Nouvelles taxations des importations : L’Association des commerçants revendique un plafonnement à 30%

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Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA) appelle à un plafonnement à 30% du taux des taxes applicable dans le cadre du Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) qui prévoit entre 30% et 200% de droits de douane sur les 1095 produits autorisés à l’importation, applicable depuis janvier 2019.

Hadj Tahar Boulenouar, président de l’Ancaa, a alerté hier, lors de son passage au forum du quotidien arabophone El Mihwar, sur le risque d’une «envolée des prix à la consommation», déjà en nette hausse depuis quelques mois, et le risque d’un «monopole sur le commerce extérieur». «Nous voulons que le volume des importations baisse et non le nombre des importateurs, car dans ce cas de figure, cela concentrera les importations entre les mains de certains opérateurs, tout en maintenant la facture des importations au même niveau, soit aux alentours de 45 milliards de dollars.»

L’invité du forum d’El Mihwar estime que la décision prise par le gouvernement en vue de lever des interdictions sur les importations est «une bonne chose», tout en critiquant «les taxes excessives, imposées de manière unilatérale, sans consultation des opérateurs concernés, ni prise en compte de la liste des marchandises produites localement».

Pour Hadj Tahar Boulenouar, il serait opportun de «réviser la liste des produits soumis au DAPS, en fonction de l’alternative offerte par la production nationale, et ce, en concertation avec les différents partenaires économiques», dont les producteurs et les importateurs. Ceux-ci, représentés hier par des associations d’importateurs de matériel et d’appareillage électrique et de mobilier en bois, déplorent des taxes excessives qui menacent leurs activités.

Présent à la conférence de presse, Merabti Houcine, importateur de lampes Led, estime que la taxation à hauteur de 60% des importations de spots Led – alors que le produit n’a pas d’équivalent local – est injustifiée et incompréhensible au vu de l’absence d’un produit local équivalent. Il ajoute que la mesure risque de pousser les prix à la hausse et de créer un manque sur le marché, alors que les autorités encouragent l’utilisation de lampes économiques.

Il estime que le gouvernement devrait examiner de plus près ce volet et permettre aux importateurs de «créer des partenariats avec leurs fournisseurs étrangers en vue de produire localement sous la forme SKD, CKD, dans un premier temps, les produits importés avant de tendre vers un taux d’intégration nationale plus importante».
Même son de cloche du côté du représentant de la filière bois, Bensdira Djaber, qui estime que «les produits qu’il importe sont surtaxés, alors qu’ils sont indispensables tout autant que les véhicules pour lesquels des formules plus souples sont appliquées par le gouvernement».

Il appuie également la proposition d’un partenariat initié entre les importateurs et leurs fournisseurs étrangers en vue de produire localement. Il cite, dans ce cadre, la proposition faite par plusieurs associations de la filière bois en vue de créer une base industrielle dans la wilaya de Boumerdès.

Une proposition qui reste suspendue, selon lui, à l’aval des autorités, alors qu’elle amènerait à réduire les importations et à mettre en place une production locale en partenariat avec les fournisseurs étrangers.

Il est à rappeler que la liste des marchandises soumises au Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) et les taux applicables ont été fixés par un arrêté ministériel publié au Journal officiel n° 6 daté du 27 janvier 2019.

El-Watan.com