Plusieurs quartiers de la ville sont touchés : Les inondations : un phénomène devenu récurrent

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Désormais, chaque épisode pluvieux à Jijel est accompagné par des inondations dont l’ampleur grossit à vue d’œil, et touche de plus en plus de régions du chef-lieu de wilaya comme d’autres communes comme Taher ou El Milia, entre autres.

Le plus étonnant à Jijel est le fait que les quartiers concernés par les inondations se trouvent à quelques dizaines de mètres de la mer et qu’il n’existe pas de grandes rivières dans la région, si ce n’est des petits cours d’eau asphyxiés par les constructions. Certains cours d’eau, comme du côté de Ben Achour et Bourmel, à l’ouest de la ville de Jijel, ont été recouverts par des dalles de béton sans que, toutefois, des actions de curage ne soient effectuées périodiquement pour assurer un bon écoulement des eaux.

À Bourmel où s’écoulait l’oued Moutas désormais canalisé dans du béton qui refait surface à chaque grande pluie. Du côté du boulevard Hocine Rouibah et surtout le tronçon se trouvant près du lycée Soummam dont les élèves n’arrivent pas à rejoindre l’établissement lors des désormais immanquables inondations, surtout depuis les travaux réalisés durant la dernière saison estivale et qui ont accentué le problème, les habitants sont dépités. Sur les lieux, seuls des éléments de la Protection civile étaient présents ce vendredi. Une virée à Rabta où se trouve l’exutoire de cette nouvelle canalisation nous montrera le désastre ! Presque aucun volume d’eau ne se déverse vers la mer à partir des deux petites conduites destinées à cet effet.

Bref, du travail pour rien, mais avec des conséquences fâcheuses. Là, nous avons trouvé un simple citoyen en train d’enlever des détritus pour permettre aux eaux d’un cours d’eau de s’évacuer normalement vers la mer.
A chaque fois, c’est la grogne comme dans la soirée de mercredi dernier ou encore jeudi en fin d’après-midi lorsque des riverains ont décidé de fermer cette importante voie qui dessert l’ouest de la wilaya.

«On patientera jusqu’à la décrue avant de commencer le nettoyage à grande eau puis on attendra la prochaine pluie pour subir le même scénario.» C’est ce que nous dira un citoyen habitant ce quartier qui se mue en piscine à la moindre averse. «Avant, nous dira-t-il, la décrue se faisait rapidement, mais maintenant c’est après l’arrêt des pluies que l’inondation s’accentue avec l’arrivée des eaux canalisées des autres quartiers en amont.»

En effet, les regards et les avaloirs au lieu d’absorber les eaux, se mettent à les refouler en inondant des dizaines de pâtés de maisons aux alentours. Dans une proportion moindre, du côté de la cité Plage, le même scénario est visible, mais là, selon des spécialistes, c’est à cause d’un sous-dimensionnement des réseaux dans une région connue pour ses très fortes pluies. Au centre-ville où jadis les croisements de routes disposaient à chaque coin d’un avaloir, beaucoup ne sont plus fonctionnels à cause des multiples revêtements en bitume qui les ont bouchés et ceux qui restent ne sont tout simplement pas nettoyés à la fin de la saison estivale comme cela se faisait dans le temps.

À ces manquements, on ajoutera le cas que nous avons déjà évoqué dans ces mêmes colonnes, relatif aux eaux boueuses qui s’accumulent derrière la clôture de la caserne militaire d’Ayouf, sur les hauteurs de la ville.

Ces eaux se déversent via des trous vers les artères de la ville, d’un côté en suivant la rue Bouridah Seddik et les rues Abeslem Benbadis et Aïssat Idir dans la ville basse, et de l’autre, vers la route qui longe le lycée El Kendy jusqu’à certaines rues du village Mustapha, à l’ouest de la ville. Une action urgente pour canaliser ces eaux est plus que nécessaire. Jijel n’est pas la seule ville qui souffre des méfaits de l’anarchie urbanistique, la faiblesse des études et la qualité des travaux. Une prise en charge sérieuse de ce dossier est nécessaire pour éviter qu’à l’avenir on ait à déplorer des drames.

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