«Nous regrettons de n’avoir pas donné de chance à Boudiaf…»

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Dans son livre témoignage intitulé Le soleil ne se lève plus à l’Est, l’ex-patron de la DGSE, Bernard Bajolet, ancien ambassadeur de France à Alger, a fait part de certaines indiscrétions sur ses deux séjours en Algérie. Il évoque approximativement la corruption «qui a atteint les sommets jusqu’à la famille du Président», ses «réserves» contre la restitution du canon Baba Merzoug, pour avoir riposté quatre siècles avant aux attaques des navires français contre Alger, mais aussi l’affaire Hasseni, qui a provoqué le gel des relations algéro-françaises durant deux ans, et l’assassinat de Boudiaf qui, selon lui, devait probablement être commandité par ceux-là mêmes qui l’ont porté au pouvoir…

L’ancien patron du contre-espionnage français, Bernard Bajolet, a consacré 29 pages (sur 457) de son livre témoignage, Le soleil ne se lève plus à l’Est, à ses deux passages en Algérie, en tant que premier secrétaire de l’ambassade de France à Alger (1975 et 1978) et en tant qu’ambassadeur (2006-2008).

Tous les événements de «sa longue histoire avec l’Algérie» sont retracés sous le titre, non pas de l’Algérie, comme pour les autres pays où il a séjourné – Jordanie, Irak, Afghanistan, Bosnie –, mais plutôt «à la villa des Oliviers».

Une somptueuse résidence qui surplombe la baie d’Alger et où l’auteur raconte «avoir  fait jouer pour la première fois», un 14 juillet 2007, «Qasaman, l’hymne national algérien après la Marseillaise (…). Ma décision n’allait pas de soit, car Qasaman était l’hymne du FLN et contient des paroles hostiles à la France (…). Mais les paroles de l’hymne algérien, d’ailleurs moins sanglantes que celles du nôtre, ne furent pas chantées ce jour-là…»

Il revient sur ce début du mois de décembre 2006, où il s’est installé dans cette résidence des ambassadeurs de France à Alger, et évoque les confidences de son prédécesseur qui lui avait expliqué «comment il avait été contraint par Ben Bella, en 1963, de transférer la nue-propriété de la villa des Oliviers à l’Etat algérien pour clore la négociation sur le patrimoine immobilier. En contrepartie, il avait obtenu un bail emphytéotique de 60 ans. Celui-ci vient à échéance en 2023…

Avant d’engager cette négociation, Ben Bella avait envoyé Abdelaziz Bouteflika, déjà auprès du général de Gaulle pour sonder ce dernier sur son intention de nationaliser les ‘‘biens vacants’’ laissés par les pieds-noirs. Bouteflika m’a lui-même raconté son entrevue avec le général. Très intimidé, il se fit répondre : ‘‘Bouteflika, vous ne vous imaginiez tout de même pas que j’allais réparer vos ascenseurs jusqu’à la fin des temps ?’’» Bajolet s’attarde beaucoup sur les relations franco-algériennes.

Il affirme que lors de son entretien du 7 novembre 2006, «le président Jaques Chirac, pourtant très populaire en Algérie, ne m’avait pas fait un tableau encourageant des relations franco-algériennes : ‘‘elles sont fairoteuses, m’avait-il dit.

Le peuple est beaucoup plus francophile que les dirigeants, qui sous-estiment ce sentiment. Je l’ai senti quand je suis allé en Algérie. Il y a des signes qui ne trompent pas’’». Pour l’ex-patron du contre-espionnage, «Jacques Chirac avait raison».

Trente ans plus tôt, lors de son premier séjour en Algérie, il dit avoir été frappé par la gentillesse des Algériens qui l’accueillaient chez eux en famille dans toutes les régions du pays. «Certains d’entre eux avaient pris les armes contre la France entre 1954 et 1962. Ils avaient peut-être tué des Français, sans doute aussi perdu des proches.

Ils avaient défendu leur liberté. Mais ils n’en voulaient pas à la France et encore moins aux Français.» Il relève un «contraste saisissant» avec les relations officielles qui elles «étaient glaciales, voire inexistantes».

«L’ambassadeur Guy de Commines n’était jamais reçu par le président Houari Boumediène (…). Un jour lors de la réception qu’il donnait comme chaque année pour la Fête nationale du 1er Novembre, Boumediène revêtu de sa cape noire, seul derrière la table du buffet, faisait appeler auprès de lui à tour de rôle les ambassadeurs de son choix.

Le Soviétique, l’Américain, l’Allemand, tel diplomate arabe furent ainsi invités à s’entretenir avec lui. Mais pas l’ambassadeur de France. Celui-ci ne voyait pas non plus le ministre des Affaires étrangères, à l’époque Abdelaziz Bouteflika, qui ne passait quasiment jamais à son bureau. Le malheureux Commines devait se rabattre sur les fonctionnaires du ministère.»

Pour l’auteur du livre, le passé colonial «n’était pas la seule cause de cette froideur». Il y avait, selon lui, la décision de Giscard d’Estaing de soutenir le Maroc, dans sa «Marche verte», et d’envoyer, en 1977 et 1978, «des Jaguars français attaquer les positions des Sahraouis en Mauritanie».

Il écrit : «L’enjeu du Sahara occidental, au-delà des arguments des uns et des autres, est d’abord une lutte d’influence entre le Maroc, défavorisé par le partage colonial du désert, et l’Algérie, qui instrumentalise le Polisario sous le prétexte de défendre le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.» Bajolet rappelle qu’en novembre 2006, il a pris l’initiative d’aborder le dossier avec Jacques Chirac, lequel lui révéla : «On était près d’un accord, mais les Marocains ont tout fait capoter.

Le Président était tout particulièrement remonté contre le ministre marocain des Affaires étrangères de l’époque, qu’il ne paraissait pas tenir en grande estime. Ce fut l’un des premiers sujets que le président Bouteflika souleva avec moi, pour constater sans animosité, que Paris avait toujours soutenu la position marocaine depuis l’époque de Giscard d’Estaing.

La position de la France, lui expliquais-je, ne relève pas d’un quelconque parti. Mais elle peut-être influencée par le sentiment que cette affaire est vitale pour le Maroc, alors qu’elle ne l’est pas pour l’Algérie. Oui c’est vrai, concéda Bouteflika. Elle n’est pas vitale pour nous. Mais sachez qu’il n’y aura pas de lune de miel avec le Maroc, pas de Maghreb arabe tant qu’une solution équitable ne sera pas trouvée.»

«Départ fâché d’Alger,  pour une histoire de cheval»

Bajolet consacre un long passage à son départ «fâché» d’Alger, en juillet 1975, sans rien prendre avec lui, «pour une histoire de cheval», un «superbe étalon barbe», qu’il avait acheté quelque temps après son arrivée, à un de ses collègues militaires de l’ambassade. Avec passion, il décrit cet équidé qu’il a eu du mal à apprivoiser avant de «le monter tous les matins, pour des galops sans retenue…».

Ce cheval, écrit l’auteur, «fût aussi un excellent vecteur pour m’introduire dans la société locale, comme ses semblables le seraient plus tard en Syrie puis en Jordanie. Mais lorsqu’il me fallu quitter l’Algérie, ce fut un drame : les autorités refusèrent de m’accorder le permis d’exportation, sous prétexte que ce cheval appartenait à une race protégée (…). Malgré cet incident, bien mineur avec le recul, je voulus retourner en Algérie. Mon premier séjour m’avait laissé sur ma faim».

Bajolet revient aussi sur les événements du début des années 1990, qui l’intéressaient en tant que président du groupe de travail Maghreb du CIR (Comité interministériel du renseignement) et en même temps directeur adjoint de la région Mena, aux Affaires étrangères.

Bajolet était contre l’arrêt du processus électoral, se reconnaissait de cette déclaration de Mitterrand du 14 janvier 1992 : «Il faut au plus tôt que les dirigeants algériens renouent le fil de la démocratisation…», mais «regrette a posteriori, que nous n’ayons pas donné sa chance à Mohamed Boudiaf, figure emblématique de la Révolution et homme intègre que la junte militaire avait appelé de son exil.

Il fut assassiné le 29 juin 1992, un peu plus de cinq mois après son retour, probablement à l’instigation de ceux qui l’avaient porté au pouvoir, auxquels il commençait à échapper». Il reconnaît, néanmoins, que lorsqu’il a pris ses fonctions d’ambassadeur en 2006, «je fus immédiatement frappé par la profondeur du traumatisme que les ‘‘années noires’’, comme on les appelait pudiquement, avaient causé dans l’ensemble de la population».

Pour lui, «le printemps raté de la fin des années 1980 et la guerre civile des années 1990 – plus l’habile gestion tactique de Bouteflika – expliquent pourquoi l’Algérie est passée entre les mailles du mouvement de 2011 dans le monde arabe. La lutte fratricide qu’avait déchiré les familles elles-mêmes, ce sang, ces horreurs, les soupçons illustrés par le questionnement du qui-tue-qui, le peuple algérien n’en voulait plus, à aucun prix…»

Bajolet retrouve donc «une Algérie en convalescence, ses blessures encore vives (…). Après quinze ans d’un socialisme dur au sortir de la guerre d’indépendance et quelques mois d’ouverture imposée par la rue, l’Algérie, au moment où je la retrouvais, venait à peine de se libérer de dix ans de terrorisme.

Elle avait perdu beaucoup de temps et l’administration qui la dirigeait n’était pas de nature à le lui faire rattraper : les ministères s’étaient vidés d’une grande partie de leurs cadres de qualité, et au fond, l’Etat se résumait pratiquement à l’armée, véritable ossature du pays, et à Sonatrach, la compagnie pétrolière. Le processus de décision paraissait grippé, le système de représentation en panne (…).

Il n’y avait pas non plus en Algérie, de grands capitalistes prêts à investir massivement dans le pays. La demi-douzaine d’hommes d’affaires que l’on présentait comme tels étaient plutôt des capitalistes d’Etat, voire des affairistes liés aux services ou au pouvoir qu’ils contribuaient à corrompre. Car je fus pris de vertige par les sommets que la corruption avait atteints, touchant jusqu’à la famille du chef de l’Etat».

«Pris de vertige par les sommets que la corruption avait atteints, touchant jusqu’à la famille du chef de l’état»

Bajolet affirme avoir confié, en 2008, ses impressions sur le sujet à son collègue américain, Robert Ford, qui en rendit compte très fidèlement au département d’Etat. «Las ! Son télégramme fut rendu public trois ans plus tard par WikiLeaks alors que j’étais en poste à l’Elysée. Ces révélations ne suscitaient pas les protestations qu’on aurait pu craindre de la part des autorités algériennes, tant celles-ci les savaient fondées.»

Mais Bajolet retrouve, lors de son passage en Algérie, des «aspects positifs», citant «le niveau d’éducation très honorable (…) plus d’un million d’étudiants à l’université, alors qu’en 1962, on n’en comptait que 800», mais aussi «la langue française, qui en dépit de la violente campagne d’arabisation de Boumediène puis de l’influence des chaînes de télévision du Golfe, manifestait une résilience remarquable», ainsi que l’appropriation du patrimoine architectural de l’époque coloniale par les Algériens.

Pour l’ex-patron de la DGSE, la question de la mémoire restait aussi vivace qu’à l’époque de Boumediène et il l’explique par deux raisons : «Le groupe au pouvoir avait le sentiment que la France n’était pas allée au bout du chemin ; il avait besoin, pour conforter une légitimité discutable, de continuer à s’appuyer sur le geste fondateur du FLN.»

Bajolet écrit que «les Algériens, en tout cas les dirigeants au pouvoir lors de mon deuxième séjour, dont certains étaient nés français (à commencer par le Président), tendaient à regarder la France comme une sorte de mère indigne, qui les avait mal traités et qu’ils avaient rejetée, tout en gardant pour elle un fond d’affection (souvent dissimulé) sans savoir s’ils souhaitaient la voir davantage présente mais dont ils exigeaient en tout cas une relation préférentielle, sinon quasi exclusive ; la France qui les avait fait souffrir, et parce qu’elle les a fait souffrir, pendant si longtemps, elle leur devait plus.

Or la France ne pouvait et ne peut répondre à leur attente, car si pour les Algériens, même ceux qui sont les plus hostiles, elle reste la préférence, il n’en est pas de même pour elle vis-à-vis de l’Algérie (…). Du coup, les Algériens ressentent cette différence de perception comme une humiliation supplémentaire que certains d’entre eux ne sont pas loin de croire délibérée.»

Bajolet trouve que «le travail de mémoire doit être bilatéral». Pour le moment, écrit-il, «c’est l’ancienne puissance coloniale qui a fait l’essentiel du chemin, et c’est normal. Mais, cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire du côté algérien. La France donne accès à la quasi-totalité des archives de la période coloniale (tout en refusant de céder les originaux, car il s’agit d’archives de souveraineté). Il reste à l’Algérie d’ouvrir celles du FLN».

«Une restitution pure et simple du canon Baba Merzoug n’a pas lieu d’être»

Mieux encore, «s’il convient de dénoncer les injustices du système colonial, il ne faut pas donner à croire que l’histoire franco-algérienne a commencé en 1830. Il y a un avant». Cet «avant», pousse Bajolet à expliquer pourquoi il s’est opposé à la restitution du canon Baba Merzoug à l’Algérie, en émettant des réserves. Ce canon, que les Français appellent le consulaire, a été fondu au XVIe siècle  pour le Dey d’Alger. «Il avait une portée de 4800 mètres, considérable pour l’époque (…).

En 1683, alors que l’amiral Duquesne menaçait Alger, le canon servit à exécuter le consul de France, Jean Le Vacher ; d’où le nom qu’il reçu. En 1830, l’amiral Duperré saisi le canon et l’expédia à Brest (…). L’épisode malheureux Le vacher n’excuse aucunement la colonisation (…) mais témoigne qu’il y a une histoire antérieure (…). Une restitution pure et simple n’avait pas lieu d’être, pour moi.»

L’auteur raconte, par ailleurs, comment Nicolas Sarkozy a pu «mesurer le poids» des questions mémorielles lors de sa visite en décembre 2007. Quatre jours avant, «le ministre des Anciens combattants, Cherif Abbas, mettait en cause le président Sarkozy dans des propos antisémites (…). J’avais des raisons de penser que cette sortie avait été inspirée par les ‘‘services’’ pour embarrasser le président Bouteflika.

A mon instigation, celui-ci appela le président Sarkozy, tandis que son ministre fit marche arrière (…). Tous les projets d’accord étaient bouclés in extremis la veille du déplacement présidentiel (…), c’est alors que je fus convoqué par le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci (…) pour m’entendre dire que les Algériens ne signeront rien.

Plus de convention de partenariat, plus d’accord gazier (…). A moins que nous n’acceptions d’ouvrir le dossier des essais nucléaires français au Sahara (que les Accords d’Evian avaient autorisé la France à poursuivre jusqu’en 1966). Informé de ce contretemps, Nicolas Sarkozy décida de maintenir la visite, contre l’avis de certains de ses proches.

Le soir de son arrivée, le président Bouteflika lui infligea, en ma présence, une véritable scène, qui ne visait pas sa personne, mais le pays qu’il incarnait : ‘‘La France, déclara-t-il, nous a tout pris, elle nous a volé notre culture, et c’est pourquoi j’ai parlé de ‘‘génocide culturel’’.

Elle a dévoyé notre religion, notre culture, nous ne savons plus qui nous sommes, arabes, africains ou européens». Après avoir passé en revue tous les accords, le lendemain, Bajolet retrouve Mourad Medelci à la porte d’entrée de la salle où les deux Présidents étaient installés pour l’informer que «l’Algérie voulait compléter l’accord sur les essais nucléaires par le même dispositif sur les essais chimiques et le cas échéant biologiques (…)».

C’est alors que Sarkozy lui demande : «On a fait des essais chimiques au Sahara ou non ? Oui Monsieur le Président, durant les années 60 et probablement les années 70. Alors, les Algériens ont raison. Arrangez-moi cela.» Pour Bajolet, «Sarkozy avait bien compris le message du premier soir, sur les questions mémorielles».

L’affaire Hasseni allait empoisonner les relations durant deux ans

Bajolet parle de «relations chaleureuses» avec Bouteflika, qui le recevait «durant de longues heures», mais se rappelle de la réaction de Bouteflika, lors de sa première audience, lorsqu’il lui a fait part du «message d’amitié ; d’estime et d’affection du président Chirac (…).

On nous a parlé de relations privilégiées avec l’Algérie, se plaignait Bouteflika. Mais en réalité, les privilèges ont été réservés au Maroc et à la Tunisie. L’Algérie, elle n’a rien vu». Le ton était donné. Pour Bajolet, «contrairement à ce que l’on a parfois écrit, les relations avec l’Algérie, sous Sarkozy, n’ont pas été exécrables».

Mais en juillet 2008, un incident allait empoisonner les relations entre les deux pays pendant deux ans. Il rappelle l’affaire du diplomate Hasseni, mis en cause par un «témoignage douteux et homonymie, d’ailleurs approximatif, avec le commanditaire supposé de l’assassinat de Ali Mécili» en France, en 1987.

«Cette erreur judiciaire s’est traduite par un quasi-gel des relations bilatérales, étant coordinateur national du renseignement à l’Elysée, j’ai été envoyé à Alger pour tenter de renouer le fil, sans résultat. La visite d’Etat que devait faire en France le président Bouteflika fût reportée (et n’aurait jamais eu lieu). Un jour j’appris que le président Bouteflika était à Paris pour des soins médicaux. A mon instigation, Sarkozy a tenté de le joindre par téléphone, il a refusé de répondre.»

Bajolet termine son chapitre consacré à «la villa des Oliviers», par sa note de réflexion qu’il avait adressée au Quai d’Orsay en juillet 2008 : «L’Algérie est comme frappée par une sorte de malédiction. Elle a tous les atouts pour réussir, dont certains comme la richesse du sous-sol peuvent faire envie à ses voisins.

Mais elle n’arrive pas à en tirer profit. Car cette richesse est gaspillée ou accaparée quasiment depuis l’indépendance par une nomenclature indéboulonnable et qui se renouvelle par la cooptation, tandis que le peuple habitué aux (très relatives) facilités de l’Etat providence éloigné de la culture de l’effort qui permettrait au pays de décoller, n’attend lui-même que la distribution d’une partie de la manne qu’on lui accorde chichement quand il le faut…»

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