Restauration scolaire : L’Etat fait appel au privé

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Restauration scolaire : L’Etat fait appel au privé

Un cahier des charges sera établi afin de déléguer aux petites entreprises la gestion des cantines scolaires et limiter l’intervention des collectivités locales dans cette tâche. C’est ce qu’a déclaré Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, jeudi, lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Sans donner plus de détails ni de date d’application de cette mesure, le ministre justifie cette décision par le besoin d’encourager l’esprit d’initiative et surtout la modernisation des modes de gestion. Il est toutefois revenu sur les lacunes déplorées après avoir confié, en 2017, la gestion des cantines scolaires aux APC, mais rattrapées, progressivement, après la promulgation du décret exécutif 03-18 de janvier 2018 fixant les dispositions applicables aux cantines scolaires et définissant les normes de prise en charge de la restauration scolaire. Une déclaration considérée par les observateurs du secteur comme une confession de l’incapacité avérée des communes à gérer ces infrastructures, notamment avec le manque de personnel.

Dans ce sens, M. Bedoui a confirmé le recrutement de 45 000 agents dans le cadre des contrats d’insertion professionnelle (CIP) en faveur des jeunes diplômés en restauration. En chiffres, le ministre a indiqué qu’un budget de 26,5 milliards de dinars est alloué par l’Etat comme aide annuelle au profit des collectivités locales pour la prise en charge des dépenses relatives à la restauration scolaire. Ceci sans oublier l’aide de la Caisse de solidarité des collectivités locales qui leur est attribuée pour éviter tout dysfonctionnement dû au manque de ressources financières. Des opérations, annonce M. Bedoui, seront lancées pour la réhabilitation de toutes les cantines atypiques, dont le nombre est estimé à 5901. Selon M. Bedoui et Nouria Benghebrit, ministre de l’Education nationale, 95% des cantines scolaires ont été ouvertes à partir du 23 septembre.

La première responsable du secteur de l’Education a souligné dans ses réponses, lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, que 80% de ces cantines servaient des repas chauds. Elle a indiqué dans ce volet, que son département n’a aucun rôle à jouer dans le domaine de la restauration scolaire, sauf celui de déterminer les besoins des cantines et la veille sur le respect des règles de l’éducation alimentaire et sanitaire, l’application du programme hebdomadaire des repas et la proposition de la liste des élèves bénéficiaires. Pour Mme Benghebrit, assurer les repas de plus de 3,7 millions d’élèves, soit 85% des écoliers du cycle primaire, relève des prérogatives des communes depuis l’indépendance.

Jetant ainsi la balle dans le camp du département de Noureddine Bedoui, elle ne nie pas tous les efforts consentis pour l’amélioration des conditions de scolarité pour les élèves du primaire. Elle cite, entre autres, l’enveloppe financière allouée par les collectivités locales qui s’élève à 76 milliards de dinars. Elle est destinée à l’équipement des écoles en appareils de chauffage, de climatiseurs, en cantines et transport scolaire.

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