Protestation contre le 5e mandat : Les étudiants marchent sur la rue Didouche Mourad

  • 3 semaines il y a
  • 28 Vues
  • 0 0
Protestation contre le 5e mandat : Les étudiants marchent sur la rue Didouche Mourad

Des milliers d’étudiants ont manifesté hier dans l’Algérois à l’intérieur des campus, mais parfois à l’extérieur, pour le rejet du 5e mandat de l’actuel chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

Une marche a même été improvisée, dans l’après-midi, au niveau de la Faculté centrale. Les protestataires avaient convenu de se diriger vers les hauteurs de la capitale pour tenter de rejoindre le palais d’El Mouradia. Mais les policiers antiémeute ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser les foules au niveau de l’église Sacré cœur à la rue Didouche Mourad.

La manifestation des étudiants de la Faculté centrale a été entamée vers 10h. Un impressionnant dispositif de sécurité avait été déployé sur place dès les premières heures de la journée. L’appel à des manifestations des étudiants en ce mardi 26 février a été finalement largement suivi à travers tout le territoire national. Et les facultés de la capitale n’ont pas fait exception. Pour empêcher les étudiants de la Fac centrale de sortir dans la rue, les services de sécurité ont cadenassé tous les accès.

Une seule porte est laissée ouverte et l’entrée est filtrée. Les gens des médias n’avaient pas le droit d’accéder à l’enceinte universitaire. Amassés à l’intérieur, les contestataires du 5e mandat, drapeaux brandis, ont commencé à scander les slogans habituels. «Pouvoir assassin», «Le peuple ne veut ni de Bouteflika ni de Saïd», «République et non une monarchie», entre autres, ont été repris en chœur.

Au même moment, d’autres étudiants, inscrits à cette faculté pour certains d’entre eux ou venus d’ailleurs (Ismas de Bordj El Kiffan par exemple) ont commencé à rejoindre les lieux. Ceux-là se sont mis en face de la Faculté centrale pour «soutenir» leurs amis. Des militants sont également là. Les policiers ont procédé à quelques arrestations. On citera, entre autres, Abdelouhab Fersaoui (RAJ), Djallel Mokrani (RAJ) et Said Salhi (LADDH) ainsi que plusieurs étudiants. En fin d’après-midi, ils étaient toujours dans les locaux de la police.

A partir de 13h, d’autres étudiants ont commencé à arriver sur les lieux. Ils se sont déplacés depuis les universités de Ben Aknoun ou Bouzaréah. Les rangs des contestataires grossissaient graduellement. Ceux qui étaient à l’intérieur quittaient l’enceinte universitaire. Vers 14h, les étudiants ont décidé de marcher. L’accès vers la Grande-Poste leur a été interdit.

C’est à ce moment-là que les étudiants ont décidé d’emprunter la rue Didouche Mourad. «Nous voulons monter vers El Mouradia», criait l’un d’entre eux. Si les véhicules ont été vite évacués de cette rue, beaucoup de commerces, notamment les cafés, sont restés ouverts.

Le caractère pacifique de la manifestation a rassuré leurs propriétaires. Les étudiants scandaient toujours les slogans «anti-5e mandat». Quelques habitants leur lançaient des bouteilles d’eau depuis leurs balcons. C’est au niveau de l’église Sacré Cœur, vers 15h30, que des échauffourées ont éclaté entre manifestants et policiers antiémeute. Pas question d’aller plus loin. Des bombes lacrymogènes ont été lancées et des manifestants fuyaient dans tous les sens.

Certains d’entre eux, incommodés par les gaz, étaient par terre. Selon des informations, quelques blessés ont été enregistrés. Certains étudiants rebroussaient chemin. D’autres insistaient pour aller plus loin.

Vers 16h30, beaucoup d’entre eux avaient quitté les lieux. Mais la situation était toujours tendue. Aucun bilan officiel, que ce soit par rapport au nombre d’arrestations ou éventuellement celui des blessés, n’a été communiqué.

El-Watan.com