Paiement électronique : La voie de secours qui tarde à s’ouvrir

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Une loi régissant le commerce électronique a été votée et publiée sur le Journal officiel, mais son application fait face à un niveau de bancarisation loin d’être généralisée. Le cash continue à avoir toute sa place dans un paysage économique marqué par une présence non inquiétée du commerce informel.

Près de 5000 milliards de dinars circulent en dehors du circuit bancaire. Un chiffre alarmant qui renseigne sur la méfiance qu’ont les Algériens vis-à-vis des banques. Dans l’énoncé de la nouvelle loi, il est dit que tout produit autorisé à la vente doit, suivant la procédure de paiement électronique, être porté sur le compte du e-fournisseur domicilié en Algérie auprès d’une banque agréée par la Banque d’Algérie, ou auprès d’Algérie Poste.

Une avancée louable, mais encore faut-il arriver à démocratiser l’usage du Net, des terminaux de paiement électronique, et surtout arriver à limiter la circulation du cash. Trois aspects fondamentaux de l’opération de paiement électronique qui sont bien loin de la réalité algérienne.

Le texte de loi n’a pas été assorti d’une réelle politique de développement des technologies de l’information et de la communication. Les transactions électroniques en termes de vente et d’achat demeurent tributaires du cash versé à la réception du produit.

Dans un contexte où même l’utilisation du chèque reste limitée, il serait de bon augure de réguler l’existant selon les normes d’une économie saine pour asseoir la transition vers le commerce électronique. L’exigence qui est faite aujourd’hui aux entreprises de basculer vers le système électronique est dans une situation si inconcevable, d’autant plus que la principale opération concrétisant les transactions commerciales n’existe pratiquement pas.

Les entreprises de presse, en particulier, sont encore plus touchées en se retrouvant carrément otages du marteau et de l’enclume d’une gestion, autoritaire, aléatoire et bureaucratique du commerce de l’information. Si les web marchands arrivent à écouler leurs produits via le Net mais reçoivent des paiements par cash, ce n’est pas le cas pour la presse qu’elle soit électronique ou les sites web de journaux.

Avec la baisse du niveau des insertions publicitaires dans les journaux papier et la quasi-impossibilité de vendre le contenu de l’information par voie électronique, les entreprises de presse sont menacées d’asphyxie financière.

Alors que sous d’autres cieux, les gouvernements encouragent et soutiennent les médias privés et publics, critiques ou partisans, en Algérie c’est la politique de la carotte ANEP pour les médias créés par et pour le pouvoir, et le bâton pour les autres. Tombant sous le couperet  de la fiscalité sous toutes ses déclinaisons, les entreprises de presse essayent tant bien que mal de trouver des voies de secours afin de sauver le droit de dire et de transmettre l’information.

L’arrivée du e-paiement pourrait à ce titre ouvrir une voie de secours pour le monde de la presse, mais encore une fois les banques devront jouer le jeu. D’autant que la commercialisation de l’information – qui est considérée comme un produit fortement taxé telle une marchandise – est soumise aux mêmes exigences que tous les produits exportés.

Dans une de ses sorties médiatiques, l’actuel ministre de la Communication invitait les journaux à prendre le train de la communication électronique. Il serait fort louable au ministre de plaider aussi auprès de son gouvernement la cause d’une presse qui ne demande qu’à exister.

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