Réhabilitation du grand hôtel Cirta à Constantine : Polémique autour des aménagements extérieurs

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Réhabilitation du grand hôtel Cirta à Constantine : Polémique autour des aménagements extérieurs

Lancés en 2014, les travaux de réhabilitation du grand hôtel Cirta s’éternisent. Le chantier ouvert en plein centre-ville suscite moult interrogations parmi les Constantinois, alors qu’un silence radio est observé par les autorités locales qui n’affichent plus aucun intérêt pour le sort de ce projet, laissant libre cours à toutes les suspicions.

Inscrits dans le cadre des grands aménagements décidés dans la ville à la veille de l’événement «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», les travaux de rénovation et de modernisation de l’hôtel Cirta devraient être achevés en 2018, selon la dernière échéance avancée par les responsables du projet, permettant ainsi la réouverture de cette infrastructure mythique, dont la gestion a été confiée au groupe hôtelier international Marriott.

Le grand hôtel Cirta devrait accéder alors au label Autograph Collection, distinguant des palaces d’exception.
Il devrait être donc le premier du genre dans le Maghreb et l’Afrique du Nord, offrant ainsi des services de haut standing.

Néanmoins, si le taux d’avancement des travaux est actuellement à un stade appréciable, les aménagements extérieurs peinent à démarrer et font même l’objet d’une polémique en sourdine entre les autorités locales et la Société d’investissement hôtelier, SIH-Holding Public, maître d’ouvrage délégué, qui gère plusieurs structures hôtelières, dont trois Sheraton, un Four Points et un Protea (ex-hôtel Panoramic de Constantine). Un retard qui suscite des questions, restées jusque-là sans réponses.

Car depuis les justifications avancées par l’ex-directeur du tourisme et les deux anciens walis, ayant évoqué des imprévus survenus au cours des travaux, l’insuffisance de l’enveloppe financière ou encore le manque de main-d’œuvre qualifiée, aucune explication n’a été fournie par les responsables concernés actuellement et qui semblent ignorer complètement ce chantier.

Un obstacle qui remonte à la surface

En effet, un nouvel obstacle vient de remonter à la surface pour bloquer les aménagements extérieurs. Pour que le palace Cirta réponde aux critères établis par la chaîne Marriott et accède au label Autograph, l’intégration du tronçon supérieur de la rue Rahmani Achour (communément appelée Bardo), sur une distance d’environ 100 mètres, à l’espace du palace est inévitable.

Cette partie de la route attenante à l’entrée principale du palace Cirta – et qui fait office actuellement de station de taxis – devrait être couverte d’une marquise et dotée d’un système de sécurité. Pour ce qui est de la station de taxis, elle devrait être transférée vers un autre endroit et la circulation automobile déviée vers le contournement à double sens réalisé à cet effet par le maître de l’ouvrage à la place Kerkeri.

Cette dernière fait cependant l’objet de travaux d’aménagement lancés par la commune de Constantine depuis le mois de mai dernier. Il s’avère donc que ce sont les autorités locales, à leur tête le P/APC, Nadjib Arab, en l’occurrence, qui s’opposent farouchement à la fermeture de ce tronçon.

Un casse-tête qui a poussé les responsables de la Société d’investissement hôtelier (SIH) à saisir les services du Premier ministre une première fois par une correspondance officielle en septembre dernier, afin de débloquer la situation.

Dans le courrier dont El Watan détient une copie, les responsables de la SIH rappellent qu’ils possèdent un permis de construire signé par l’ex-wali de Constantine et actuel ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui.

«Il est important de signaler que lors des négociations avec l’opérateur international Marriott, appelé à gérer le grand hôtel Cirta, la condition sine qua non pour que cet opérateur international accepte la gestion de l’établissement est l’évacuation de tous les stationnements anarchiques des taxieurs et la fermeture du tronçon supérieur de l’avenue Rahmani-Achour à la circulation, faute de quoi ce dernier refusera d’ouvrir l’hôtel Cirta pour des raisons d’ordre strictement sécuritaire», soulignent les responsables de la SIH.

Ces derniers soutiennent que les autorités locales de la wilaya et de l’APC ont toutes accordé leur approbation en 2014, pour la fermeture du tronçon en question. Il est mentionné aussi dans la même lettre, que la SIH a reçu un courrier officiel de l’APC de Constantine en septembre 2018. Il s’agit, selon la société, d’une réponse tardive signée au mois de juin dernier à leur requête adressée aux autorités de la wilaya en janvier 2018.

La partie plaignante explique dans sa requête adressée au Premier ministre qu’au moment où l’entreprise chargée de la réhabilitation s’apprête à achever les travaux de rénovation, de modernisation et de remise aux normes de l’hôtel Cirta, dont la livraison était prévue pour le 31 décembre 2018, la décision de l’APC a entravé l’avancement des travaux et pénalisé le projet, en risquant de le priver du label Autograph.

Notons également que la SIH a adressé une deuxième lettre de rappel, en novembre dernier, au Premier ministre pour qu’il intervienne et règle le problème rapidement, afin que le projet soit livré au moins durant le premier trimestre de 2019.

Refus catégorique du maire

Pour sa part, en réponse à notre question sur ce blocage, le P/APC de Constantine a exprimé son refus catégorique de céder la partie supérieure de la rue Rahmani Achour à la SIH. Cette dernière a, selon lui, émis le vœu auprès du Premier ministre pour lui accorder l’intégration de ce tronçon dans le projet de l’hôtel Cirta.

«En tant qu’APC, nous trouvons que cet accès est névralgique pour la ville et surtout pour la population qui habite la rue Rahmani Achour. Il est impératif que cet axe reste ouvert», a-t-il déclaré.

Et de poursuivre, s’agissant du contournement réalisé par la SIH : «Il n’y a pas eu de déviation, c’est l’entreprise qui voulait mettre en œuvre ce contournement et non pas la commune, ni les autorités locales. Cet axe restera l’accès de la population de Rahmani Achour, cela veut dire qu’il est hors de question de le fermer.

La circulation restera comme elle est schématisée par la commune de Constantine.» Pour rappel, les travaux de réhabilitation de l’hôtel Cirta ont coûté à l’État algérien un budget estimé à 40 millions d’euros. Il s’agissait de réhabiliter, consolider les deux bâtisses, construites en 1910 et 1923, et réaliser des extensions, à l’instar des piscines et des locaux administratifs.

L’infrastructure s’étale aujourd’hui sur 3 ha (entre bâti et sol). Elle compte 54 luxueuses chambres, dont 26 suites diplomatiques et une présidentielle.

L’établissement a été équipé de systèmes de sécurité incendie moderne tout en conservant son aspect architectural arabo-mauresque.

El-Watan.com