Pour le changement du système : Historique déferlante populaire à Tizi Ouzou

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Pour le changement du système : Historique déferlante  populaire à Tizi Ouzou

La ville de Tizi Ouzou s’est avérée, hier, vraiment trop exiguë pour contenir toute cette masse humaine qui a déferlé sur ses ruelles. Toute la population était dans la rue. Des centaines de milliers de personnes ont pris part à une mobilisation gigantesque pour réclamer, encore une fois, le départ du système.

Il était 11h, quand les citoyens commençaient à affluer vers le lieu de départ de la marche, devant le portail principal du campus universitaire de Hasnaoua, où les premiers marcheurs avaient déjà installé le décor de la marche. Dès lors, des grappes humaines arrivaient sans discontinuité avant que la ville ne soit totalement envahie par une marrée humaine de toutes catégories de personnes. Il était, d’ailleurs, difficile de se frayer un chemin dans cette foule compacte qui a occupé la montée et l’axe du stade du 1er Novembre, où un grand étendard sur lequel on pouvait lire «Tebwim Tamurt gher Usfel» (Vous avez mené le pays à la dérive) était accroché sur le mur de l’enceinte du siège de la direction de la jeunesse et des sports.

Dans l’autre sens, des milliers de personnes arrivaient en scandant des slogans hostiles aux décideurs. «Pouvoir assassin !», «Y en a marre de ce pouvoir !» et encore «Bouteflika dégage !». La procession avançait lentement pour rejoindre l’autre foule qui venait d’amorcer la rue du CHU Nedir Mohamed. Plusieurs banderoles et pancartes étaient brandies par les manifestants. «Ni 5e mandat ni 4 et demi», «On exige le démantèlement du système», «Système serviteur de la France et des USA», «20 ans, barakat», «Le peuple demande la dissolution du Parlement, démission du gouvernement, dissolution du Conseil constitutionnel, départ de la junte militaire», sont, entre autres, les mots d’ordre mis en avant par ces centaines de milliers de marcheurs qui ont manifesté dans un climat pacifique et dans une ambiance de solidarité et de communion.

Dans un autre carré, les marcheurs ont déployé une banderole noire sur laquelle est mentionné : «Pour que nul n’oublie les martyrs du Printemps noir». Au-devant de la foule, un jeune a exhibé le portrait de Kamel Irchene qui a, pour rappel, été tué par des gendarmes lors des événements de Kabylie, en 2001. Et avant de rendre son dernier soupir, il avait écrit avec du sang le mot «liberté» sur un mur, à Azazga. «Le combat continue», écrit Abdelghani, le frère du défunt, histoire de dire que les sacrifices de ceux qui sont morts durant la même période ne seront pas vains.

C’est le souhait de plusieurs marcheurs qui ont également porté des portraits de Matoub Lounès. «Les enfants du Rebelle se révoltent», ont-ils rédigé sur des pancartes. Des jeunes, pour la plupart, ont manifesté pacifiquement, hier, à Tizi Ouzou qui était submergée. Des manifestants sont arrivés à la placette de l’ancienne gare routière, baptisée carrefour Matoub Lounès, alors que des dizaines de milliers d’autres étaient toujours devant le campus de Hasnaoua et même au quartier La Tour et au boulevard Krim Belkacem. La capitale du Djurdjura était noire de monde. Aucune marche n’a pu drainer une mobilisation similaire dans l’histoire de la région. «Il y a un millions de marcheurs», essaye de commenter un confrère. «Tous les habitants des villages et villes de la wilaya sont descendus à Tizi Ouzou.

Tout le monde est concerné par cette mobilisation qui vise le départ d’un système qui a ruiné le pays et pillé l’Algérie depuis le coup de force du clan de Oujda, en 1962. Le peuple veut un changement avec un régime corrompu et corrupteur. Il veut rompre avec ces décideurs qui ont utilisé la dictature pour se pérenniser au pouvoir», a martelé un marcheur dans la foule qui ne s’est dispersée qu’après 17h30.

El-Watan.com