Nouvelles manifestations des étudiants à travers le pays : Pour la dignité et contre le 5e mandat

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Nouvelles manifestations des étudiants à travers le pays : Pour la dignité et contre le 5e mandat

Les étudiants ont bravé pour la deuxième fois, en moins d’une semaine, l’interdit pour marcher contre le 5e mandat. Ils sont sortis par centaines dans la capitale et dans d’autres villes du pays, ultime jour pour le dépôt des candidatures à la présidentielle du 18 avril.

En dépit du dispositif de sécurité impressionnant déployé aux alentours des universités, des centaines d’étudiants de la Fac centrale d’Alger-centre et de Bab Ezzouar ont pu franchir le cordon de sécurité pour manifester dans la rue leur rejet du système et leur refus d’un 5e mandat pour le président Bouteflika. Des étudiants d’autres universités ont été, par contre, empêchés par les forces de l’ordre de sortir des campus pour se rendre au Conseil constitutionnel.

Ils ont été bloqués à l’intérieur de l’ancienne faculté de droit, des sciences politiques, et de médecine où des policiers ont tenté de les disperser. A l’université d’Alger 3 à Dély Ibrahim et pour mieux canaliser les manifestants, les policiers ont carrément mis des chaînes et des cadenas au portail ! Malgré ces subterfuges et ces empêchements, les slogans anti-Bouteflika fusaient de manière imposante, accompagnés de chants patriotiques. 11h, une foule impressionnante était rassemblée devant la Fac centrale.

Rejoints par d’autres universitaires, les étudiants ont improvisé un sit-in sous l’œil vigilant des policiers en tenue et en civil. «Makach el khamsa ya bouteflika !» «Bouteflika, pas de 5e mandat !». «Pour la dignité et contre Bouteflika !», «Nous sommes une République et non un royaume !», «Bouteflika dégage !», scandaient les manifestants qui voulaient entamer une marche vers la Grande-Poste, mais qui ont été réorientés par les policiers vers la rue Hamani (ex-rue Charasse) et la place Audin où ils ont été confinés pendant une heure.

Drapeaux déployés, les étudiants scandaient en chœur des slogans hostiles au pouvoir et contre le dépôt de la candidature du président contesté au Conseil constitutionnel. Tous insistaient sur la nécessité de maintenir le caractère pacifique du mouvement : «Silmiya ! Silmiya, Khawa ! Khawa !» (Pacifique et ensemble), «Nous voulons le départ des voleurs !», «Gouvernement dégage !» A ce moment, les étudiants ont pu franchir le cordon de sécurité pour marcher vers la Présidence. Les policiers antiémeute encadrent les manifestants et les repoussent vers la grande-Poste pour les empêcher de monter vers le palais d’El Mouradia.

Affrontements entre étudiants et policiers

Les étudiants haussent le ton et fustigent les candidats ayant déposé leur dossier de candidature au Conseil constitutionnel : «Ils prétendent être aux côtés du peuple et ils participent à cette mascarade électorale. Ils vont tous à l’encontre de la volonté du peuple», lance un étudiant qui dénonce la fermeture, au début de l’après-midi, du métro d’Alger, de même que l’autoroute reliant l’aéroport au centre de la capitale pour empêcher les étudiants de rejoindre le centre-ville.

Effectivement, la voie rapide entre l’aéroport et Alger-centre était fermée en début d’après-midi par les forces antiémeute, soutenues par la gendarmerie pour empêcher l’arrivée des milliers d’étudiants de Bab Ezzouar au centre-ville.

Les étudiants ont tenté de marcher, mais ils ont été stoppés par les policiers au niveau du quartier des Bananiers. Des affrontements ont alors éclaté entre les deux parties. Toutefois, la tension était à son comble au niveau de l’ancienne fac de droit de Ben Aknoun, située à quelques encablures du Conseil constitutionnel. Des échauffourées ont éclaté entre les étudiants et les forces de l’ordre.

Vers 10h, les policiers bloquaient le portail du campus, tandis que les étudiants étaient rassemblés juste derrière. Ils scandaient : «Makach lkhamsa ya Bouteflika !» (Bouteflika pas de 5e mandat). Le boulevard du 11 décembre où se trouve le siège du Conseil constitutionnel était fermé à la circulation dans les deux sens et était protégé par une trentaine de véhicules de police.

En tentant de passer le cordon de sécurité, des heurts ont éclaté entre la police et les étudiants, non loin du Conseil constitutionnel. La police a usé de canons à eau pour disperser les manifestants devant le ministère des Travaux publics, à Ben Aknoun (Alger). Face aux camions a eau et aux policiers, les étudiants criaient «Pouvoir assassin !» Des étudiants manifestaient également à la faculté de droit de Saïd Hamdine et criaient : «Le peuple veut la chute du système !», «Le peuple veut le respect de la Constitution !».

C’est la deuxième fois que les étudiants manifestent contre le 5e mandat comme mardi dernier où des rassemblements et des marches ont eu lieu dans les campus et dans la rue à travers tout le pays. Les étudiants de la fac de droit, à Alger, s’étaient même distingués par l’organisation de funérailles symboliques du président sortant.

El-Watan.com