«Participation de 47 pays, 970 maisons d’édition, dont 270 algériennes…»

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Du 29 octobre au 10 novembre prochains se tiendra la 23e édition du Salon international du livre d’Alger à la Safex des Pins Maritimes. Dans cet entretien, le commissaire du Sila, Hamidou Messaoudi, déroule les grandes lignes de cette édition 2018, placée sous le slogan «Livre ensemble».

– Présentez-nous en quelques phrases les particularités de la programmation de la 23e édition du Salon international du livre d’Alger ?

A cette 23e édition du Salon international du livre d’Alger participeront 47 pays. 970 maisons d’édition, dont 270 algériennes, seront présentes à ce rendez-vous livresque. La Chine est l’invitée d’honneur. Comme nous fêtons le soixantième anniversaire de la création du GPRA, la Chine a été le premier pays à avoir reconnu, en 1958, le Gouvernement provisoire de la République algérienne.

La superficie totale d’exposition est de l’ordre de 15 000 m2, répartie en trois parties : Central, Ahaggar et Casbah. 61 invités algériens et 21 autres étrangers seront présents à cette manifestation dédiée au livre. 300 000 ouvrages, toutes disciplines confondues, seront mis à la disposition du public. Une moyenne d’une quarantaine de conférences et de rencontres-débat seront à l’honneur.

On retiendra, entre autres, une conférence intéressante qui sera donnée sur le GPRA, animée par d’éminents spécialistes, dont Mohamed Korso, Abdelmadjid Merdaci et Mohamed Abbès. Nous avons également programmé, le 1er novembre, une table ronde sur les relations algéro-chinoises avec un historien chinois et l’ex-ambassadeur algérien, Khalfa Mammeri.

Il y aura, aussi, une estrade avec l’ex-ministre de la Culture égyptien, ou encore avec un éminent chercheur et théologien tunisien. Nous avons, également, invité les jeunes lauréats algériens primés lors de concours littéraires. Ils viendront notamment de Sétif, Bordj Bou Arréridj, Tiaret, Tamanrasset et Constantine pour parler de leur expérience dans le domaine de l’écriture.

– Quels sont les auteurs algériens qui seront présents cette année ?

Côté algérien, il y aura avec nous plusieurs écrivains, entre autres, Waciny Lareddj, Amin Zaoui, Rachid Boudjedra, Maïssa Bey… J’ai entendu dire que Waciny Laredj allait boycotter le Salon dans sa 23e édition, c’est faux. Il sera présent au Sila 2018. Il nous a donné son accord pour éditer le deuxième tome de l’ouvrage l’Emir Abdelkader. Il compte, d’ailleurs, nous remettre le manuscrit d’ici le 10 octobre prochain. Waciny sera présent au Salon de Beyrouth.

– Qu’en est-il des autres auteurs algériens, à l’image de l’écrivain Yasmina Khadra ?

Les éditeurs algériens se doivent d’inviter leurs auteurs et ne pas se focaliser seulement sur l’administration du Sila. Les moyens sont tels que cette année le budget réservé à cette édition est uniquement de 60 millions de dinars, il est faible pour l’envergure du Sila.

– Et du côté étranger, quels sont les écrivains qui seront à l’affiche ?

Nous attendons le programme des Chinois qui nous ont promis des vedettes. Côté français, sera présent Gilles Manceron, historien et membre de l’association Maurice Audin.

– Le Sila réservera-t-il une place de choix au 7e art ?

Mis à part les rendez-vous habituels, le Sila a prévu des projections de films à la Cinémathèque d’Alger et à la salle Ali Maâchi. Le cinéaste franco-grec, Costa Gavras, se déplacera au Sila pour signer ses mémoires intitulés Vas là où il est impossible d’aller, parus récemment aux éditions françaises Le Seuil. A l’occasion de sa venue, nous comptons projeter le film Z en sa présence.

Ce sera l’occasion de présenter ce film à la nouvelle génération qui n’a pas eu la chance de voir ce long métrage. Nous avons prévu, aussi, de projeter d’autres films au niveau de la Cinémathèque d’Alger. Nous sommes en train d’étudier également les voies et moyens pour présenter certains films à la salle Maâchi. D’ici la fin de ce mois, nous aurons la liste complète des films qui seront projetés à l’intention des intéressés.

– Des réserves sont émises sur des livres portant atteinte à la religion et qui ont été retirés…

Effectivement, une soixantaine de livres ont été retirés. C’est une commission indépendante, constituée de plusieurs départements ministériels et présidée par le directeur du livre et de la lecture au ministère de la Culture, Jamel Foughali, qui a procédé à ces retraits. L’information que j’ai eue jusqu’à maintenant, c’est qu’ils ont émis des réserves sur une soixantaine de titres qui ne seront pas exposés.

Les livres en question tombent sur le sceau de l’article 8 de la loi 15/13 relative aux activités et au marché du livre, promulguée en 2015. Cet article stipule que les activités d’édition, d’impression et de commercialisation du livre doivent s’exercer dans le respect de la Constitution et des lois de la République, de la religion musulmane et des autres religions, de la souveraineté, de l’unité et de l’identité nationales et des valeurs culturelles de la société, des exigences de la sécurité et de la défense nationale, des exigences de l’ordre public, de la dignité de l’être humain et des libertés individuelles et collectives.

Il est toujours utile de préciser qu’il s’agit d’une soixantaine de livres sur plus de 300 000, toutes disciplines confondues, qui sont exposés au Salon. C’est un chiffre minime par rapport au nombre de livres qui seront exposés au Salon, soit 0,002%.

– Pouvez-vous revenir sur les hommages qui seront rendus à des universitaires et à des historiens algériens ?

Les matinées seront réservées exclusivement à des hommages qui seront rendus à des personnalités algériennes, à l’image de Mahfoud Keddache, Belkacem Saâdallah, Amin Zaoui, Abdallah Cheriet, Taous Amrouche, Saïd Boutadjine, Mourad Bourboune et Merzak Baghtache.

– Le Syndicat national des éditeurs du livre (SNEL) a dénoncé, via un communiqué, la hausse des prix de location des stands…

Il faut savoir que la Safex des Pins Maritimes a appliqué un prix avantageux pour le livre. Avant, le prix du mètre carré était cédé à 2000 da. Cette année, la Safex nous a imposé le prix de 3000 da le mètre carré. C’est un prix préférentiel pour le livre parce que pour les autres événements qui se déroulent à la Safex, le prix du mètre carré est de l’ordre de 5000 da.

Par contre, pour le livre, c’est 3000 da. C’est un prix raisonnable. Mais nos amis éditeurs du Snel ont dénoncé à travers les colonnes de votre quotidien la hausse des prix de location des stands. Ils se plaignent du prix du mètre carré. La Safex loue le mètre carré nu à 3000 da. Après appel d’offres et consultation, la construction d’un stand standard coûte entre 1600 et 1800 da le mètre carré.

Le nettoyage des stands et des pavillons d’exposition est à la charge de l’administration du Sila. Le gardiennage est à la charge du Sila. Je vous fais grâce des spots tv, des banderoles et de toute la propagande que nous faisons autour du Salon. Nous prenons en charge aussi le nettoyage et la facture d’électricité. On paye quelque 6 millions de dinars pour la facture l’électricité à la Safex. Si nous prenons le mètre carré et que nous l’additionnons à toutes ces dépenses, cela nous amène à environ 5960 da le mètre carré.

Malheureusement, par les temps qui courent, le budget qui a été alloué au Sila cette année est de l’ordre de 60 millions de dinars. Cela ne nous permet pas de subventionner nos amis éditeurs algériens. Il y a ceux qui sont lésés par rapport à d’autres, à savoir une dizaine d’éditeurs algériens qui construisent des stands et ramènent leurs meubles qui n’ont pas besoin des stands qu’on installe.

Parmi ces derniers figurent Casbah, Dar El Hikma, Dalimen, Enag, El Kalima, ANEP, Chihab, Barzakh et OPU. Nous sommes en train d’étudier une solution en direction de ces personnes lésées pour leur appliquer un tarif préférentiel et non pas leur céder le mètre carré à 6000 da. Je reconnais que ceux qui construisent apportent un plus au Salon. Nous allons les traiter au cas par cas et voir comment les aider.

– Si la plupart des festivals en Algérie tentent d’asseoir une billetterie, le Sila restera gratuit cette année…

C’est la décision des pouvoirs publics – depuis le retour du Salon en 2000 – de laisser l’accès gratuit. Ce n’est pas facile, si on décide un jour que l’accès soit payant, il ne sera pas facile de gérer 30 000 à 35 000 personnes qui attendent l’ouverture du Salon à 9h. Par ailleurs, je tiens à préciser que le critère le plus important pour la réussite d’un Salon est le nombre de visiteurs.

L’année passée, nous avons dépassé la barre des 1,5 million de visiteurs. Notre souhait pour cette année est d’atteindre les 2 millions. Il ne faut pas oublier que le Salon international du livre d’Alger est le premier Salon arabe et africain. Il a sa place à l’international. 

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