Procès pour corruption de l’ancienne administration d’El Tarf : La justice sera-t-elle rendue jeudi prochain ?

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27 accusés dans le box, mais également beaucoup de monde dans la salle d’audience pour suivre cette affaire dont les débats auront duré 18 heures, de jeudi à 9 h jusqu’au lendemain à 4 h. Une affaire qui défraie la chronique.

Celle des marchés et contrats relatifs à la réalisation de 1000 lits de la résidence universitaire. Affaire très complexe aussi. Il s’agit en gros de marchés passés entre 2012 et 2016 pour la réalisation ou plus précisément l’achèvement des travaux qui ont connu des fortunes diverses et une évolution en dents de scie. Pour rattraper des retards considérables, les responsables de l’époque ont été amenés à prendre des décisions précipitées et irréfléchies ou carrément illégales et en connaissance de cause pour des buts bien compris : la passation de marchés de gré à gré avec une gestion débridée où des entreprises sont allées jusqu’à entamer les travaux sans ordre de service et encore moins de contrat.

C’est donc une affaire compliquée que le tribunal correctionnel d’El Tarf a eu à juger. Les griefs sont nombreux. Une bonne partie de l’audience a d’ailleurs été consacrée à la lecture des 77 pages de l’ordonnance de renvoi. Détournements de deniers publics, trafic d’influence, abus d’autorité, faux et usage de faux, utilisation frauduleuse des sceaux de l’État et corruption… La totale, quoi !

L’ancien wali impliqué ?

Il y avait du beau monde dans le box : un ancien secrétaire général de wilaya aujourd’hui à la retraite, le directeur du logement et des équipements publics (DLEP) de l’époque, l’ensemble de la Commission des marchés de la wilaya qui a avalisé les marchés entre 2012 et 2016, des fonctionnaires de la DLEP dont un chef de service et quatre entrepreneurs.
Dès l’ouverture des débats, le collectif d’avocats a soumis une seconde demande de faire comparaître l’ancien wali d’El Tarf, Mohamed Lebka, en tant que témoin, pour le moins, car il y aurait un faisceau de témoignages qui le mettent en cause.

Il aurait signé des arrêtés compromettants. Mohamed Lebka est parti d’El Tarf pour Mascara en juillet 2017 dans l’avant-dernier mouvement et il a été débarqué dans le dernier, celui de la semaine dernière. Y a-t-il un rapport entre les deux événements ? Allez savoir dans un pays où les responsables se referment comme une huître devant ces interrogations pendant que le président de la République fait des discours aux journalistes en les engageant à lutter contre la corruption. C’est parce que Mohamed Lebka n’est plus wali depuis une semaine que les avocats ont réitéré leur demande, rejetée bien entendu par le tribunal. Un dernier effet de manche.
Le procureur de la République a requis 7 ans de prison ferme pour une dizaine d’accusés et 2 ans de prison ferme pour les autres. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict sera rendu jeudi 11 octobre. Cela ne concernerait que des boucs émissaires pour la vox populi blasée par les scandales qui éclaboussent les riches et les puissants, car il n’y a qu’un seul coupable que le pouvoir qu’il a servi essaie de sauver, l’ancien wali.

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El-Watan.com