Pretoria charge le Maroc et défend les Sahraouis

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Le Conseil de sécurité de l’ONU a fixé au 28 septembre la date butoir de remise par Colin Stewart, chef de la Minurso, de son rapport faisant le point sur ses activités.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a depuis New York appelé à garantir le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, soulignant l’urgence pour la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour résoudre ce «conflit prolongé». «Nous devons de la même façon intensifier nos efforts pour sécuriser le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à la pleine souveraineté nationale», a déclaré M. Ramaphosa à la tribune de l’ONU, alors qu’il s’exprimait mardi soir lors du débat annuel de l’Assemblée générale.

Le président sud-africain qui évoquait la question du Sahara occidental et dans une illusion claire aux crimes commis par le Maroc dans ce territoire, a affirmé que les Etats membres devaient «agir avec urgence» pour résoudre ce «conflit prolongé». «Au moment même où nous discutons (à cette Assemblée), de jeunes gens perdent leurs vies et les avenirs sont détruits.

Les mesures que nous devons prendre pour mettre fin aux conflits et à la guerre sont urgentes», a déclaré M. Ramaphosa, dont le pays a toujours manifesté un soutien indéfectible à la cause sahraouie.

Dans son plaidoyer en faveur de la résolution des conflits persistants, le chef d’Etat sud-africain a indiqué qu’il ne suffisait pas d’arrêter les pertes et les souffrances humaines qu’endurent des millions de personnes, mais d’agir aussi pour «empêcher la perte d’une autre génération». Selon de nombreux médias qui ont rapporté l’information, Cyril Ramaphosa n’a par ailleurs pas manqué d’exprimer sa profonde gratitude à l’Assemblée générale pour l’élection de son pays comme membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2019-2020.

Messahel s’entretient avec Köhler

Toujours au titre du dossier du conflit du Sahara occidental, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, s’est entretenu avec l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Köhler. Un communiqué du ministère des Affaires étrangères précise que M. Köhler a, au cours de cette rencontre tenue en marge des travaux de la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU, informé le chef de la diplomatie algérienne de ses efforts et de ses activités dans le cadre de son mandat visant à faciliter la reprise des négociations entre les deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario.

Abdelkader Messahel a, indique la même source, rappelé «l’engagement de l’Algérie pour une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable, qui pourvoit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental». Il a ajouté que «cette solution ne peut être que le résultat de négociations directes, sans pré-conditions et de bonne foi, entre les deux parties au conflit, le royaume du Maroc et le Front Polisario». Abdelkader Messahel a également réitéré le soutien de l’Algérie aux efforts du secrétaire général des Nations unies et son envoyé personnel, ajoute le communiqué des Affaires étrangères.

Rabat attaque l’Algérie

Le Maroc s’est, pour sa part, une nouvelle fois défaussé de ses responsabilités en s’attaquant frontalement à l’Algérie. Le chef du gouvernement marocain, Saâd Eddine El Othmani, a, dans d’un discours prononcé lors de l’AG de l’ONU, tenté de faire croire qu’il était chagriné et peiné par la «situation tragique» des populations des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, alors qu’entre-temps son gouvernement n’hésite pas réprimer durement des manifestations pacifiques dans les territoires sahraouis qu’il occupe illégalement.

Il a ainsi cru bon de pointer «la responsabilité politique, juridique et humanitaire» qu’assume l’Algérie en sa qualité de pays abritant ces camps. «Nous appelons la communauté internationale à inciter l’Algérie à assumer pleinement sa responsabilité en autorisant le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à enregistrer et à recenser cette population conformément aux résolutions du Conseil de sécurité (…)», a déclaré El Othmani, oubliant que les camps dont il parle sont sous la responsabilité du HCR et qu’un recensement de leurs occupants vient d’être accompli par l’ONU.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a, rappelle-t-on, fixé au 28 septembre la date butoir de remise par Colin Stewart, chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), de son rapport faisant le point sur ses activités. Cet important rapport servira à la communauté internationale à se prononcer sur le maintien ou pas de la mission des Casques bleus au Sahara occidental.

D’un autre côté, les Etats-Unis ont exigé que des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario débutent avant fin 2018, comme le souhaite aussi Horst Köhler, chose dont Rabat ne veut pas entendre parler. C’est la raison pour laquelle les autorités marocaines veulent gagner du temps en faisant diversion et à chercher des problèmes là où il n’y en a pas.

– Le GRIP appelle l’UE à ne pas fournir d’armes à Rabat

Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP) a appelé les pays européens à refuser toute exportation d’équipement militaire à destination de Rabat, soulevant la question de l’occupation du Sahara occidental par le royaume du Maroc et de nombreuses violations passées et présentes des droits de l’homme des Sahraouis.

Le GRIP a mis en garde dans une récente note d’analyse les pays européens quant à leurs exportations d’armes vers le Maroc en insistant sur la non-conformité du transfert de ces équipements militaires avec les critères d’évaluation de pré-exportation établis par l’Union européenne dans la «Position commune».

«Le Maroc continue d’occuper et de coloniser la plus grande partie du Sahara occidental», a rappelé l’étude du GRIP, tout en évoquant «des pratiques répressives violentes et injustifiées concernant la liberté de mouvement, la liberté d’expression et d’association, le droit à un procès équitable ou encore la sauvegarde des droits économiques, sociaux et culturels» du peuple sahraoui. Dans cette note, le centre de recherche a rappelé également «la brutalité de l’arrivée marocaine dans les territoires sahraouis obligeant une grande partie de la population sahraouie à prendre le chemin de l’exil».

«A l’heure actuelle, aucun Etat ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, territoire qu’il occupe depuis 1975», a encore relevé le GRIP dans son analyse. S’appuyant sur différentes sources documentaires et rapports des organisations internationales, le centre de réflexion a appelé les Etats de l’UE à tenir compte, dans leurs exportations d’armements, des «violations répétées des droits fondamentaux qui sont commises par les autorités marocaines, notamment dans les territoires occupés du Sahara occidental». R. I.

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