Permanences et bureaux de formations politiques : Les partis se mettent en ordre de bataille

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Permanences et bureaux de formations politiques : Les partis se mettent en ordre de bataille

Dimanche dernier, au lendemain du show organisé par le Front de libération nationale (FLN) à la Coupole du 5 Juillet d’Alger, auquel ont pris part des milliers de «militants» acheminés de toutes les régions du pays, et durant lequel le premier responsable du parti, Mouad Bouchareb, avait annoncé son soutien à la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat, l’atmosphère était plutôt morose chez les représentations de cette formation politique au niveau local.

Beaucoup de bureaux du parti (Alger-Centre, Raïs Hamidou, Aïn Benian…) étaient toujours fermés jusqu’au début de l’après-midi. Ils devaient ouvrir leurs portes en fin de journée, comme d’habitude.

«Généralement, ils viennent en fin de journée», indique un riverain à la kasma de Raïs Hamidou. Rien de particulier donc qui pourrait indiquer, du moins au niveau de ces structures de base, que le FLN s’apprête à se lancer dans la campagne pour un 5e mandat de Bouteflika. Et ceci, trois semaines après la convocation du corps électoral, survenue le 18 janvier dernier.

La même chose pour ce qui est du Rassemblement national démocratique (RND), formation du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui également soutient un 5e mandat de l’actuel chef de l’Etat ou de Taj, le parti de Amar Ghoul.

Peu de personnes étaient présentes au siège national de ce dernier, à Aïn Allah, dimanche dernier. Sachant pertinemment que les «jeux sont déjà faits» au sein des «partis du pouvoir», les uns et les autres n’y voient même pas l’utilité de mobiliser sérieusement les troupes.

D’ailleurs, ces dernières sont-elles «mobilisables» en l’état actuel des choses sans une «contrepartie» ? A Aïn Benian, à l’ouest d’Alger, des militants du FLN s’affairent à chercher des locaux pour une courte location (le temps de la campagne). «L’objectif étant, au vu des expériences passées, de donner l’illusion d’une scène politique animée», explique un responsable local.

Il s’agit de l’ouverture de deux ou trois «permanences» dans les différents quartiers de la ville et d’y accrocher des drapeaux et des portraits du Président.

L’ «animation» est plutôt à signaler chez certains partis de l’opposition, à des degrés différents et selon le positionnement des uns et des autres concernant cette élection présidentielle. Le Front des forces socialistes (FFS), lui, a décidé de boycotter cette élection.

«Dès l’adoption par le conseil national de la résolution portant boycott actif et massif de ce scrutin, les structures du parti ont étaient mise en branle pour expliquer aux Algériens notre position», nous dit sur place Jugurtha Abbou, chargé de communication du FFS.

Le FFS prépare sa campagne pour le boycott, un «non-événement» pour le RCD

A cet effet, en plus des meetings et autres réunions à l’intérieur des bureaux du parti qui vont être organisées, il est question aussi d’investir la rue pour des distributions de tracts dans les lieux publics contenant l’«appel à la mobilisation des Algériennes et Algériens». Les autorités laisseront-elles faire les partisans du boycott ?

«Jusque-là, on n’a pas eu de refus pour ce qui est des salles, mais on s’attend à ce que les choses ne soient pas faciles», a ajouté Abbou.

Avec la déclaration d’Ahmed Ouyahia au sujet de l’occupation de la rue par les partisans du boycott ou ceux qui rejettent cette élection, il est fort à parier que le gouvernement ne laissera pas faire.

Par ailleurs, l’ambiance était plutôt «festive» au siège d’Alger du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), sis à la rue Didouche Mourad.

Mais ce n’était pas lié à l’élection présidentielle bien évidemment. Le parti fête en ce moment le 29e anniversaire de sa création. Expositions, chants engagés, conférences, la formation que préside actuellement Mohcine Belabbas a multiplié les actions pour marquer l’événement «interne».

Pour ce qui est de l’élection présidentielle, c’est un «non-événement» pour le RCD. C’est Farid Hami qui nous a reçus dimanche au siège d’Alger. «Ce n’est même pas un boycott pour nous. C’est un non-événement.

L’essentiel n’est pas cette élection présidentielle, mais d’arriver à un consensus au sein de la société», souligne-t-il.

D’ailleurs, le même jour, la direction du parti a rendu public son appel, dans lequel il est mentionné que son conseil national «a décidé d’instruire ses structures régionales et locales pour afficher leur disponibilité à la discussion avec des militants politiques, syndicaux, associatifs et des citoyens désirant s’investir dans la mise en place d’espaces de concertation pour une mobilisation citoyenne en faveur de la construction d’un rapport de force pour un nouveau départ».

Le RCD ne mènera pas donc une campagne pour le boycott. «On a déjà opté pour le boycott actif par le passé», ajoute notre interlocuteur.

Par contre, peu d’activisme politique a été signalé du côté du siège national de Ahd 54, dont le président, Ali Fawzi Rebaine, est pourtant candidat à l’élection présidentielle. Il faut noter, à cet effet, que les partis, comme celui-ci, qui ne disposent pas d’élus n’ont pas les ressources financières nécessaires pour s’assurer des permanences.

Branle-bas de combat chez le MSP

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), lui, prendra part à la présidentielle. Au niveau de son siège national, les différents responsables s’attellent à la collecte des signatures des citoyens, celle des élus ayant déjà était clôturée.

C’est ce qu’a affirmé sur place Abdelali Hassani Cherif, le chargé de l’organique au sein du parti. Celui-ci nous a fièrement exhibé les «1500 parrainages d’élus collectés au niveau de 44 wilayas du pays» (la règlementation exige 600 signatures répartis sur 25 wilayas).

En haut de la pile, il y avait le formulaire rempli et signé par Abdelmadjid Menasra, comme pour dire que la «réunification» de 2017 entre le MSP et le Front du changement (FC) a été effectivement concrétisée.

«Maintenant, nous visons la collecte de 300 000 signatures de citoyens. 100 000 chaque semaines», a ajouté Abdelali. Est-ce une démonstration de force ?

Au MSP, il est surtout question, explique notre interlocuteur, de mobiliser la base. Et quoi de mieux que de les pousser à collecter un maximum de signatures.

Pour ce qui est des entraves de l’administration évoquées par quelques candidats, le parti que préside Abderrazak Makri estime que le problème est surtout d’ordre politique. «Le meeting du FLN de samedi renseigne sur le fonctionnement de l’Etat, concernant la mobilisation des moyens de l’Etat pour un rendez-vous d’un parti politique», a déclaré Abdelali Hassani Cherif.

C’est l’administration qui se met au service d’un candidat. Vu que l’actuel chef de l’Etat a officialisé sa candidature, il est peu probable que la scène politique de l’opposition puisse connaître un dynamisme correspondant aux enjeux du moment.

Une scène qui sera probablement monopolisée dans les jours à venir par les partis de l’alliance qui vont tenir de «grands» meetings durant la campagne pour «vendre» le 5e mandat. A moins que le «sentiment» de rejet de ce 5e mandat prenne de l’ampleur…

El-Watan.com