Nouvelles manifestations de chômeurs à Ouargla : 1500 postes à pourvoir et les gilets oranges dans la rue

  • 1 mois il y a
  • 17 Vues
  • 0 0

D’abord incrédules puis inquiets avant de recourir carrément à l’incendie des pneus pour marquer des territoires qu’ils veulent clairs pour tous, les chômeurs veulent évidemment tous profiter de l’offre de 1500 postes de travail annoncés en début de semaine par le chef de l’agence Anem de la wilaya de Ouargla.

A Rouissat, Ziaiana et Sidi Khouiled, trois communes de la périphérie de Ouargla, l’attente devient insoutenable pour les jeunes exaspérés, disent-ils, de faire partie des communes laissées-pour-compte.

Ils ont donc séquestré mardi trois camions-citernes de gasoil et bloqué des routes menant à leurs communes pour le dire. Retour au calme depuis l’annonce de la tenue, le 23 décembre courant, du test d’embauche de Sonatrach reporté depuis le mois de septembre dernier.

Le wali de Ouargla a tenu à l’annoncer lui-même et rassurer les chômeurs quant à la disponibilité de postes, «suffisamment pour absorber le maximum de demandeurs».

S’agissant jusque-là de simples demandeurs d’emploi sous-qualifiés et non détenteurs pour la plupart de diplômes ou formations, voulant bénéficier de postes de vigile ou de chauffeur, voire de manœuvre si les sociétés voulaient bien revoir à la baisse leurs exigences de qualification, ce sont les chômeurs diplômés, accoutrés de gilets oranges, qui sont montés au créneau en milieu de semaine exigeant, eux aussi, leur part du gâteau.

Ils s’estiment oubliés par l’annonce des fameux 1500 postes engrangés en trois jours seulement à travers les entreprises publiques et privées de la wilaya de Ouargla et qui ont été dispatchés, en toute transparence, sur les 21 communes de la wilaya de Ouargla après le recoupement des bases de données de l’Anem, Cnas, Casnos, Ansej, Cnac et CNRC selon les propos de Mohamed Rayek, chef de l’Anem Ouargla.

Selon lui, «ces postes sont destinés aux demandeurs d’emploi résidents de la wilaya et détenteurs d’une carte d’identité biométrique délivrées dans l’une des daïras de celles-ci. D’autres postes à pourvoir seront annoncés dès le mois de janvier selon un calendrier convenu avec les multinationales activant dans le bassin pétrolier de Hassi Messaoud.»

Offres

Une annonce hallucinante qui a fait le tour de la wilaya comme une traînée de poudre réveillant les convoitises et les guerres intestines entre quartiers et communes et c’est à qui mieux mieux. Nous vous en faisions part dans l’édition de la semaine dernière, le directeur de l’Anem fraîchement débarqué annonçait des mesures draconiennes pour l’assainissement du fichier des demandeurs d’emploi de la wilaya ainsi que l’éligibilité des souscripteurs et leur orientation exclusivement au biais de la carte nationale biométrique attestant de leur lieu de résidence, à savoir Ouargla.

Des déclarations qui avaient surpris plus d’un et c’est à se demander comment toute cette transparence et cette campagne marketing peuvent être possibles dans la capitale incontestée du mouvement des chômeurs.

Mohammed Rayek récidive donc et annonce la collecte de 1500 emplois au profit des chômeurs locaux, que ses services – entendre lui en personne sillonnant depuis sa prise de fonction les bases de vie des sociétés pétrolières nationales – ont réussi à mettre sur une gigantesque offre.

Il s’agit de postes répartis sur trois secteurs : les hydrocarbures, le gardiennage et les services. De nouvelles offres qui devraient inverser la courbe ascendante de la protestation des chômeurs qui tourmente la wilaya depuis une vingtaine d’années.

Le chef de l’agence Anem de Ouargla a fait savoir également, lors d’une conférence de presse tenue samedi soir, que les offres seront officiellement affichées et rendues publiques via les comptes de l’agence sur les réseaux sociaux.

M. Rayek, a par ailleurs réitéré sa détermination de venir à bout de toute la demande cumulée, d’abord en effectuant une purge des listes de chômeurs inscrits à l’indicatif d’El Wassit, le logiciel de l’Anem dont il se gardera bien de donner les dernières statistiques.

Sinon, comment expliquer la grogne ininterrompue et la fermeture chronique de certains bureaux de l’Anem, à l’instar de ceux de Rouissat et Sidi Khouiled quasiment tagués de graffitis hostiles décriant des dépassements et des irrégularités violemment dénoncées par les chômeurs à tel point que les agents de ces agences ont eu peur pour leur vie et ont déserté leurs bureaux. 159 grandes entreprises pétrolières et parapétrolières du bassin de Ouargla.

En 2016, plus de 25 000 demandeurs étaient inscrits à l’Anem de Ouargla alors qu’ils dépassaient les 55 000 en 2017 pour une offre qui n’a pas dépassé les 15 000 postes, selon les dernières statistiques rendues publiques.

Mesures

C’est donc la carte de la transparence qui est actuellement jouée par l’Anem dont le directeur annonce de nouvelles offres pour 2019 afin d’apaiser la colère des chômeurs «en instaurant un plan d’action basé sur la collecte d’informations au plus près des entreprises, plusieurs visites aux DRH, des efforts intensifs qui ont payé en si peu de temps», a précisé M. Rayek.

Selon les informations fournies par ce dernier, 950 postes dans le secteur pétrolier, plus de 300 dans le gardiennage et plus de 300 autres dans divers services du secteur privé permettront de résorber quelque peu la demande enregistrée au mois de décembre 2018.

Cependant, Mohammad Rayek a également souligné que cette offre sera assujettie à un contrôle des plus drastiques «pour bénéficier aux vrais demandeurs d’emploi, ceux n’ayant aucune activité en parallèle, y compris commerciale ou profession libérale».

En conséquence, l’Anem confortera toutes ses données avec celles de la CNAS, l’Ansej, la Cnac et le CNRC dans une procédure qui devrait durer une semaine tout au plus et qui met à contribution ces institutions publiques dans un souci de transparence laissé de côté depuis 2015 pour des raisons inexpliquées.

Par ce panel de mesures, l’action de l’Anem de Ouargla prend une tout autre tournure avec ce nouveau visage incarné par Mohamed Rayek, un responsable qui pense être à la mesure du défi qui l’attend étant donné l’état des lieux qui semblait si désespéré.

Le phénomène des faux certificats de résidence prenant de l’ampleur, la montée d’une vague de chauvinisme local à l’encontre d’autres Algériens bénéficiant d’un parachute les insérant directement dans des postes de privilégiés au détriment de la main-d’œuvre locale, ce sont autant de facteurs qui auguraient de nouvelles vagues de protestation et d’interminables mouvements de rue.

Aux premières réactions, les protestataires d’hier, incrédules, demandent à voir. Des chômeurs de Hassi Messaoud ont manifesté dimanche pour réclamer des postes octroyés en catimini durant le week-end, selon eux.

Ils redoutent une nouvelle campagne visant à discréditer la revendication légitime de solutionner les problèmes entourant le dossier de l’emploi et la dénonciation des passe-droits, délit de faciès et autres irrégularités qui ont été reconnues à maintes reprises par les autorités sans jamais y apporter de solution définitive par l’application des lois.

Entre-temps, l’Anem a lancé les inscriptions au concours de recrutement à Sonatrach et l’engouement est très grand pour une offre de 450 postes. Sonatrach n’ayant pas encore annoncé une hausse du quota. Et si c’était la fin des dérives qui ont présidé à la naissance du mouvement des chômeurs ?

El-Watan.com