Plaidoirie pour l’institution d’une commémoration du 20 août 1956, date de la tenue du Congrès de la Soummam

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Plaidoirie pour l’institution d’une commémoration du 20 août 1956, date de la tenue du Congrès de la Soummam

De Novembre 1954 à Août 1956

La lutte algérienne contre l’occupant français ne date pas du 8 mai 1945 et n’a pas débuté avec Messali Hadj non plus. Elle a existé dès le débarquement de l’armée française en 1830 et s’est poursuivie jusqu’en 1962 sur une période dépassant un siècle.

Ce qui légitimise, d’ailleurs, pour cette lutte menée par les Algériens contre la France la fameuse appellation de «guerre de cent ans», plus et mieux que pour la série d’escarmouches anglo-françaises, attribuées en partie à Jeanne d’Arc et les rois de France contre l’Angleterre qui en occupait une grande partie

En effet, on oublie souvent que l’Algérie n’a été définitivement et complètement occupée qu’en 1934. Soit plus de cent ans après le fameux débarquement de Sidi Ferruch en 1830.

Les dates historiques sont là : la lutte des Algériens n’a jamais pris fin. Les insurrections et batailles ne se sont jamais définitivement arrêtées, se relayant de façon continue et intermittente, de région en région.

Pour cette guerre plus que centenaire — elle a duré pas moins de 104 années —, rappelons-nous ces nombreuses batailles, insurrections et résistances armées qui se sont étalées sur deux demi-siècles consécutifs : celui de la fin du XIXe et celui du début du XXe.

Luttes et résistances des algériens contre l’occupant français au cours du XIXe SIècle
Les batailles, luttes, résistances et insurrections du XIXe siècle ont été menées par les Algériens de toutes les régions du pays : celles du Nord, du Sud de l’Est et de l’Ouest, selon l’implacable chronologie suivante :

• Après Sidi Ferruch, 1830, il y eut la bataille de Staouéli, suivie de la résistance de la Mitidja.
• En 1832 commenceront celles de l’émir Abdelkader.
• De 1836 jusqu’à 1848, nous assistons aux batailles de Constantine.
• La bataille de Oued El Alleug eut lieu en 1839.
• En 1845, ce sont les batailles de Sidi Brahim.
• La résistance des Zaâtchas avec Cheikh Bouziane qui tombera au champ d’honneur au cours de la bataille de Sidi Mazari, en novembre 1849.
• En 1851 suivirent les déclenchements de la résistance par Chérif Boubaghla et par Bennaceur Ibn Chohra.
• En 1852, il y eut le déclenchement de la résistance de Laghouat.
• En 1854, la résistance de Lalla Fatma N’Soumer, avec son éclatante victoire sur le maréchal de France, Randon.
• En 1855 celle du Djurjura sous la direction de Chérif Bouhmara.
• En 1857, six tribus kabyles repoussent un bataillon de l’armée française lors de la bataille de Chellata.
• 1864, il y eut les batailles des Ouled Sidi Cheikh. Elles durèrent plus de 20 ans.
• 1871 connut la guerre menée par Hadj Mokrani et Cheikh Ahaddad qui ont pu libérer plusieurs régions du pays.

Cette même année connut d’autres insurrections, telles que celles des Beni Menacer. Celle de Bouchoucha qui prit Oued Souf. Celle de Moulay Ech-Chekfa, celle de Mohammed Benabdallah qui engagea la bataille de Negrine.

• 1873, Cherif Bouchoucha lance des attaques sur plusieurs positions françaises situées dans le sud du pays. Il est fait prisonnier et sera exécuté une année plus tard.
• 1876, déclenchement de la résistance de l’oasis El Amiri (Biskra).
• 1879, une autre résistance éclata dans les Aurès.
• 1881, ce sont les résistances des Touareg et de Cheikh Bouamama.
• Celle du M’zab eut lieu en 1882.
• Après la mort de l’Emir Abdelkader en 1883 à Damas, l’armée française luttait encore et toujours en 1888 contre les tribus de Djebel Ammour qui venaient de rejoindre la résistance d’Ouled Sidi Cheikh engagée dès 1881 par Cheikh Bouamama.
• 1893 connut l’extension des maquis dits «de bandits d’honneur» dans toute la Kabylie.

Ajoutons à cela que les statistiques françaises elles-mêmes donnent, pour un autre aspect de cette lutte, 51 077 attentats nationalistes commis entre 1886 et 1894 contre l’occupation. Ce qui ne donne pas moins de 5675 attentats par an, soit une vingtaine par jours.

Et là, on constate déjà que 50 années après le débarquement en Algérie, les troupes françaises n’avaient guère dépassé au sud la ligne : El Oued, Touggourt, Ouargla, El Goléa, Aïn Sefra.

Poursuivons avec les batailles de résistance du XXe siècle

• En 1901, c’est le déclenchement de la résistance de Aïn Turki, ainsi que celle de Miliana sous la direction de Cheikh Yacoub Ibn El Hadj.

• 1902, révoltes du Hoggar et du Tassili N’Ajjer.
• En 1905, déclenchement de plusieurs incendies en Kabylie et à Chlef.
• 1912, déclenchement de la résistance des Beni Chougrane dans les montagnes de Mascara.
• En 1913, la bataille de Ghat fut une défaite cuisante pour l’occupant français. Les troupes du capitaine Edouard Charlet durent rejoindre leur poste arrière après une fuite de 120 km à pied, leurs montures étant détruites.
• En 1915, la confrérie des Senoussi se révolte dans la région de Djanet.
• En 1917, Cheikh Ammoud, dans la lutte targuie, enclenchée des 1881, remporte la brillante victoire de Djanet, la même année la révolte éclate dans les Aurès.
• 1927, batailles de Tindouf, la région n’est conquise par les Français qu’en 1934 par le colonel Trinquet sous les ordres du général Giraud.

La chronologie donnée ci-dessus montre bien que ce n’est qu’en 1934, soit 104 années après le début de l’occupation (en 1830) que la dernière région du pays fut occupée.

Après 1934, la date phare dans le processus de lutte de Libération nationale sera 1954.

Les vingt années qui séparent ces deux dates ont été mises à profit par le nationalisme algérien pour faire les bilans, tirer les conclusions des expériences passées relatives aux luttes antérieures afin de se préparer politiquement et militairement à l’ultime et dernière Révolution libératrice qui éclatera le 1er Novembre 1954.

La première conclusion faite, c’est qu’au cours de tout un siècle et 4 années, les batailles furent fort nombreuses et les luttes et résistances armées contre le colonialisme demeurèrent sporadiques et localisées.
Elles restaient limitées au niveau des régions et n’ont pas eu l’envergure souhaitée avec la dimension du territoire national.

C’était là le principal point faible qui a permis d’ailleurs à l’occupant de se maintenir et de réprimer méthodiquement et séparément ces luttes régionales récurrentes.

Et c’est ce point faible que la Révolution de novembre 1954 a pris essentiellement en compte pour le corriger, et pleinement réussir dans sa démarche que venait renforcer en matière d’organisation et de structuration la Plate-forme du Congrès de la Soummam.

Les buts de guerre politico-militaire y sont alors définis.
Ceux-ci visaient :

• l’affaiblissement de l’armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes ;
• la détérioration, sur la plus grande échelle possible, de l’économie de la France par le sabotage, les grèves pour rendre impossible l’administration normale du pays(*) ;
• la perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social et rendre impossible la continuation de la guerre(**) ;
• Enfin l’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde.

C’est là une évolution des plus tranchée que connut la Révolution de Novembre.
L’objectif premier du Comité révolutionnaire pour l’unité et l’action (CRUA) composé de dirigeants du MTLD (centralistes et ex-membre de l’OS) et créé en mars 1954, visait bien de donner déjà, comme son nom l’indique, à cette lutte armée la dimension nationale de l’unité d’action au niveau d’un parti d’envergure nationale (les protagonistes furent du côté des centralistes, Lahoual Hocine, Abdelhamid Sid Ali, Dekhli Mohamed, et à la fin Bouchebouba Ramdane et du côté de l’OS Mustafa Benboulaïd et Mohamed Boudiaf).

Mais cette réunification du parti du MTLD, afin de préparer par la suite le déclenchement de la lutte armée, et prévue antérieurement par l’OS lors de sa création, n’a pas vu le jour, et le CRUA vit sa dissolution en juillet 1954.
Dès lors, les dates marquantes ayant suivi pour présider à la mise sur rail de la lutte armée à mener jusqu’à son terme, l’ultime grande bataille qui conduira à l’indépendance sont les suivantes :

Le CRUA n’ayant, de son côté, pas atteint son objectif (celui de réunifier le parti et préparer le déclenchement de la lutte armée), il y eut : le 23 juin 1954 la réunion des «22» à El Madania, ex-Clos Salembier à Alger, au domicile de Deriche Lyes. Ces 22, tous ex-membres de l’OS, représentaient déjà toutes les régions du pays et prirent la résolution définitive d’engager la lutte armée.

La dissolution du CRUA interviendra tout de suite en juillet 1954.

Quant à la réunion suivante, celle du 10 octobre 1954, elle permit de structurer le territoire national en zones de responsabilité politico-militaire et de désigner le responsable qui sera à la tête de chacune de ces zones.

La réunion du 23 octobre 1954 du groupe des Six à Raïs Hamidou (ex-Pointe Pescade) au domicile de Mourad Boukechoura, quant à elle, décide finalement de la création du FLN et de l’ALN et arrête la rédaction définitive de la Déclaration du 1er Novembre 1954.

La Déclaration du 1er Novembre 1954

• Le contenu de celle-ci se résume ainsi :
• Elle a fixé la date du déclenchement de la lutte armée, pour l’ensemble du territoire national, au 1er Novembre 1954 à zéro heure.
• Une autre décision importante avait été prise : celle de se rencontrer en début de l’année 1955 pour faire le point et le bilan de la nouvelle situation afin d’adapter l’organisation politique et militaire en fonction des résultats de la lutte enclenchée sur le terrain, et face aux développements et aux mesures qui ne manqueraient pas d’être prises par l’occupant français surpris, comme il le sera, dès le 1er novembre par l’étendue et l’envergure de la manifestation armée à travers l’ensemble du territoire national. Cette réunion n’a pas pu se tenir comme prévu pour le début de l’année 1955 en raison du fait que la moitié des six chefs historiques ont été mis hors de combat.

En effet, le premier, Didouche Mourad, est tombé au champ d’honneur le 14 janvier 1955, le deuxième, Mostafa Benboulaïd a été arrêté à la frontière tunisienne le 11 février 1955, il tombera au champ d’honneur le 22 mars 1956 ; quant au troisième, Rabah Bitat, il est arrêté le 23 mars 1955 à Alger.

Cette nouvelle situation a fait que cette réunion importante soit reportée de facto à une date ultérieure non définie.
Ce qui donnait du temps aux nouveaux responsables de zones de prendre en charge leur nouvelle responsabilité au niveau de leur zone politico-militaire, mais surtout de rétablir le contact entres les différentes zones précédemment créées.

C’est le 20 août 1956, lors Congrès de la Soummam, préparé principalement par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, qu’eut lieu finalement la réunion cruciale qui allait dans le sens de la décision des «6» lors de leur dernière réunion de la Pointe Pescade le 23 octobre 1954.

Ainsi, seuls Ben M’hidi Larbi et Krim Belkacem seront présents à cette réunion (car encore opérationnels).
Ce recul dans le temps a permis de procéder à une réflexion plus en profondeur de l’action, tant sur le plan militaire que politique pour venir confirmer la stratégie militaire du 1er Novembre : celle de déclencher la lutte armée sur l’ensemble du territoire.

Il fallait également placer l’ensemble des forces et partis politiques du pays sous la houlette d’une seule et unique direction, celle du Front de Libération Nationale.
Cette stratégie a évité aux Algériens de vivre ce que vit encore aujourd’hui une Résistance à plusieurs têtes, comme le cas actuel de la Palestine.

Cette approche stratégique proposée par Abane Ramdane a été adoptée et a permis le regroupement, sous l’égide du FLN : des centralistes, du MTLD, de l’UDMA, de l’Association des Oulémas ainsi que le PPA, et le Parti communiste algérien (PCA).

Prévu d’abord dans le Nord Constantinois puis dans les Bibans, le Congrès s’est tenu finalement à Ifri, petit village de la vallée de la Soummam en zone 3 (future Wilaya III).

Il a donné lieu à la Plate-forme de la Soummam qui prenait, entre autres, en charge les objectifs impératifs du CRUA, en plus vaste pour ce qui est de l’unification de l’action militaire et politique en arrêtant l’organisation.
Comme il a été souligné par des acteurs importants de cette période, «le Congrès de la Soummam a fait d’une révolte, une révolution, et a évité à l’Algérie de rééditer les ‘‘échecs du passé’’».

Force est de reconnaître, avec du recul, que le Congrès de la Soummam est le congrès qui a défini les fondements de la Nation algérienne et a constitué le véritable acte fondateur de l’Etat algérien moderne et le pilier déterminant pour la réussite de la Révolution algérienne.

Quand la France put prendre connaissance du contenu de cette Plate-forme de la Soummam, elle comprit qu’elle avait en face, cette fois-ci, de véritables révolutionnaires de grande trempe, avec des plans, une organisation, toute une stratégie politico-militaire moderne et d’actualité dont plusieurs leaders africains sont venus étudier et s’inspirer, comme feu le président Mandela qui a fait une formation dans les rangs de l’ALN.

Ce qui nous amène instamment à plaider, pour notre part, la préconisation d’une commémoration annuelle à la mesure du contenu de la Plate-forme qui y a été adoptée pour venir donner l’ultime second souffle grandiose à la valeureuse Révolution du 1er Novembre 1954.

Le congrès de la Soummam (20 août 1956)

Organisé principalement par Abane Ramdane et Larbi Ben M’hidi, le Congrès entérinera les décisions suivantes :

• Le découpage du territoire national en wilayas avec et leur délimitation (voir annexe).
L’ensemble des zones est redéfini et découpé en 6 wilayas.
• Chaque Wilaya est commandée par un colonel dont les adjoints sont des commandants. Le conseil de Wilaya, présidé par le colonel qui la commande, comprend un adjoint militaire, un adjoint politique, un officier de renseignement, un responsable de la propagande et un responsable financier.
• Les wilayas sont elles-mêmes divisées en zones (mintakate) commandées par des capitaines et des lieutenants.
• Les zones comprennent des régions (nahiate) sous la responsabilité d’un sous-lieutenant et d’aspirants.
• Et les régions étaient découpées en secteurs (kasmas) commandés, eux, par un adjudant et des sergents-chefs.
• La décision de mise en place des structures centrales : CNRA, CCE qui donnera un centre de décision politico-militaire unique.

Ainsi, le Congrès de la Soummam verra naître les dix commandements qui régiront l’ALN et dont les missions sont celles de :

1. Poursuivre la lutte de libération jusqu’à l’indépendance totale.
2. Poursuivre la destruction des forces de l’ennemi et la récupération du maximum de matériel qui a permis à l’ALN de continuer le combat malgré la construction des lignes Morice et Challe.
3. Développer le potentiel matériel, moral et technique des unités de l’ALN (variante : des unités de l’armée).
4. Rechercher au maximum le mouvement, la dispersion avec regroupement et l’offensive.
5. Renforcer la liaison entre les Postes de commandement (PC) et les différentes unités.
6. Développer le réseau de renseignement au sein de l’ennemi et au sein de la population.
7. Développer le réseau d’influence du FLN auprès du peuple afin d’en faire un appui sûr et constant (variante : absence de mention de «auprès du peuple») et interversion des points 6 et 7).
8. Renforcer la discipline dans les rangs de l’ALN (variante : dans le sens de l’armée).
9. Développer l’esprit de fraternité, de sacrifice et d’équipe parmi nos combattants.
10. Se conformer aux principes de l’islam et aux lois internationales dans la destruction des forces ennemies.

La plate-forme de la Soummam : ses forces et la faiblesse des arguments de ses détracteurs

• La Plate-forme de la Soummam analyse la situation politique 20 mois après le déclenchement de l’insurrection, fixe les objectifs à atteindre et les moyens d’y parvenir.
En outre, elle pose le problème des négociations et les conditions de cessez-le-feu qui ont prévalu et servi de base, cinq ans plus tard, comme préalables aux négociations d’Evian :
Nous citerons.
1. Reconnaissance de la Nation algérienne unie et indivisible (opposée à la fiction coloniale de «l’Algérie française» et à toute idée de partage ethnique ou confessionnel).
2. Reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté pleine et entière, dans tous les domaines, y compris la Défense nationale et la diplomatie (contre le principe du type d’autonomie interne concédée par la France à la Tunisie et au Maroc) (ne pas oublier, nous sommes en 1956).
3. Libération de toutes les Algériennes et tous les Algériens emprisonnés, internés ou exilés pour activité politique ou armée.
4. Reconnaissance du FLN comme seul représentant du peuple algérien et seul habilité à toute négociation ; en contrepartie, le FLN est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.
«Seul le CNRA est habilité à ordonner le cessez-le-feu dans le cadre fixé par la Plate-forme proclamée dès lors «la

Plate-forme de la Soummam».

Face à la propagande de la France qui accusait le FLN d’être au service d’une puissance étrangère, la Plate-forme de la Soummam définira ainsi la Révolution : «La Révolution algérienne est un combat patriotique dont la base est incontestablement de caractère national, politique et social. Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington». L’allusion au «Caire» déplut fortement au président égyptien Nasser.

Certes, il n’y a pas eu de doctrine mais un effort pour combler le vide idéologique et politique existant : ce n’était qu’une Plate-forme ; elle ne pouvait que fixer les objectifs stratégiques de la guerre et les moyens d’y parvenir, notamment les conditions du cessez-le-feu.

Son mérite aura été d’avoir fourni aux militants et aux cadres du FLN, à l’extérieur comme à l’intérieur, des repères d’orientation clairs et fermes pour la poursuite du combat.

Le principe de la nation algérienne, partie intégrante du Maghreb arabe, fut solennellement proclamé.
Vis-à-vis de la minorité européenne et juive, le droit d’opter pour la nationalité algérienne est reconnu à titre individuel et sur demande de l’intéressé.

Ce qui a honoré la Révolution algérienne, c’est qu’il n’y a jamais eu de pogrom anti-juif. Le boycott des commerçants juifs fomenté par l’ennemi fut étouffé dans l’œuf par le FLN dès 1956.

Malgré la participation active de certains éléments juifs et chrétiens à la répression, les 7 années et demie de guerre ne connurent, non plus, pas de profanation de leurs lieux de culte (synagogues, églises ou cimetières)

La Plate-forme de la Soummam a fait connaître au monde le visage d’un pays luttant pour une cause juste, dépourvu de chauvinisme et de haine raciale, ouvert à tous ses habitants et tourné vers l’avenir. On a reproché au Congrès de la Soummam de n’avoir pas approfondi l’idéologie de la Plate-forme, notamment son côté social. Le problème qui se posait alors n’était pas d’ordre idéologique, mais une question de survie pour le peuple algérien ; le problème était : «colonialisme» ou «indépendance».

On a reproché aussi au Congrès de ne pas s’être prononcé pour le «socialisme».
Le problème n’était pas dans l’alternative «colonialisme» ou «socialisme», mais encore une fois dans l’alternative «colonialisme» ou «indépendance».

La tendance islamiste, quant à elle, a, de son côté, reproché au Congrès de ne pas s’être prononcé pour un «Etat islamique». S’il en avait été ainsi, le Congrès s’était séparé entre tendance islamique et nationaliste et aurait entraîné l’éclatement du FLN, pour la plus grande joie du colonialisme, les armes se seraient retournées entre frères.

On a également reproché à cette Plate-forme l’absence des femmes ainsi que celle de certains autres représentants de la société dans la liste du CNRA, comme celle de Français ayant aidé le FLN.

De tels reproches ne tiennent pas la route ; en effet, pour ce qui est de la représentativité de la femme, la 1re Assemblée nationale de l’Algérie indépendante montrait, toute proportion gardée, qu’il y avait plus de femmes à l’Assemblée nationale algérienne que la France n’avait à l’Assemblée française.

En effet, en 1962, la composante des Assemblées était comme suit :

• Pour la France avec plus de 50 millions d’habitants, il y avait 7 femmes sur les 482 députés français, soit 1% de femmes et donc 0,14 député-femme par million d’habitants.
• Pour l’Algérie à la même époque, avec moins de 10 millions d’habitants, il y avait autant de femmes députées donc 7 femmes (soit 8%) sur les 194 élus de l’Assemblée nationale algérienne ou 0,70 député-femme par million d’habitants.

Rappelons enfin que pour ce qui concerne l’absence au niveau de commandement de Français ayant participé à la lutte et nous ayant aidés, ils n’aimaient pas être mis au-devant de la scène politico-militaire ; mais à l’indépendance, ils figuraient de la façon des plus significatives comme représentants du peuple algérien au sein de l’Assemblée nationale au nombre de pas moins de 17 (députés).

Nos martyrs ont droit à la considération qu’ils méritent et notre jeunesse à la vérité.
Toute la vérité concernant l’histoire de leur pays.

Par D. Lamani

Ex-officier de l’ALN

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