (OSN) sous la direction du regretté Rachid Saouli. Nous allons interpréter Abdelkader Ya Boualem en hommage à cet artiste emblématique Rachid Taha lors de l’ouverture, le 13 octobre, avec l’Orchestre symphonique de l’Opéra d’Alger et des musiciens russes sous la direction du maestro Amine Kouider. Nous rendrons hommage aussi à un grand chanteur, Djamel Allam, à travers Mara ad-youghal (Quand il reviendra).

Et vous vous imaginez, ce seront les Chinois – l’Orchestre philharmonique de Shenzhen – qui vont l’interpréter lors de la clôture du festival, le vendredi 19 octobre ! Les deux titres sont arrangés par le maestro Houcine Bouifrou.

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