Poursuite de la baisse des réserves de change : La Banque d’Algérie recommande plus d’efforts

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Poursuite de la baisse des réserves de change : La Banque d’Algérie recommande plus d’efforts

Malgré le renchérissement des prix du pétrole ces derniers mois, le déficit du solde global de la balance des paiements et, corrélativement, l’érosion des réserves de change demeurent «relativement élevés», souligne la Banque d’Algérie (BA) dans sa dernière note de conjoncture. La BA fait ainsi un bilan mitigé de la situation financière du pays, dans un entretien répercuté par l’APS, observant la persistance d’un seuil élevé du déficit de la balance des paiements, en dépit de la remontée du prix moyen du pétrole, à près de 71 dollars durant le 1er semestre 2018, en contexte de baisse des quantités exportées.

Les responsables de la BA jugent que des efforts supplémentaires d’ajustement sont nécessaires pour rétablir les équilibres macroéconomiques afin d’assurer la viabilité de la balance des paiements et «limiter l’érosion des réserves officielles de change», compte tenu de l’évolution attendue des prix du pétrole, des limites observées à la compression des importations, notamment des biens de consommation alimentaires et non alimentaires, et des perspectives d’évolution des exportations hors hydrocarbures à moyen terme.

Interrogée par l’APS sur la nature des mesures à entreprendre, la même source soutient que «ces efforts devraient s’intégrer dans un vaste programme de réformes structurelles pour libérer le fort potentiel de croissance de l’économie nationale et diversifier l’offre locale et les exportations de biens et services».

Alors que le déficit de la balance des paiements de l’Algérie s’est réduit au 1er semestre 2018 de plus de 3 milliards de dollars par rapport à la même période de 2017, les réserves de change – or non compris – ont baissé à 88,61 milliards de dollars à la fin du 1er semestre 2018, contre 106,3 milliards à la même période de 2017, notent les responsables de la Banque d’Algérie via l’APS.

Par rapport à fin décembre 2017, les réserves de change se sont contractées de 8,72 milliards de dollars en passant de 97,33 milliards à fin décembre 2017 à 88,61 milliards à fin juin 2018, «soit légèrement plus que le déficit du solde global de la balance des paiements, et ce, en raison notamment de l’effet de valorisation négative de près de 790 millions de dollars, lié à l’appréciation du dollar vis-à-vis de l’euro entre janvier et juin 2018», relèvent les mêmes responsables. Le solde global de la balance des paiements, qui se compose des flux à la fois des biens de l’ensemble des entrées et sorties de devises entre l’Algérie et les autres pays, a affiché un déficit de 7,93 milliards de dollars à la fin juin 2018, contre un déficit de 11,06 milliards à la fin juin 2017.
Par catégorie de flux, le déficit de la balance commerciale (marchandises) s’est établi à 3,58 milliards de dollars au 1er semestre 2018 contre un déficit de 7,9 milliards à fin juin 2017, soit un recul de 54,7%.

Quant au poste «services hors revenus des facteurs», le déficit s’est réduit en passant à 3,8 milliards de dollars à fin juin 2018 contre un déficit de 4,35 milliards à fin juin 2017 (-13%), indique la même source. Le poste des «services hors revenus des facteurs» se compose notamment des prestations techniques assurées par les étrangers en Algérie (bâtiment, travaux publics…) et par l’Algérie à l’étranger, ainsi que le transport assuré par les transporteurs étrangers pour les marchandises importées par l’Algérie (armateurs…) et les assurances à l’international. En revanche, pour le poste «revenus des facteurs», le déficit s’est creusé à 1,84 milliard de dollars contre un déficit de 1,23 milliard à fin juin 2017.

Le poste «revenus des facteurs» comprend, entre autres, les bénéfices rapatriés vers l’extérieur par les entreprises étrangères activant en Algérie, les bénéfices réalisés par les sociétés algériennes à l’étranger… Concernant les «transferts nets», dont essentiellement les transferts des retraites et pensions vers l’Algérie, ils ont augmenté de 27,6% en passant à 1,73 milliard de dollars à fin juin 2018, contre 1,36 milliard à fin juin 2017.

Au total, le déficit du compte courant de la balance des paiements s’est alors réduit à 7,48 milliards de dollars à fin juin 2018, contre un déficit de 12,12 milliards à la même période de 2017. Le solde du compte courant de la balance des paiements comprend les soldes, respectivement, de la balance commerciale des marchandises, du poste des services hors revenus des facteurs et du poste revenus des facteurs ainsi que des transferts nets.

Quant au solde du «compte capital et opérations financières», il a affiché un déficit de 447 millions de dollars à fin juin 2018 contre un excédent de 1,06 milliards de dollars à fin juin 2017. Le «compte capital et opérations financières» se compose essentiellement des investissements directs nets (montant des investissements en Algérie moins le montant des investissements algériens à l’étranger) ainsi que les opérations de crédits à court, moyen et long termes entre résidents et non-résidents. Les investissements directs étrangers ont été de 631 millions de dollars au 1er semestre 2018 contre 601 millions à la même période de 2017.

C’est ainsi qu’avec le total de l’ensemble de ces opérations d’entrées et sorties de devises, le solde global de la balance des paiements (compte courant de la balance des paiements + compte capital et opérations financières) a affiché un déficit de 7,93 milliards de dollars au 1er semestre 2018 contre un déficit de 11,06 milliards au même semestre de 2017.

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