Réunion des syndicats de l’éducation : Le principe de la protestation acté

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Une semaine après l’annonce de leur retrait de la charte d’éthique et le boycott de toute activité avec la tutelle, six syndicats de l’éducation se sont réunis hier pour analyser la situation du secteur. Regroupés au siège de l’Unpef, les syndicalistes se disent «déçus de l’absence de réaction» de la part du département de Nouria Benghebrit.

«Tous les ingrédients d’un mouvement de protestation sont présents. Ceci n’est pas seulement notre avis, mais aussi celui de la base. D’ailleurs, dans plusieurs wilayas, des rassemblements ont été empêchés», s’exclame Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Il est reproché à la ministre sa passivité face aux multiples revendications de ces partenaires sociaux, notamment leur dernière décision de se retirer de la charte d’éthique. Un projet annoncé en fanfare tombe aujourd’hui à l’eau. «Nous ne nous sommes pas retirés de la charte d’éthique.

C’est plutôt le ministère qui nous en a exclus en bafouant les clauses de cet accord. Aujourd’hui, le principe de la protestation est arrêté. Sa forme le sera d’ici le 7 janvier prochain. Elle dépend de l’opinion de la base que les syndicats vont rencontrer lors des conseils nationaux. Grève ou rassemblement, seule la base aura son dernier mot, notamment si le ministère continue à faire l’indifférent», réplique Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), un des signataires de la charte d’éthique. Le président de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef) va encore plus loin. Sadek Dziri accuse le ministère de vouloir casser le mouvement syndical.

Ouverture d’un dialogue ?

«Considérés pourtant comme partenaires sociaux, nous sommes les derniers à connaître les décisions ministérielles prises de manière unilatérale. Je citerais plusieurs exemples, comme la sanction à l’encontre des enseignants retardataires de 10 minutes, à savoir leur ponctionner toute une journée sur leur salaire. Une décision qui va à l’encontre de la loi, qui pourtant permet à l’enseignant un retard de 15 minutes», explique le syndicaliste qui dit n’être pas contre la rigueur mais plutôt contre la généralisation de la sanction à tous les enseignants.

D’autres points s’ajoutent à la liste des revendications.
Le Satef revient sur la promesse faite par la ministre concernant la maison des syndicats. Sa réception devait se faire en septembre dernier. Une promesse non tenue, malgré la fin des travaux. Selon des sources, l’entrepreneur, qui n’a pas été payé, a refusé de remettre les clés.

Est également cité le problème des congés maladie refusés par les services de la CNAS sans recourir à l’expertise médicale, tel que le prévoit la loi. «L’enseignant, encore malade, est alors obligé de rejoindre son poste dans une atmosphère de pression», s’indigne Sadek Dziri.

Dans une pareille situation, les syndicats, qui boycottent les activités ministérielles, donnent finalement une nouvelle occasion au ministère de réagir. D’ici le 7 janvier prochain, si le statu quo est maintenu, les syndicats se réuniront pour annoncer la forme de protestation adoptée par la base. Tout compte fait, l’accalmie n’a pas duré si longtemps. Le secteur de l’éducation s’apprête à entrer dans une nouvelle zone de perturbations, où seul l’élève est l’éternel perdant.

El-Watan.com